‹ Nevers et MoulinsChapitre 24 sur 34 · LES ÉDIFICES CIVILS DU XIV<= AU XW' SIECLE · texte numérisé non relu

LES ÉDIFICES CIVILS DU XIV<= AU XW' SIECLE

fleurdelisée, en fer forgé et doré, qui fut enlevée à la Révolution. I^e soleil de cette couronne sert maintenant de girouette.

Pour se représenter la Place de l'Horloge sous l'aspect original qu'elle offrait autrefois, il faut y ajouter par la pensée sa bordure pittoresque de maisons de briques et de bois à piliers avec « passées dessous », aux pignons

La rue de l'Ancien-Palais.

saillants et aux toits pointus, parmi lesquelles on remarquait la grande hostellerie Saint-Christofle et l'hôtel de Maltaverne, puis, au centre, une fontaine surmontée d'un Dieu de Pitié. (Cette statue, détruite en 1793, avait été placée, en 1756, entre deux lanternes, adossée à une colonne, dans l'encoignure de la tour.)

Au nord du beffroi, dans le vaste rectangle compris entre les rues des Orfèvres, Notre-Dame et François- Pérou se trouvaient les Halles, que l'incendie de 1655 3. dévorées. Elles avaient été reconstruites en 1446. I^e contrat passé alors par le duc Charles avec divers habitants auxquels il con-

MOULINS

cédait le privilège de bâtir, nous renseigne assez bien sur la disposition originale des constructions. Elles se composaient d'un péristyle de dix piliers divisé en deux parties inégales par une petite rue de neuf pieds de large, dite rue des Halles. La partie donnant sur la rue Notre-Dame était la plus étendue, elle mesurait cinq toises de large et était réservée à la corporation

Photo iSeurdeiD.

La rue des Orfèvres.

la plus importante, celle des drapiers. Au-dessus des halles, s'élevait un étage de maisons particulières. Les orfèvres avaient leurs boutiques sur la rue qui en a gardé le nom. Les étaux des bouchers étaient groupés près de la Porte d'Allier.

Tout un coin du Moulins des xv*^ et xvi^ siècles survit, dissimulé et comme honteux de soi-même, dans ce vieux quartier des Halles, qui est resté le centre de la ville. Rien n'évoque plus nettement ce passé curieux qu'une promenade à travers la rue de l'Ancien-Palais et la rue des Orfèvres. On dirait

LES ÉDIFICES CIVILS DU XIV AU XVI« SIÈCLE m

que quelque génie capricieux, qui aurait eu la régularité et l'uniformité en horreur, a été chargé du tracé de ces voies rebelles au cordeau et de l'édification de ces façades aux allures étranges et aux couleurs multiples, qui se penchent en désordre au-dessus des passants. lya plupart de ces vénérables

l'Ii.Hu .N,:urd,-]u.

Maison du doyenné (xV siècle).

bâtisses sont en bois et leur armature de poutrelles et de croix de Saint- André, colorées d'ocre rouge et jaune tranchant sur les tons clairs du mortier qui garnit les intervalles, jette sur la construction une note gaie et pittoresque.

En dehors de ce quartier, qui constitue un ensemble unique, il existe encore à Moulins quelques maisons isolées, spécimens originaux des belles demeures bourgeoises à la fin cki moyen âge. Les plus remarquables sont :

112 MOULINS

rue d'Allier, l'hôtel Moret (no 71) et la maison située au no 57 ; rue François-Péron, le Doyenné (n" 24) ; et, rue du Pont-Ginguet, la maison sise au n» 16.

Iv'hôtel Moret a été construit à la fin du xiv^ siècle pour Jean Babute,

fc^' »*. l'tiuto Paqui't.

Maison du xv" siècle (rue d'Allier, n" 57).

maître d'hôtel du duc Louis II. Une large porte cochère en plein cintre s'ouvre dans la façade. Trois grandes fenêtres reliées par un cordon de pierre éclairent le premier étage. Deux hautes et étroites lucarnes de bois se dressent sur les combles. La maison du n" 57 de la rue d'Allier est de la lin du xv"^ siècle. La façade, tout en pierre, présente une corniche de feuillages reposant sur trois gargouilles. La cour intérieure (très dénaturée par l'agencement d'un magasin) offre une curieuse tourelle d'escalier, où l'architecte gothique a

Page 1