‹ Neuvelles et seules véritables aventures de Tom PouceChapitre 8 sur 15 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

« Vous n'apprendrez pas dans ce petit livre, j'en ai bien peur, tout ce que vous aurez à savoir un jour; mais vous y rencontrerez, à l'occasion, quelques-unes de ces leçons dont, entre nous soit dit, vous avez bien besoin quelquefois, mes cliers petits. »

BRUXELLES. — ISPRIUERIE DE û. STAPLEACX.

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Pour toute fortune, elle possédait un cliamp qui n'était guère g-rand, et une vache. Mais son mari, qui était un brave homme comme elle était une brave femme, remuait si bien le champ et le labourait avec tant d'ardeur, et, d'un autre côté, le lait de la vache était toujours si bon , qu'ils vivaient contents ou à peu près dans leur ])etite demeure. J'ai dit à pni près, parce qu'il leur man- (piait en effet, comme à bien d'autres, quelque chose pour être lieureux tout à fait. •• Pour qui travaillons-nous, se disaient-ils, et à qui reviendra notre cabane"/ »

« Qui est-ce qui labourera notre champ quand nous .serons vieux? s'écriait quelquefois le mari. Qui est-ce qui portera à la ville le lait de la vache? disait la femme à son tour. Il nous faudrait un enfant ! » s'écriaient-ils tous deux ! Et comme il est toujours bon d'espérer : « Attendons, reprenaient-ils, et espérons. »

L'enchanteur.

Un matin, dès l'aurore, renehanteurMerlim c'était alors le beau temps des enchanteurs), un matin, dis-je, l'enclianteur Merlin , voulant sans doute mettre à l'épreuve la bonté de ces braves g"ens, s'en vint déguisé en mendiant frapper à leur porte et y demander l'aumône. La pauvre femme, qui était seule, parce que son mari était déjà dans le champ, le fit entrer pour qu'il put se

reposer, et lui donna ])our se refaire tout re tiu'elle possédait, c'est-à-dire du pain noir et du lait; mais elle le fit de si l)onne j^Tàce, et la nappe sur laquelle tout cela était servi était si blanche, que le g-rand Merlin assura qu'il n'avait, de sa vie,J'ait un meilleur repas, et que pour la récompenser il se fit connaître d'elle, promettant de lui accorder tout ce qu'elle pourrait souhaiter.

« Monsieur l'enchanteur, dit la bonne femme tout émue, j'ai vu bon mari, j'ai un champ ensemencé, j'ai aussi une vache et la cabane où vous êtes, mais je n'ai point d'enfant. Ah! si j'avais un enfant! > ditelle ; et elle ajouta en pleurant : « Oui, un enfant ferait notre bonheur, ne fùt-il pas plus g'rand que mon doijrt...

Mon Dieu oui,» dit le mari, qui était revenu sur ces

entrefaites

Cette demande réjouit fort le grand Merlin,

qui, ayant bien reg-ardé, sans en avoir l'air, le doig-t de la pauvre femme, la quitta en lui disant qu'il ne fallait désespérer de rien, et avec l'idée de la satisfaire.

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