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CHAPITRE PREMIER

LES ORIGINES DE LA VILLE LES ÉDIFICES MILITAIRES ET CIVILS DU XIV AU DÉBUT DU XVP SIÈCLE

La civilisation gallo-romaine. — La fondation de Moulins. — • Les Archembaud. — Moulins au xiv° siècle. — Le duc Louis II. — Les fortifications. — Le vieux château. — Les constructions de Pierre II et d'Anne de Beaujeu à la fin du xv° et au début du XVI' siècle. — Le Beffroi. — Les anciennes Halles. — Les vieilles maisons.

La ville de Moulins est de formation relativement récente. Elle n'apparaît guère dans l'histoire qu'au xii*^ siècle. Le premier document écrit qui la concerne est daté de 1147. Il nous apprend que le gouverneur de la place s'appelait alors messire Foulques. Mais il résulte des fouilles pratiquées en divers endroits que, bien des siècles auparavant, le sol sur lequel devait s'élever Moulins fut habité. La civilisation gallo-romaine l'a marqué d'une empreinte profonde. On a retrouvé sur plusieurs points, particulièrement dans les faubourgs du sud-est, le long de la voie ferrée et sur le territoire

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de la commune d'Iseure, aux lieux dits les Craux, les Echiffres, Nomazy, Toulon, les Moreaux, Panloup, Bellevue, etc., l'emplacement d'un certain nombre de villas, de postes fortifiés, de nécropoles d'origine gallo-romaine. l/SL voie romaine de Lyon à Cherbourg traversait cette région, suivant la rue des Garceaux, le boulevard de Courtais, la rue de Bardon, la rue de Belle- Croix, la rue de l'Asile. On en a mis à jour, dans la rue des Garceaux, une portion assez bien conservée, composée d'une couche inférieure de gros cailloux, d'un lit de graviers de o™,30 d'épaisseur et, enfin, d'une zone bétonnée de o'",20 de haut sur i™,6o de large entre deux bandes de moellons de i™,20 de largeur. Mais des temps gallo-romains au milieu du xii^ siècle tout document fait défaut. lya ville du xii"^ siècle n'était sans doute qu'un bourg modeste, auquel les moulins installés sur les bords de l'Allier et de l'étang Bréchimbault (emplacement de l'Hôtel des Postes et du Théâtre actuels) avaient donné leur nom. Il est probable, aussi, quoi qu'en dise la légende, que c'est la nécessité de protéger ces moulins, plutôt que l'amour conçu pour les beaux yeux d'une meunière, qui aura engagé un des sires d' « Archembaud » à munir le bourg d'une citadelle sous le commandement d'un gouverneur.

lyC Moulins du xiii'^ siècle est presque aussi mystérieux pour nous que celui du xii^. Nous savons cependant qu'en 1232, Archembaud VI de Bourbon- Dampierre accorde à ses « chers et bien amés les manans de la ville de Molins » une charte de franchises communales. Ce qui semble indiquer que la locahté commençait à prendre quelque importance. Peu après, elle était dotée d'un hôpital, l'Hôpital Saint-Julien, construit entre 1269 et 1290.

Elle dépendait encore à cette époque de la paroisse d'Iseure et ne possédait, en fait d'église, que deux chapelles : l'une, dédiée à saint Pierre, qui s'élevait à la place de la Cathédrale actuelle et où l'on conservait probablement la fameuse « Vierge noire » ; l'autre, sous le vocable de Saint-Pierrede-Bourgogne, construite ep 1250.

Jusqu'au milieu du xiv^ siècle, si la ville est relativement peu florissante, c'est que les seigneurs de Bourbon n'y résident pas. Ils préfèrent vivre, avec leur suite nombreuse, dans leurs châteaux de Bourbon-l'Archambault, de Murât, de Souvigny et de Chantelle, quand ils ne passent pas leur temps, comme Robert de Clermont (1276-1310), à la Cour du roi de France. Ils n'ont à Moulins qu'un simple pied-à-terre que, en 1333, le duc l,ouis I^'' (1310-1341) se préoccupera d'agrandir. Les travaux dureront longtemps.

Ils n'étaient pas encore terminés en 1369, lorsque « le bon duc Louis II » (1356-1410), quelque temps après son retour d'Angleterre où il avait été emmené en captivité comme otage du roi Jean, vint à Moulins, puisqu'il descendit alors chez Huguenin Chauveau, procureur du Bourbonnais. Dix

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ans après, en 1379, le Château était enfin habitable et le duc, entouré de sa cour, put y recevoir le connétable Du Guesclin. I.a ville elle-même prit des lors un développement rapide et. à la mort de I.ouis II, elle comptait deja parmi les plus prospères du royaume. I^^impulsion une fois donnée, elle contmua a s étendre, à s'enrichir et à s'embellir, sous les successeurs de Loms II, les ducs Jean I" (1410-1434), Charles I- (1434-1456), Jean II

La ville et le château de Moulins en 1460. D'après une miniature de V Armoriai manuscrit de Guillaume Revel.

(1456-1487) et surtout sous l'active et intelligente sollicitude de Pierre II (1487-1503) et de son illustre femme, Anne de Beaujeu (f 1522).

L'histoire artistique et monumentale de Moulins ne commence donc pour nous qu'au miheu du xiye siècle. C'est l'époque où, pour se protéger contre les incursions des Anglais, elle dut s'entourer de remparts. I^'enceinte alors construite, et qui devait subsister jusqu'en 1681, était, selon l'expression de Nicolay, « de petit circuit ». Elle suivait à peu près exactement le tracé de la rue des Fausses-Braies au nord, des boulevards de la Préfecture,

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