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« hensibles et outrageantes que ce 3amphlet adresse à ses propres. « collègues dans l'Episcopat, me parait justifier la démarche que « j'adopte aujourd'hui.
« On vient done Mgr., de publier par parties et à grand renfort. « de réclame religieuse, ce livre d'assez longue haleine où l'on affirme à peu près en toutes lettres que Mgr. l'Archevêque de « Québec et l'Evêque de St. Hyacinthe ont la douteuse habitude «en pratique ecclésiastique de céder beaucoup trop facilement à « certaines suggestions qui leur viennent en droite ligne de l’em- « pire des ténèbres et des grincements de dents ; où l'on explique très au long commént M. le Grand Vicaire Cazeau, au moyen d’un mensonge qui lui a été mis sur les lèvres par le prince de
« l'enfer qui a reçu la mission spéciale de l’égarer, a fait commet- SE.
« tre une lourde bévue à l'Evêque de St. Hyacinthe : et où enfin 8
« l'on démontre presque mathématiquement'que depuis 20 ans au .
« moins, les prêtres de St. Sulpice n'ont pas eu d’autres inspira- rs « p
« teurs que les démons Baal, Belzébuth, Leviathan, Astaroth, « Baalberith, Fume-Bouche, etc., etc., ete. Tout cela est sans « doute du plus suprême ridicule, aussi mal pensé que pauvre- « ment exprimé, pur?style enfin de sacristain doublé de bedeau ; « mais je n’invente rienjici, les choses sont là en toutes lettres. « Et l’auteur du pamplet pousse le génie de l’hypocrisie jusqu'à « expliquer complaisamment que tous ces hommes étant de saints « prêtres, il est du dernier naturel que le Diable les tente plus « que le commun des hommes pour les faire tomber, projet maudit. « dans lequel il a réussi au-delà de toute espérance, ce qui fait
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« qu'ils sont saints et prêtres rebelles et indisciplinés tout ensemble. “ ave «ce que l'on ne sait{trop, avec le simple bon sens laïc, comment ; J ée « concilier. « des 1 H ; ‘ { nan « Les esprits un peu moins obtus que l’auteur de ce remarqua- l'E
« ble libelle ecclésiastique, en lisant d’un autre côté les assuran- « ces personnelles qu’il donne au public de la sainteté prééminen- «te et parfaitement indubitable de V. G. — au point qu'Elle y « est représentée comme toujours entourée d’un chœur d’anges ? de « chantant des concerts célestes au-dessus de sa tête chaque fois * 8) « qu'Elle se met à son prie-Dieu—les hommes de bon sens enfin. “md
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« et beaucoup de femmes d'esprit n'ont pu s'empêcher de faire eu « eux-mêmes cette remarque si simple qui a couru plus d un sa- « lon :
« Mais si deux Evêques, un Grand-Vicaire et les Messieurs « de St. Sulpice sont si tentés parce qu'ils sont de saints hommes, «et tombent si bas quoiqu'il soient si saints, ne serait-il done « pas absolument possible que Mgr. de Montréal, beaucoup plus « saint qu'eux tous puisqu'il a seul le monopole d'un chœur « d’anges chantant au-dessus de sa tête quand il prie, ait été « tenté encore davantage, et ait conséquemment pu faire aussi « quelque petite chûte ? Comment serait-il le seul que sa sain- « teté ait préservée quand celle des autres non-seulement ne leur « servait de rien, mais était la raison même des terribles tenta- « tious qui en ont fait les instruments aveugles des puissances « iofernales ? Dans cet intelligent systême, c'était elairement le «plus saint qui devait faire la plus terrible chûte ! ! »
« Voilà, Mgr., comment un homme trop borné pour caleuler la « portée de ce qu’il dit ; dont l'horizon moral ne lui montre que « son idée incomplète et toute nue, et qui n'a pas assez de perpi- « cucité pour apercevoir les écueils que lui prépare son entière « inaptitude à généraliser sa pensée et en saisir les points faibles, « voilà, dis-je, comment ect homme compromet sottement sans y « songer ceux qu’il s’imagine défendre.
« Que V. G. veuille bien remarquer que je ne parle pas ici en « ennemi sur la question du Séminaire, car je suis d'avi: qu'Elle « avait raison en principe sur la division de la paroïsse de Mont- « réal, évidemment trop populeuse et trop étendue pour une seule « desserte. Maïs quand on voit des élucubrations aussi inconve- « nantes que risibles recevoir la sanction de plusieurs prêtres de « l'Evêché, qui ne faisaient nulle difficulté de dire à droite et à « gauche qu'après tout ils ne voyaient rien que le vrai dans la « Comédie Infernale»—et ce vrai ce ne pouvait être que le fait « de l'inspiration des démons bénévolement acceptée par des « dignitaires ecclésiastiques et des prêtres trop peu sensés pour « la distinguer des inspirations de leurs bons anges—il est diffi- « aile que le peuple ne se demande pas un peu ce que signifie ua « pareil enseignement religieux.
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« Pendant longtemps le public a douté que V. G. pût approu- «“ ver un parcil écrit, purement inept pour les’ uns, mais très « scandaleux pour les autres ; écrit tout chargé de fiel et de « haînes ecclésiastiques accumulées depuis trente ans, mais le « tout couvert sous la phraséologie hypocrite d'une charité de « convention ; et l'on n'attribuait qu'à sa maladie prolongée le « fait que rien ne paraissait pour séparer de ce libelle et de son « lourd auteur la cause de l'Evêché, Mais quand on a vu, il y a « quelques jours, V. G. conférer cile-même les ordres mineurs au « libelliste, et cela sans exiger la moindre rétractation de ses insi- « nuations méchantes et de ses insultes d'intention et de fait con- «tre « ses illustres et bien aimés coopératours dans le St. minis- « tère ; » alors Mgr., le scandale à triplé d'importance, car on ne « pouvait tirer de cette ordination d'autre inférence que V. G. « donnait par là sa sanction cordiale au libelle et approuvait “ le nouveau tonsuré d’avoir dit que deux de ses collègues dans « l'épiscopat, un grand vicaire ct les prêtres de St. Sulpice rece- « vaient habituellement ct sans y regarder de très près les sug- « gestions des anges déchus. Ne serait-ce pas à Mgr. une ma- « nière assez peu intelligente d'obtenir pour le Clergé ce respect « presqu'idolâtrique que l’on exige pour ceux même de ses mem- « bres qui s'égarent au-delà des bornes ?
« Eh bien ! Mgr. je ne viens pas me mêler dans une querelle «qui ne me regarde pas, et dans laquelle j'ai observé sans sur- « prise les mêmes exagérations de langage que j'ai remarquées « déjà dans toutes les querelles entre ecclésiastiques qu'il m'a u« fallu lire ou étudier ; je ne songe nullement à défendre le Sémi- « naire qui peut très-bien se défendre sans moi, et qui choisirait « probablement un autre avocat pour sa cause ; je viens seulement,
«et en vue de l'avenir, prendre acte des faits de la querelle, de ï la manière dont elle est conduite ; apprécier le tout au point de « vue du simple bon sens laïc ; développer à V.G. les impressions « de toute nature que ces conflits, couchés en termes si peu évan: a géliques mais souvent très-ecclésiastiques, font naître chez nous «et enfin‘faire contraster la manière aussi acerbe qu'injuste dont na V.G. m'a toujours traité avec la remarquable mansuétude
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« qu'Elle a montrée envers un homme qui vient de jeter le des- « honneur à pleines pazes sur des prêtres que notre société avait « toujours crus respectables, S'ils ne le sont plus depuis vingt ans, «ou s'ils ne l'ont jamais été, comment a-t-on pu oser faire si « souvent leur éloge et nous demander tant de respect pour des « hommes que l'on vient subitement nous peindre comme pires « que Cain! C'est fort celu, Mgr., entre prêtres que nous avons « entendu si souvent se qualifier mutuellement de saints !
Je ne dirai pas, monsieur, que votre jugement sur la « Comédie Infernale » est peut-être ce que vous avez écrit de plus orrginal. Vous pourriez croire que je veux vous ridiculiser, mou intention est de vous traiter dignement.
Je ne vous dirai pas non plus que si l'auteur de 11 Comédie Infernale a péché en s'attaquant à quelques ecclésiastiques, vous n'êtes assurément pas immaculé vous qui vous êtes acharné à vilipender Papes, conciles, cardinaux, évêques, prêtres, relisieux. Je luisse au public le soin d'apprécier, avec votre sévérité pour autrui, votre indulgence pour vous-même, D'ailleurs, vous n'êtes pas l'auteur de la Comédie, et l'ex-Instituteur Villeneuve n'est pas l'auteur de la Grande Guerre : le mal de l'un ne saurait guérir celui de l'autre.
Je me borne à vous montrer comment vous errez en n'envisageant la Comédie que par une seule face, un seul côté; comment l'analyse incomplète que vous en faites. fausse le jagement que vous en portez.
Il y a dans la « Comédie Infernale » un côté faible, mais il s’en faut que cette œuvre mérite les mépris et les malédictions que vous appelez sur elle. L'auteur pouvait avoir besoin de conseils, d'avis ; mais von d'une condamnation propre à lui infliger une flétrissure publique. Il s’est présenté pour être admis aux ordres. On n'avait pas de raison plausible de lui refuser cette faveur. L'évêque, même, le plus hostile à la Comédie, n'aurait pu légitimement et sans s’exposer à être redressé par le Saint- Siége, condamner publiquement ce livre ou fermer la porte du sanctuaire À scn auteur.
La forme est ce qu'on a le plus reproché à la Comédie Jnfernale.. C’est, en effet, la forme, et la forme seule de ce livre qu prête le flanc à la critique. Mais le côté faible de cette forme n’est pas d'une gravité à autoriser une condamnation éclatante de cette œuvre. Il y + même dans ce point faible, une force particulière et qui défie toute censure. En sorte que ce qui ne permettait pas de louer l'auteur, était aussi ce qui empêchait de le eondamner, de le censurer du moins avec éclat. Je dis avec éclat ear c'est ce que vous reprochez à Mgr. de Montréal de n’avei: pas fait.
Etudions maintenant le côté invulnér: bl: de la Forme de la Comédie Infernale.
Par sa forme, Ia Comédie enseigne qu'il y a "deux cités, celle du bieu et celle du mal ; n'est-ce point là une croyance catholique ?
Par sa forme, la Comédie enseigne que la cité du mal est guuvernée par les démons ; n'est-ce point là une croyance catholique ?
Par ea forme, la Comédie enseigne que des démons sont députés auprès de chaque nation, de chaque ville, de chaque homme, de ebaque créature pour les tenter ; n'est-ce point là une croyance catholique ?
Par sa forme. la Comédie Infernale enseigne que les démons se mettent, pour ainsi dire, en rapport direct avec les homnees ; n'est-ce pas IN une croyance catholique ?
Par sa forme, la Comédie enseigne que les démons tentent les prêtres, les évêques ; or l'Evangile va jusqu'à dire que Notre Seigneur J.-C. lui-même, pendant sa vie mortelle ici-bas, a été tenté. Et l’enseignement de l'Eglise, la théologie, l’Ecriture ne démontrent-ils pas que plus même on embrasse une vie parfaite, plus on est obsédé par l'esprit tentateur.
Par sa. forme, la Comédie Infernale prouve que les démons
sont les auteurs et les pères de toute politique erronée ; n’est-ce pas Là une croyance catholique ?
Par sa forme, la Comédie enseigne que les démons se transforment quelquefois en anges de lumière, et ce, afin de mieux tromper les bonnes âmes ; n’est-co pas là un enseignement cathe-
dique? Les livres de vie spirituelle, la vie des Pères du Désert les Mémoires des Ordres Religieux ne sont-ils point remplis de faits analogues ?
Par sa forme, enfin, la Comédie Infernale enseigne que toutes les erreurs modernes ont été formulées par les démons et inspirées par eux à tous ceux qui les professent ; n'est-ce pas là encore une croyance catholique ?
Tout mal vient immédiatement ou médiatement du démon ;
Or, le gallicanisme et le libéralisme catholique, quels que soient leurs partisans, laïques, prêtres ou évêques, sont des DAUX :
Donc, l’auteur de la Comédie Infernale a dit vrai en proclamant le libéralisme catholique et le gallicanisme comme des productions immédiates ou médiates du démon.
L'énoncé d'un dogme catholique est toujours permis et opportan ;
Or, les continuels efforts du démon pour tenter les hommes et les faire tomber dans l'erreur constituent un dogme catholique ;
Done, l’auteur de la Comédie Infernale, en rappelant, à l’aide de la forme de son œuvre, les efforts du démon pour implanter et développer l’erreur du gallicanisme et celle du libéralisme-ca-
‘tholique en Canada, a fait une chose permise et opportune.
Toute vérité opportune ne saurait jeter le discrédit sur le clergé.
Or, la forme de la Comédie Infernale rappelle une vérité opportune ;
Done, la forme de la Comédie Infernale ne saurait discréditer ‘le olergé.
Si l’auteur de la Comédie Jnfernale a dit vrai en proclamant le libéralisme-catholique et le gallicanisme comme des productions du démen ;
Si l’auteur de la Comédie Infernale en rappelant, à l’aide de la forme de son œuvre, les efforts du démon pour implanter et développer l'erreur du gallicanisme et celle du libéralisme-cathodique en Canada, a fait une chose permise et opportune ;
Si la forme de la Comédie ne saurait discréditer le clergé ;
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Comment la forme de ce livre pouvait-elle mériter une censure: publique ?
Vous-même, Monsieur, si une condamnation éclatante était venue frapper la forme de la Comédie, armé de votre argument favori, le syllogisme, et le maniant cette fois avec bonheur, ne seriez-vous pas venu dire à l'autorité ecclésiastique :
« Tous les jours dans vos chaires, dans vos instructions, dans vos livres, dans vos rites sacrés ct jusque dans vos moindres pratiques relivieuses, vous ne cessez de rappeler au peuple chrétien que le démon, comme un lion rugissant, rôde perpétuellement autour des hommes, cherchant à les dévorer. Non seulement vous enscignez que les laïques sont l’objet des tentations çontinuelles du démon, mais vous allez jusqu’à affirmer que cet esprit malin réserve toutes ses forces pour le combat qu’il livre aux religieux, aux prêtres. Cet enseignement, l’auteur de la Comédie lui donne une forme sensible, un développement rigoureusement pratique, et vous l'en blâmez, et vous le condamnez ! Est-il donc défendu à un laïque de rappeler aux hommes les vérités de la foi catholique ? Quand l'Eglise dit : les démons tentent les prêtres, est-il défendu à un laïque de s'écrier : les démons tentent les prêtres ? Quand l’'Eelise dit : l’insoumission, l’insubordination, la désobéis sance sont l'œuvre du démon, est-il défendu à un laïque de s'é erier : l'insoumission, l’insubordination, la désobéissance sont l'œuvre du démon ? Eh bien ! la Comédie, par sa forme, ne faisant que répéter les enseignements de l'Eglise, comment pouvez-vous la condamner ? Si l'Eslise n’est pas coupable d'enseigner le dogme des démons tentateurs, à quel titre la Comédie l’est-elle de rappeler cet eiseignement ?
Vainement vous aurait-on répliqué que montrer des prêtres agissant d’après l'inspiration du démon, c'était scandaliser les fidèles, vous eusssiez infailliblement répondu : mais l’auteur n'a. fait que bénéficier du dogme catholique qui enseigne que tout prêtre qui n’obéit pas à ses supérieurs est la victime du démon. Si l'Eglise n’a pas tort d'enseigner cette vérité, la. Comédie ne. peut être criminelle d’en faire l'application.
cs Ve
ouvertement la Comédie à cause de sa forme infernale.
On pouvait déplorer cette forme, regretter que l’auteur n'en eût pas choisi une autre, trouver qu'il avait eu tort de se permettre certaines trivialités et certaines moqueries à l'adresse d’un ou de deux personnages, l'avertir d’être plus modéré à l'avenir dans ses écrits, ete, mais le condamner ouvertement ct formellement à cause de la forme de son ouvrage, on ne le pouvait pas. On ne le pouvait pas à Montréal où la Comédie a été composée et imprimée ; on ne le pouvait pas à St. Hyacinthe, à Québec, à Rimouski, à Ottawa, partout où elle pénétrait : on ne le pouvait
uelles pas à Rome, où elle a été déférée, ct voilà pourquoi elle n'a été
malin
ensure : : * Vous le voyez, Monsieur, il n’était pas possible de condamner
condamnée nulle part ouvertement. A Rome, à Montréal on à dû dire à l’auteur ce qu'il était possible et raisonnable de lui dire, mais on ne l'a pas flétri, on ne l’a pas condamné publiquement.
Je comprends, direz-vous peut-être, et, j'admets volontiers que la forme de la Comédie Infernale, ne faisant qu'appliquer les
icux, lonne ique, endu
holi-
est-il croyances catholiques sur l'existence et l'occupation des mauvais
res ? anges, elle était, rigoureusement parlant, hors de l'atteinte de toute N
béis condamnation éclatante ; mais cette œuvre portait devant le
s'ésont.
sant vous doge de
public des discussions propres À scandaliser les fidèles et toute œuvre de scandale doit être censurée.
À cela, je réponds : l’auteur n'a rien porté devant le public. Ii s'est permis, en abordant la question des luttes religieuses, de traiter des choses depuis longtemps devant le public. Il s'est tout simplement emparer d'un sujet que tout le monde connaissait, et il l'a fait pour éclairer les esprits non sur le fait des difficultés, puisque ces difficultés étaient connues, mais sur leur mérite. [] a réuni la preuve de la culpabilité d’une des parties et ce afin d'établir les droits de l'autre. Il a compilé les pièces d'un procès depuis longtemps posé devant l'opinion publique.
tres les ‘n’a.
tout ; : un La Comédie Infernale a accusé plusieurs hommes politiques | mi de s'être opposés à la liberté de l'Eglise; or, à l’époque où parut
la Comédie, il y avait cinq ans que les journaux canadiens avait annoncé que Sir George Etienne Cartier, M. Baudry, l'Hono-
rable Ryan et autres refusaient de sanctionner civilement Jes actes du démembrement opéré par Mgr. de Montréal, d'après un décret de Rome émané en 1866. Il était même notoire que plusieurs de ces messieurs s'étaient rendus jusqu'aux: pieds du St. Père pour combattre l'Evêque de Montréal, et pour avertir que la loi civile ne reconnaîtrait pas les actes de l'Ordinaire de Montréal. Si donc ces choses étaient connues du public quand vint la Comédie, comment peut-on accuser cette œuvre d'avoir levé le voile qui les couvrait ?
La Comédie Infernale parle encore de la conduite et des oppesitions du Séminaire de St. Sulpice envers l'autorité diocésaine ; mais cette conduite et ces oppositions sont écrites dans l’histoire du Canada. Qu'on lise ‘“ l’abbé de la Tour,” les ‘ Mémoires des Pères Jésuites,” les ‘ Mémoires de la Sœur Morin’ et même ‘# M. Faillon, et tous les historiens” qui ont raconté les origines du Canada, et on trouvera l’histoire de M. de Caylus, premier
supérieur des Sulpiciens venus en Canada; on y verra qu'il ” poussa même si Join l'insolence et l’insurbordination envers Mgr. de Laval, son évêque, que Louis XIV ordonna de ramener forcément en France cet abbé mutiné et désobéissant. Et si ces faits sont historiques, comment peut-on accuser la Comédie Infernale de les avoir portés devant le public ?
La Comédie Infernale rappelle les difficultés qu'il y eut entre Mgr. Lartigue et le Séminaire de St. Sulpice. Or, tous les journaux parlèrent de ces mêmes difficultés, et une polémique, qui dura plusieurs années, s'engagea et appela des pamphlets nombreux qui sont encore dans les mains d’une multitude de personnes. Mais des vieillards qui restent de ces tristes temps, ils n'en est aucun qui ne se rappelle la conduite du Séminaire de St. Sulpice envers le premier évêque de Montréal! Mais l'année dernière encore, un écrivain canadien, M. Maximilien Bibaud, eu venant, dans le journal La Minerve, annoncer qu'il désapprouvait le Concile du Vatican, le Syllabus, le Programme Cathokque, le démembrement de la Paroisse Notre-Dame et qu'il approuvait un mémoire dont la conclusion est la Suprématie de 4'Etat sur l'Eglise, citait comme une autorité, les pamphlets de
M. Chaboillez, ancien curé de Longueuil, lequel prêtre s'était cons- #itué l'avocat du Séminaire de St. Sulpice dans la révolte ouverte de ce dernier contre le premier évêque de Montréal. Puisque les difficultés entre Mgr. Lartigue et le Séminaire de St. Bulpice ont été et sont encore connues de tout le monde est-il juste d'accuser l'auteur de la Comédie d’avoir porté ces diffcultés devant le public. D'ailleurs, en parlant de ces difficultés, la Comédie cite des Mémoires authentiques et assez généralement répandus.
La Comédie Infernale, enfin, parle de discussions actuelles entre Mgr. Ignace Bourget, second êvêque de Montréal, et le Séminaire de St. Sulpice. Or, depuis 1865, c'est-à-dire six ans avant Y'apparition de la Comédie, les journaux n’ont presque pas cessé de traiter ces questions ; les uns en faveur du Séminaire, les autres en faveur de Mgr. de Montréal. De plus, non-seulement les Messieurs du Séminaire de St. Sulpice ont fait imprimer pour les distribuer à leurs amis tous les mémoires qu'ils ont écrits eontre Mgr. l'Evêque, mais ils ont /u publiquement, dans des «assemblées de paroisses des protêts contre les actes de l'Ordinainaire, et ce dans dix paroisses au moins et devant des centaines de personnes. Enfin ces difficultés entre l’Evêque de Montréal et le Séminaire de St. Sulpice sont tellement publiques, qu'avant même la publication de la Comédie Infernale, il n’y avait pas un prêtre sur dix quine connût l'existence de ces difficultés, et à Montréal pas cinq laïques sur cent qui ne sussent que le Séminaire de St. Sulpice s’opposait de toutes ses forces aux vues de l'Evêque de Montréal. L'auteur de la Comédie défie qui que ee soit de prouver le contraire. Si donc les difficultés entre l'Evêque de Montréal et le Séminaire de St. Sulpice étaient généralement connues quand parut la Comédie Infernale, comment peut-on accuser cette œuvre d’avoir porté ces difficultés devant'le public ?
Puis, on travaillait la population par tous les moyens possibles, plus particulièrement par le préjugé, afin d'empêcher l'exé-
es 17:2
cution d'un décret émané du St. Siége. Ne faillaitil pas dire à cette population ce qu'elle devait pens:r de ce décret et de l'opposition qu'il rencontrait ?
L's MM. du Séminaire de St. Sulpice posent en victimes de l'arbitraire de Myr. de Montréal, Ne convenait-il pas de prouver, l'histoire en min queles sulpiciens avaient étf l'objet de la plus grand: commisération de Monssigneur et qu'is ne pouvaient être victimes que de leur insounission à l'autorité épisco-
pale.
La Comitie Znfrrn ue n'a done parlé que de eñhoses connues et ell: l'a fait pour éclairer les esprits ct servir l'aatorité diocésaine que Ps Mossiours du Séminaire et leurs partisans représentaicut sous des couleurs défavorables et fausses, Lorsque plusieurs citaient l'Evêque de Montréal au banc de l'opinion publique, ne pouvait-il pas être permis à l’auteur de la Comédie, à un catholique, de’venir démarquer les aceusateurs et de justifier l’héroïque accusé? Ce n'est pas la faute de l'auteur de la Comédie, si, pour sauver l'autorité diocésaine qu'on voulait ruiner, il lui a fallu parler viridiquement de certains hommes. D'ailleurs, qu'on lise les accusations portées par la Comédie, et qu'on dise s'il n’était pas graudement t:mps d'éclairer l'esprit public sur le mérite de toutes ces choses.
Le Comédie Infernale, c'est de l'histoire, de l'histoire sous une forme? peu convenable, si vous le voulez, mais c’est de l’histoire. Et l’histoire est inexorable. Elle dit tout ce qui s'est passé, comme celà s’est passé. Elle n'est tenue qu'à une loi, la grande loi de Ja vérité. Elle ne regarde pas au titre, à la dignité, au caractère de ceux qu’elle doit louer ou blâmer; elle les blâme ou les loue tous, petits ou grands, pauvres ou riches, savants ou ignorants, laïques ou prêtres, selon qu'ils sont dignes de louange ou de blûms. Et ne dites pas que l'histoire sait attendre le moment opportun. L'histoire ! ce n’est pas le caractère qui reproduit, sur le papier, les événements et les faits. L'histoire ! ce sont ces faits et ces événements au fur ct à mesure qu'ils s'accomplissent.
ue Ù R Dès qu'un événement commence, il appartient à l’histoire et nu
. n'a le droit de comprimer la parole de ceux qui veulent l'appréeier en toute franchise et en toute vérité.
L'auteur de la Comédie rapporte les ézarements de doctrines
de et de discipline de quelques prêtres. Est-ce vous, monsieur, où qui lui en ferez un crime? Et si la Comédie méritait une conde damnation pour avoir traité un tel sujet que penser des bu diverses histoires de l'Eglise qui racontent non-seulement les égare- Pope ments de doctrines, mais les turpitudes de certains mauvais prêtres, quelquefois de personnages plusélevés dans la hiérarchie es ecclésiastique.
bCÉ- Pour écrire ainsi l'histoire des scandales qui ont, à certaines pré- | époques, et dans certains pays, désolé l'Eglise, ne faut-il pas avoir que | recours À des témoignages contemporains de ces scandales ? Un nion jour, l’histoire de l'Eglise du Canada mentionnera les luttes die, qu’eut à soutenir l'Evêque de Montréal ; elle rapportera tout avee usti- une scrupuleuse exactitude. Ph bien ! où se renseignera:t-clie ? e fa Dans les mémoires où l’auteur de la Comédie s'est renseigné, lait peut-être même dans la Comédie Infernale. Elle dira que les mes. assertions de ce livre, moins une seule, celle qui regarde M. le e, et grand vicaire Cazeau, n’ont jamais été l’objet d'aucune réclasprit mation. lle dira que les plus grands ennemis de cette œuvre, et que vous, monsieur, avez été forcés de reconnaître qu'elle déabs montrait les faits « presque muthématiquement. » Elle dira l'his- qu'on a intenté des procès canoniques à l’auteur, et que s'il a été s'est obligé de retirer une de ses affirmations, il a néanmoins prouvé la au St. Siége qu'il avait fait cette affirmation sur la foi des témoinité, gnages de personnes qui auraient pu être trompées, mais dont émis on ne peut nier la haute respectabilité. Ell: dira que malgré ee toutes les criailleries des adversaires, l’auteur de la Comédie n'a ange pas cessé, après comme avant la publication de son livre, de cona La server l’estimede ceux qui l'ont connu. Et tout cela donnera au epro- fond de son œuvre une autorité qui fera oublier les défauts de la ont forme.
Lot Il y à une chose qui m'étonne, monsieur, dans les reproches
que vous adressez à l’auteur de la Comédie. Vous scmblez insi-
ER
nuer qu'il ne sera jamais absout d'avoir parlé des menées scandaleuses de quelques ecclésiastiques. Cependant, dans un passage de vos récents pamphlets, vous signalez le fait d’un saint de lu primitive Eglise, qui, écrivant l’histoire de l'Eglise à un point de vue particulier, avertit qu’il rapportera le bien et qu'il taira le mal. Vous prenez de là occasion d'affirmer que les ecclésiastiques, et généralement tous les ultramontains, sont habiles à faire mentir l'histoire en déguisant avec soin tout ce qui ternirait une ou deux des réputations sacerdotales.
Non-seulement je dois vous faire remarquer ici l'injustice de vos appréciations touchant le fait de ce saint ; car s’il écrit l’histoire du bien et qu'il avertisse ses lecteurs qu’il ne touche pas à celle du mal, vous n'avez pas le droit de le blâmer de son silence à l'endroit des scandales. Une histoire particulière est une histoire particulière, et tel qui raconte les actes héroïques d’une armée, d’une société, d’une nation, est justifiable de taire les actes de poltronnerie qui ont pu se commettre au sein de cette nation, de oette société ou de cette armée. Mais je dois vous exprimer franchement ma surprise de vous entendre blâmer dela Comédie précisément ce que vous reprochez aux autres de n'avoir pas fait. Les ultramontains sont malhonnêtes parce que, selon vous, ils cèlent les fautes ecclésiastiques, et l’auteur de la Comédie est un infâme parce qu’il n’a point cèlé les fautes de quelques ecclésiastiques ! Je vous l'avoue en toute humilité, monsieur, je ne vous comprends pas. je ne sais pas ce que vous voulez, ce que vous blâmez, ce que vous louez. Permettez-moi de vous le demander : un homme a-t-il ou n'a-t-il pas le droit d'enregistrer les actes condamnables des ecclésiastiques, quand ces actes appartiennent à l'histoire ? La question est délicate, mais elle ne saurait ni em- “barrasser votre intelligence, ni compromettre votre loyauté.
Poursuivons. Le grand tort de l’auteur de la Comédie ne serait-il pas d’avoir écrit sur des questions soumises à Rome; d’avoir devancé le jugement du St. Siége ?
La Comédie Infernale n’a pas dévancé le jugement du St, Siége. Elle a parlé du Décret de 1865, elle a dit que ce décret était fondé sur un accord mutuel entre Monseigneur de Montréal
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et les Messieurs du Séminaire ; que dès que l’Evêque de Mon-
ds tréal eut publié ce décret, les Messieurs du Séminaire #'y opposé. ige rent, d'abord par l'entremise des Marguilliers de Notre-Dame, la ensuite par leurs Supérieurs ; que le Séminaire en appela à Rome : de mais que cet appel n'étant pas suspensif, le décret n'avait par le cessé d'être obligatoire ; que les Saints Canons, la théologie, les M conciles, celui de Trente en particulier, reconnaissaient à tous tir les évêques, avec le droit, le devoir de diviser les paroisses de nie leur diocèse comme ils l'entendent pour le bien des âmes. Etaitce là prévenir le jugement du St. Niége ? Quand, pendant six de années, la presse avait discuté sur tous lestonsle Décret de 1865, bis quand a Minerve ct le Journal de Québec ne s'étaient point 18 à gênés d'insinuer directement que l'Evêque de Montréal était dans Kiss sh tort et que le Séminaire finirait par trinmpher, pouvait-il être QE interdit à un catholique, le « Droit Canon » en mains, de prendre ee fait et cause pour l'autorité diocésaine ? Ni la Comédie Pnferde nale est coupable pour avoir plaidé la cause d’un évêque dont le , de décret subsistait malgré les appels qui en étaient faits, la presse ran- ne l’est-elle pas à un degré supérieur de s'être constituée l'avocat pré- de la cause des Sulpiciens alors que, malgré leur appel, le Décrer: fait. qui les atteignait était toujours en force ? ils Non ! La Comédie Infernale n'a pas prévenu le jugement du . St. Siége ! Elle a défendu des droits sacrés, elle à plaidé une sias- grande cause, puis, comme toute publication catholique, elle s'ést sde soumise purement, simplement, entièrement au St. Siége. our Enfin, la Comédie Infernale énonçait-elle des doctrines conder : damnées et réprouvées ? Elle renfermait un enseignement to catholique parfaitement orthodoxe. Elle ne portait aucune imnt à moralité. On ne pouvait donc pas la condamner sous ce rapport. | em- Je comprends que pour des hommes qui voient dans les conciles, dans les encycliques des Papes et dans le syllabus la e ne substance, l'essence même du despotisme, de la tyrannie et de )me ; l'omnipotence, pour des hommes qui, à votre exemple, n’ont pas le bonheur de connaître l'Eglise telle qu'elle est, je comprends, St. dis-je, que pour de tels hommes les doctrines de la Comédie soient écret quelque chose d'odieux et de désavouable ; mais pour un
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