‹ Névrites Optiques et Processus Méningés chez les NéoplasiquesChapitre 30 sur 32 · BA VAN · texte numérisé non relu

BA VAN

Une des plus importantes objections qu’on ait faites à la spécificité des cellules néoplasiques, est le changement possible de forme sous l'influence d’un séjour prolongé dans le liquide céphalo-rachidien. De Ridder (1) a décrit dans certains cas pathologiques la présence de leucocytes clairs qui ont été parfois considérés comme des cellules endothéliales. Pour élucider cette question, nous avons fait plusieurs séries d'expériences et soumis des liquides céphalorachidiens divers à des influences de milieux et de température très variées. Nous avons pratiqué à des intervalles plus ou moins éloignés la centrifugation tardive. Jamais nous n’avons constaté les caractères des grandes cellules vacuolaires. Celles-ci sont donc manifestement liées à un mode pathogénique spécial.

Il esttrés difficile, en raison de l'insuffisance des connaissances actuelles et du pelit nombre de cas 0 bservés d’en établir la genèse. Parmi les hypothèses en présence, quatre théories surtout ont été soutenues : théorie endothéliale, théorie lympho-conjonctive, théorie cancéreuse, théorie dyscrasique.

Nous avons vu que l'hypothèse de la transformation en énormes cellules vacuolaires des cellules endothéliales par simple ambition ne peut être acceptée. D'autre part, les caractères de ces éléments

1. De Ridder, La Ponction lombaire dans les affections oculaires.

ne semblent guère permettre de leur attribuer une origine lympho-conjonctive banale.

La théorie cancéreuse a pour elle la majorité des faits cliniques. Mousseaux, dans sa thèse, établit la possibilité d’une dissémination par le liquide céphalorachidien des éléments cancéreux ; peut-être ajoutet-il dès 1907, la ponction lombaire dans ces cas pourra-t-elle révéler la présence de cellules cancéreuses dans le culot de centrifugation.

‘Sicard et Gy admettent que les cellules néoplasiques des tumeurs méningées ou corticales mises en liberté par effritement émigrent et, arrivant dans le liquide céphalo-rachidien, s’arrêtent dans les espaces sous-arachnoïdiens où elles colonisent. Les auteurs pensent à une simple action mécanique : les éléments sont drainés par les mouvements du liquide jusque dans les vastes confluents méningés des régions bulbo-protubérantielles. Nous avons vu cette hypothèse admise pour l'explication de la prédominance des lésions au niveau des nerfs radiculaires.

Ce processus expliquerait pourquoi la recherche des éléments cancéreux est parfois négative, bien qu’il y ait une métastase évidente, comme dans les sept.cas de Babinski et de Nagotte. La tumeur ne serait pas venue au contact de la circulation céphalorachidienne. PCA |

Cependant il reste à expliquer les cas où l’on a constaté la présence des grandes cellules vacuolaires alors que l'examen histologique n’a pu démontrer au niveau des centres nerveux ou de leurs enveloppes

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simple processus d’irritation chconique. Pour expli- 7

; quer cette anomalie apparente, les auteurs ont invoé qué une influence dyscrasique. C’est Frænkel qui, le prémier, a soutenu que ces cellules représentaient simplement des endothéliums desquamés en état de dégénérescence hydropique. Telle est également l'opinion de Dufour, après examen nécropsique du cas rapporté par lui et cité plus haut.

Toutefois, Dufour, comme Frænkel, admet que la présence de ces cellules géantes vacuolaires n’en est pas moins significative pour le diagnostic de néoplasme.

2° -Ges cellules, disent les auteurs, ont été ho re ù chez des sujets qui étaient manifestement cancéreux ; d’où il existe de sérieuses présomptions pour ratta- cher leur mode de formation à la dyscrasie cancéreuse ; celle-ci agirait en modifiant d'une façon spéciale les cellules endothéliales des séreuses desquamées et rendues libres dans les humeurs : de l'organisme.

Les deux observations que nous rapportons dans cette thèse et particulièrement la première, tendent à nous faire admettre cette dernière théorie : nous avons rechérché minutieusement, sans pouvoir les déceler, des lésions néoplasiques au niveau des centres nerveux ou des méninges.

D'autre part, deux arguments viennent à l’appui

de cette dernière conception.

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Au point de vue clinique, l'affection a évolué comme un processus aigu ; nous rappelons qu’à chaque crise de symptômes correspondait une décharge cellulaire abandante dansle liquide céphalorachidien. Au point de vue cytologique,nous avons observé dans deux cas de méningite chronique chez des individus non cancéreux des cellules à caractères un peu différents, mais de dissemblances vraiment trop insuffisantes pour permettre de fonder sur leur constation seule le diagnostic. Il semble qu'il y ait dans ces deux modes de réaction cellulaire une différence d'intensité et non de qualité. Evidemment, cette opinion personnelle est prématurée, en raison du petit nombre de cas actuellement connus ; il ne peut s’agir ici que d’une simple impression, puisque nous ignorons encore l’agent pathogène du cancer,

Quelle que soit d’ailleurs la nature des cellules vacuolaires qu’il nous a été donné d'étudier tant dans notre observation personnelle que dans nos recherches bibliographiques,quelle que soit la nature, toxique ou infectieuse, de la réaction méningée qu’elles traduisent d’une façon manifeste, il nous semble démontré qu’au cours des néoplasies, l'apparition d’une névrite optique est souvent liée à une pénétration du parenchyme par le processus inflammatoire venu des gaines. Il ne faut donc pas, en clinique, se hâter de conclure à des névrites d'ordre

toxique : telles sont nos conclusions que nous avons

essayé de rendre évidentes par la double étude de la valeur séméiologique des grandes cellules vacuolaires et du processus déjà décrit par plusieurs auteurs de la périnévrite optique diffuse.

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