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I. Voyage en France, Bibliothèque Mazarine, ms. 4405, p. ig

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par la complication des détails, par l'exaspération des lignes, le style tourmenté de Juvara et du P. Guarini. I^'ordonnance est à deux étages. L'étage inférieur présente quatre colonnes cannelées à chapiteaux composites supportant un entablement très saillant, dont la frise est ornée de cartouches et de chérubins. Les entrecolonnements sont ajourés de hautes baies cintrées ;

Pboto Neurdein.

Ancien Hôtel Andras de Marcy (xvi" siècle).

celles du milieu, géminées, ne sont pas au même niveau que les deux autres. L'étage supérieur se compose d'une niche, abritant la statue de la Vierge avec l'enfant, entre deux colonnes cannelées flanquées elles-mêmes de cariatides grotesques, de consoles et d'urnes flambantes. Le tout est couronné d'un fronton désarticulé dont le tympan offre en bas-reliefja figure du Père Eternel. Sur les rampants sont couchés deux angelots. On monte à la chapelle par un double perron garni d'une balustrade. Sur le toit se dresse un clocheton hexagonal, muni d'abat-son saillants, qui produit un effet pittoresque. A l'intérieur, le maître-autel seul offre de l'intérêt. De même style que la

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façade, il se compose de deux étages. La partie inférieure est formée d'un soubassement portant quatre colonnes de marbre noir à chapiteaux dorés sur lesquels repose un double fronton brisé blanc et or. I^es parois extérieures sont ornées de sculptures représentant un chérubin doré sur fond blanc, un trophée doré en bas-relief et un chérubin, surmontés d'une urne imitant le marbre blanc. La partie supérieure de l'autel est une sorte de tabernacle blanc et or couronné par un fronton cintré contre lequel s'appuient deux chérubins portant des couronnes.

Dans la rue de l'Oratoire est l'ancienne église des Oratoriens, bâtie en 1680. La façade est assez imposante, quoique amputée de son sommet. Elle est formée de quatre pilasttes composites, entre lesquels s'ouvrent une gralide baie vitrée et une porte ornées de fines guirlandes. A l'intérieur, les parois de la nef sont garnies de grandes arcatures et de pilastres doriques. Le maître-autel, d'un style un peu lourd, est pourtant de bon goût.

Non loin de la place de la Fontaine, dans la cour du vieux moulin Saint- Nicolas, on remarque un petit édifice du xvii'^ siècle, dont la façade encadrée de pilastres doriques est couronnée d'un modeste fronton triangulaire. C'était jadis la chapelle des Mariniers.

De la même époque, enfin, datent les bâtiments de l'Hôpital général fondé en 1665. La chapelle est surmontée d'un double clocheton hexagonal très aigu, à la silhouette élancée.

Les XYiii" et xix^ siècles n'ont doté Nevers d'aucun édifice religieux digne d'attention.

IL — Édifices civus.

Hôtels et maisons particulières. — L'ancien collège des Jésuites. — Le Pont de Loire. L'Arc de Triomphe. — L'ancien palais de l'Evêché. — L'Hôtel de Ville.

La ville de Nevers n'est pas riche en édifices civils des xvi*^, xvii'', XYiii^ et xix*^ siècles.

Nous avons eu déjà l'occasion de signaler, à propos de monuments antérieurs, quelques œuvres du xvi^ siècle, comme les lucarnes du Palais ducal, l'ancien château de Gloriette et une partie de l'ancien collège des Jésuites. Il est d'autres édifices de la « Renaissance » qui méritent d'être cités. C'est d'abord, dans la cour du n° 2 de la rue Creuse, une aile de l'ancien hôtel Andras de Marcy. La tourelle d'escalier hexagonale, dans laquelle s'ouvre une porte en accolade, est ornée d'un cartouche sur lequel sont inscrites les deux lettres grecques <P, A (Phi, Delta), formant le monogramme de fidelitas. L'aile

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est à trois étages. I^e premier et le deuxième sont ajourés de six élégantes baies en plein cintre reposant sur des pilastres décorés de cannelures, de grecques, et d'ornements polylobés. Au-dessus des fenêtres du deuxième étage court une frise légère de lacis vermiculés. Au n» 3 de la rue Haubert, une cour montre également des fenêtres à chapiteaux composites du xvi« siècle et un vieux puits de la même époque aménagé dans une encoignure du mur. Un escalier fort étroit donne accès à un antique pigeonnier situé au sommet d'une tourelle. Dans la rue Saint- Etienne on notera la maison Bussière, avec son escalier à vis sur le côté, son pignon en encorbellement, ses fenêtres encadrées de pilastres en bois sculpté ornés d'arabesques et sa branlante lucarne surmontée d'un épi. Dans la rue du Doyenné, derrière l'Hôtel de Ville, une petite cour intérieure laisse voir quelques f ragmetits d'une élégante façade. Une des fenêtres est encadrée de pilastres ornés de losanges et de chapiteaux composites, sur lesquels repose une corniche sculptée. Une tête en bas-relief vue de profil au milieu d'un médaillon circulaire est inscrite dans le mur entre deux génies debout au-dessus des pilastres.

Du XYii*^ siècle nous avons signalé, en passant rue Saint-Genest, le salon de l'abbesse de Notre-Dame, et, dans la rue des Récollets, le portail d'entrée de l'ancien couvent de ces religieux. On remarquera, au n° 15 de cette dernière rue, un portail monumental qui semble dater du règne de I^ouis XIII. Il se compose de deux groupes de colonnes doriques géminées soutenant un en'tablement et encadrant une épaisse et lourde arcade en plein cintre. Dans la rue

l'iiulo de l'Auteur.

Cour de maison du xvi° siècle, 3, rue Maubert.

du Quatorze- Juillet (ancienne rue de la Tartre) s'élève encore, imposant en son délabrement, l'ancien « Hôtel de la Verrerie », composé d'un corps de bâtiments à deux étages muni, en son milieu, d'une tourelle d'escalier carrée à laquelle on accède par un perron. Une forte balustrade formée d'ovales de pierre reliés entre eux règne sur ce perron. Les fenêtres sont encadrées d'un robuste chaînage de pierre et les claveaux des impostes rappellent par leur relief accusé l'appareillage rustique cher aux Italiens du xvii^ siècle.

Nous n'osons pas donner comme un spécimen de l'architecture du xvii^ siècle, tant elle a été restaurée, l'ancienne maison de « Maître » Adam Billaut, dans la rue du même nom. I^e mur de la façade offre une petite niche ornée d'un chérubin et abritant une statuette de la Vierge. Plus dénaturés encore sont les bâtiments de l'ancien collège des Jésuites, actuellement occupés par le Lycée. La façade en a été totalement refaite vers 1860. L'ancien portail, dont on conserve quelques fragments à la Porte du Croux, était assez intéressant. Il se composait d'une arcade encadrée de pilastres soutenant un entablement ; au-dessus était une fenêtre flanquée de consoles et surmontée d'un fronton aux armes de la ville.

Les monuments du xviii^ siècle sont un peu plus considérables.

C'est d'abord le Pont de Loire. Construit et reconstruit à plusieurs reprises et par tronçons depuis le xiv^ siècle, on peut bien le considérer, dans son ensemble, comme une œuvre du xv!!!*^, puisqu'il a été entièrement refait entre 1748 et 1790. Ce qu'il a gagné dès lors en solidité il l'a perdu en pittoresque. Autrefois, en effet, il y avait à chaque bout une porte flanquée de hautes tours crénelées, une vieille croix de bois depuis 1524 se dressait en son milieu et une petite chapelle gothique, dédiée à Notre-Dame, s'élevait au sud non loin du bureau d'octroi actuel.

A la lîlace de l'ancienne porte des Ardilliers fut érigé, en 1746, après la bataille de Fontenoy, un arc de triomphe dédié à Louis XV et qui est devenu la « Porte de Paris ». Ce monument bâti, croit-on, sur les plans des ingénieurs de la généralité de Moulins, Leclerc et Desveaux, par l' architecte-entrepreneur Maraudât, est un ouvrage de proportions massives, sans grand caractère artistique. Les piliers étaient, à l'origine, décorés de trophées d'armes sculptés, aujourd'hui détruits ; l'intrados de la voûte est garni de caissons et de rosaces. Il porte une longue inscription de la main de « Monsieur de Voltaire », « historiographe du Roy », lequel semble s'être appliqué à composer pour la circonstance des vers aussi insignifiants que l'édifice lui-même.

Près de la Cathédrale, se trouve l'ancien Palais épiscopal, élevé, vers 1760, par l'évêque Antoine Tinseau sur l'emplacement du château de l'évêque Philippe de Clèves. Nous avons déjà signalé la superbe grille en fer forgé prove-

liant du chœur de la Cathédrale, qui ferme l'entrée du parterre. I^e bâtiment lui-même, de lignes sobres, est digne d'attention. Au centre se détache une sorte de pavillon de la largeur de trois fenêtres, couronné d'un fronton triangulaire, au tympan duquel sont inscrites les armes de l'évêque Charles de Douhet d'Auzers (1829-1834). A l'intérieur, un escalier muni d'une jolie

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Photo .Seurdein.

La Porte de Paris

rampe en fer forgé mène au premier étage. Une chaire monumentale en bois sculpté, chef-d'œuvre d'ébénisterie du début du xvi^ siècle, rappelle l'ancienne destination de l'édifice : le dossier est orné d'un écusson tenu par des anges, primitivement aux armes de la famille des Trapes, auxquelles on a substitué celles de l'évêque Imbert de la Platière (1512-1518). Les salles n'ont malheureusement pas conservé leurs boiseries originales. Il subsiste encore quelques maisons particulières du xviiic siècle. ly'hôtel

de la Préfecture offre, à l'ouest, une façade de proportions assez agréables. Plus modeste, la maison Bouquillard, au no i de la rue Saint-Martin, a peut-être aussi plus de caractère. La façade, avec ses trois lucarnes cintrées ornées de consoles, les supports moulurés de ses balcons, et ses appuis en fer forgé, a toute l'élégance du style Louis XV. Les bâtiments de l'ancienne manufacture royale de Faïences, au fond de la rue du Singe, datent apparemment de la même époque, mais ils sont dans un état de délabrement extrême. L'hôtel situé au n" 43 de la rue de Nièvre a une double façade du temps de

Photo Bertbaud.

La préfecture.

Louis XVI : sous une imposte surbaissée reposant sur deux pilastres à redents s'ouvre une grande lucarne ovale encadrée d'une couronne de laurier, audessous de laquelle est suspendue une guirlande de fruits. Des rinceaux occupent les écoinçons. Enfin, comme type d'hostellerie de la seconde moitié du XVIII'' siècle, on peut citer, au n" 15 de la Place Mossé, l'ancien « Hostel du Grand Monarque », dont la vaste cour intérieure, faite pour recevoir les diligences, offre encore un coup d'œil si pittoresque, avec ses deux étages de galeries bordées de balustrades de bois, qui desservaient les chambres des voyageurs. Les édifices publics construits à Nevers au cours du xix^ siècle se recommandent surtout par leur caractère utilitaire. Le côté artistique y tient peu de place. L'Hôtel de Ville, bâti sur les plans de l'architecte Paillard, vers 1845-

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50, est d'une tenue correcte, mais glaciale. Nous préférons l'hôtel de Vertpré (no* 19-21, rue Saint-Martin), dont la construction est d'une quinzaine d'années antérieure et dont la façade est assez joliment composée et ornée : deux pilastres à chaque extrémité, une rangée de modillons sous la corniche et deux frises (une grecque et des postes garnis de cosses de haricots) en soulignent discrètement les divisions. Vers le milieu du siècle, on éleva sur la place de la République actuelle une fontaine monumentale en pierre. Cette fontaine, œuvre du sculpteur I^equesne, est formée de deux vasques superposées, que surmonte une pyramide octogonale. Au sommet se dresse la statue de la ville de Nevers drapée à l'antique ; la base est ornée de quatre figures assises, symboUsant l'Abondance, l'Agriculture, le Commerce et l'Industrie. Dans le parterre du Palais, on admirera, en passant, un beau buste d'Adam Billaut, par David d'Angers. Ne parlons pas du théâtre, situé à l'est, et qui fait si peu d'honneur à la ville. Parmi les autres édifices bâtis dans la seconde moitié du xix^ siècle, la gendarmerie et l'école normale de jeunes filles, qui sont peut-être les plus soignés, pèchent pourtant encore par le caractère mal défini, impersonnel, de leur façade.

riwto du r.Vutt;ur.

Cour de l'ancien hôtel du Grand-Monarque.

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