VUE D'ENSEMBLE SUR L'ÉVOLUTION DE LA VILLE
a conservés jusqu'à nos jours. A cette époque, et jusqu'à la fin du xii^ siècle, ces établissements religieux, même la cathédrale, ainsi qu'en fait foi le cartulaire de Saint-Cyr, se trouvent en dehors de l'enceinte fortifiée, celle-ci ne renfermant dans ses étroites limites que ce qu'on appelait, depuis l'origine, le « castrum » et la « civitas », le « château » et la « cité », c'està-dire la partie haute de la ville actuelle comprise entre la place Mossé, le quai de lyoire, la place Mancini, la rue des Ouches, la rue du Doyenné,
Nevers au xvii° siècle, d'après un grand dessin à la plume rehaussé de crayon noir conservé au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale et reproduit en gravure par M. Amédée Jullien. (Extrait de l'ouvrage d'Amédée JuUien : La Nihre à travers le Passé.)
la rue du Quatorze- Juillet, la rue Saint-Genest et la ru e des Faïenciers lyC x^ siècle marque un temps d'arrêt dans le développement de Nevers. C'est une époque troublée. Sous les règnes de Charles le Simple, de I,ouis d'Outremer, de Raoul et de Lothaire, le Nivernais subit les vicissitudes de la Bourgogne et est en proie, par les rivalités et les convoitises qui se déchaînent, à de perpétuelles alarmes. Invasions des Normands, des Hongrois, des Allemands, révoltes des vassaux contre leur suzerain, c'est l'état de guerre en permanence dans le pays. I^a seule construction importante à signaler date des premières années du siècle : en 909, l'évêque Atton fait rebâtir, sur un plan nouveau, la cathédrale de saint Jérôme. En 953, le fils de Robert
le Fort, Hugues le Blanc, duc de France et de Bourgogne, s'étant soulevé contre le roi lyouis d'Outremer, s'empare de la ville et la met à sac. A partir de 987, la Bourgogne devient un fief héréditaire, selon la loi féodale, et passe aux mains d'un neveu adoptif de Hugues Capet, Otton-Guillaume. Celui-ci en détache bientôt le Nivernais pour le donner en dot à sa fille, lorsqu'elle épouse I^andri (992). Ce I,andri est le premier qui ait pris publiquement le titre de « comte de Nevers ».
lyC Nivernais et sa capitale ne retrouvent un peu de tranquillité que dans la seconde moitié du xi<^ siècle, sous l'administration du comte Guillaume I""" (1040-1100). C'est l'époque où la civilisation « romane » prend son essor et prépare la renaissance artistique, qui va transfigurer Nevers, comme elle fait de toutes les villes du royaume. Au cours des xi^ et xii^ siècles tous les édifices élevés précédemment se reconstruisent dans le style nouveau. A peine la cathédrale rebâtie par l'évêque Hugues le Grand (1011-1063) est-elle achevée, que l'on remet en chantier le monastère et l'église Saint- F<tienne, le prieuré Saint- Sauveur, les abbayes Saint-Genest et Notre-Dame, la Chapelle Saint-Michel, l'église Saint-I^aurent, les couvents Saint-Gildard, Saint-Martin, Saint-Victor, etc. On peut vraiment appliquer à Nevers l'expression du chroniqueur : la ville se couvre alors d'une blanche robe de pierre.
Dans l'histoire de la cité, les quinze dernières années du xii^ siècle, correspondant au règne du comte Pierre de Courtenay (1184-1199), marquent une date mémorable. Pierre de Courtenay est une des figures les plus curieuses et les plus sympathiques du temps. Intrépide et chevaleresque, sa vie n'est qu'une suite d'aventures. Il accompagne son cousin Philippe-Auguste et Richard Cœur de lyion à la troisième croisade (1189-1192). De retour à Nevers, il est obUgé, au bout de quelques années, d'abandonner son fief à Hervé de Donzy (1199). En 1209, on le voit commander une expédition contre les Albigeois. Enfin, en 12 17, appelé à recueillir la succession de son beau-frère Henri de Hainaut, empereur de Constantinople, il se met en route, va se faire sacrer à Rome, débarque près de Durazzo et périt, peu après, dans un guetapens (1218). Or, pendant le temps qu'il posséda le comté de Nevers, il sut, par sa prudence et par sa générosité, mériter la reconnaissance de ses sujets. En 1194, en effet, il leur accorda des franchises, qui permettent de le considérer, à bon droit, comme le premier organisateur de la « Commune de Nevers », et il montra quel souci il avait de leur sécurité, en élargissant l'enceinte de la ville.
Au xiii^ siècle, la commune grandit. Ses droits et privilèges sont confirmés solennellement, en 1231, par le comte Guy de Forez et sa femme Mahaut de Courtenay. Les corporations s'organisent. Deux foires sont ouvertes. ly'industrie et le commerce redoublent d'activité. I^e luxe se développe. Un curieux inven-