DIAGNOSTIC
Les caractères, l’évolution de la névrite rétro-bulbaire sont en général suffisamment caractéristiques pour que le diagnostic ne présente guère de difficultés. Il s’agit d’une infection le plus souvent unilatérale se traduisant :
par une diminution de l’acuité.plus ou moins brusque, plus ou moins prononcée ; :
par l’existence d’un scotome central ;
par l’absence de lésions du fond d'œil visibles à Pexamen ophtalmoscopique.
. Elle s'oppose donc aux lésions de la portion juxtaoculaire du nerf optique : névrite optique ou papillite, due à un processus inflammaloire étendu à la partie antérieure du nerf se traduisant par des modifications nettes de la papille :
état flou des contours papillaires ;
aspect rouge de la papille ;
dilatation des veines :
avec ou sans atteinte de la vision centrale,
ei ee
De cette absence de signes ophtalmoscopiques, il découle qu’en présence d’une baisse brusque et inexpliquée de la vision, on doit toujours rechercher des symptomes même les plus discrets d’une altération maculaire, c’est-à-dire scotome central pour les couleurs ct pour le blanc, suivant l'intensité des lésions et ne pas porter à la suite d’un examen insuffisant le diagnostic d’amblyopie « ex anopsia » ou de lésions probables de la macula. |
Il est plus difficile, au contraire, de méconnaître l’altération névritique lorsque celle-ci a évolué vers latrophie, puisqu'alors apparaissent les signes ophtalmoscopiques caractéristiques. Un seul cas est souvent très embarrassant, c’est celui où la vision est en voie d'amélioration, où l'on ne trouve pas de lésions de fond d'œil et où cependantil a existé des troubles importants ; dans-ce cas un examen attentif peut révéler encore quelques traces (scotome punctiforme, limité aux couleurs par exemple), qui permettront de rattacher les troubles observés à leur cause véritable. |
Il est cependant quelques erreurs qu’il importe d'éviter. |
Ceci est en général facile.
Nous devons les signaler ; certaines pouvant prêter à
confusion.
Dans les formes aiguës, alors que la vision est encore peu altérée et que le malade est en quelque sorte à la période prodromique, il sera bon de rechercher la cause
ni
de douleurs péri-orbitaires et oculaires qu’il ne faut pas confondre avec les diverses névralgies, ni avec certaines
douleurs osseuses.
De même, les céphalées associées seront souvent d’un diagnostic délicat, soil qu’il s'agisse d’une céphalée liée à une hypertension intra-cranienne, ou à une syphilis méningée discrète. Mais leur coexistence possible et l'importance que l’on a attribuée surtout ces dernières années aux céphalées d’origine nasale montrent l’importance d’un tel symptome.
ILexiste un cas où le diagnosticpeut être embarrassant: c’est celui d'un malade astigmate mal ou insuffisamment compensé qui, vers la cinquantaine, voitson accommodation fléchir brusquement. I ne faut pas parler de névrite et l’on devra loujours faire un examen exact de la réfraction du malade.
Quant à la migraine ophtalmique, elle a pour elle ses caractères bien spéciaux. On peut y penser au début d’une névrite rétro-bulbaire, devant la rapidité de son apparition, l’amblyopie souvent marquée, des photopsies qui existent parfois. Cependant la confusion n’existe pas à un examen attentif. La migraine ophtalmique est bien caractéristique avec ses trois stades : scotome scintillant, stocome obscur, céphalée, le tout disparaissant en général en quelques heures. On lui a attribué une pathogénie bien spéciale, il s’agirait de spasmes des artères cérébrales. On voit donc ici l’analogie avec la théorie spastique réflexe de la névrite rétro bulbaire et ceci nous explique peut-être l'association qui se rencontre dans une observation que nous reproduirons plus loin (obs. XU),
AT
Lorsque la névrilte rétro-bulbaire est constituée, ce sont surtout les troubles visuels qui attirent l'attention.
Il s’agit d’une baisse brutale de la vision sans lésion ophtalmoscopique, le diagnostic peut être très difficile au début.
Ces troubles peuvent se rencontrer au cours d’une amblyopie comportant une symptomatologie assez voisine de celle de la névrite rétro-bulbaire et en particulier l’abSence de signes ophtalmoscopiques.
Tel est le cas d’une amblyopie par éblouissement,
… mais ici les commémoratifs sont nets et l’on retrouve assez fréquemment un scoteme annulaire bien différent du scotome central de la névrite rétro-bulbaire. D’autres fois, il s’agit d’une simple commotion rétinienne, Dans ce cas la notion de traumatisme permettra de préciser Je diagnostic, mais il faudra toujours se méfier, surtout en matière d'accident de travail et être très prudent avant d’affirmer des relations de cause à effet entre une baisse d’acuité et un traumatisme parfois bien minime (les innombrables cas de névrite toxique sont là pour en faire la preuve, souvent rattachés à la présence d’un corps étranger de la cornée).
Les lésions traumatiques du nerf optique par fracture du crâne s’accompagnert généralement d’une perte du réflexe lumineux et de cécité totale.
Il faut toujours penser aux amauroses subites et transitoires des cardiaques et des néphrétiques, dues à un œdème du nerf optique sans papillite ; elles peuvent parfois réaliser un tableau voisin de la névrite rétrobulbaire. De même, la cécité salurnine qui peut faire