L. W. Bradshow rapporte une observation typique (obs. XV
Pour L. E. White, les amygdales et les foyers dentaires auraient une importance primordiale avant les sinus postérieurs comme facteur de névrite rétro-bulbaire (obs. XVII). I conseille de s'attaquer toujours aux divers foyers suspects lorsqu'il existe plusieurs sources possibles d'infection (obs. XVIIT).
Dans certains cas, les auteurs s’attaquent simultanément aux autres lissus lymphoïdes du pharynx et pratiquent une adéno-amygdalectomie. White cite un cas d’un an et demi de neuro-rétinite où la suppression des foyers tonsillaires a amené une amélioration rapide,
Cet auteur recommande une action thérapeutique rapide et il fait même de l'intervention un véritable cas d'urgence surtout dans certaines formes malignes tendant à évoluer vers une atrophie rapide du nerf optique. = Dans les autres pays, la documentation est clairsemée. Dans le travail de Léale (Policlinico, sezione pratica, octobre 1924) l’auteur rapporte le cas d’un malade qui, à la suite d’une poussée d’adénoïdite fut atteint d’une poussée de papillite avec scotome central, baisse rapide de la vision. La simple ablation des végétations adénoïdes suffit à faire disparaître tous ces troubles. ;
Worms a cité une observation d’hémorragie en placard de la chorio-rétine avec papille presque totalement masquée qui guérit par amygdalectomie. Dans une autre observation, il constaia des poussées d’uvéile à répétition consécutive à des poussées d’amygdalite.
En dehors de ces quelques faits, les observations de troubles oculaires et en particulier de névrite rétro-bulbaire d'origine amygdalienne ne sont pas très fréquentes.
Peut-être le seraient-ils davantage si on les recherchait de façon systématique. Beaucoup doivent passer inaperçus parce qu'on ne soupçonne pas l'importance des infections amygdaliennes. Il est souhaitable à l’avenir que cette éliologie soit l’objet de la même attention que les autres, surtout lorsqu'il s'agit d’uvéite ou de névrites optiques dont la cause échappe si souvent en dépit des investigations les plus minutieuses.
Il ne suffit pas d’ailleurs pour incriminer les tonsilles
de constater l'existence de grosses amygdales, de végétations infectées et se contenter d'établir la concomitance des deux affections ; mais on doit suspecter la possibilité de cette étiologie et tâcher d'établir la filiation des accidents. L'essentiel est de penser à diriger un interrogaloire dans ce sens mais souvent c'est le résultat seul du traitement amygdalien qui fournira la preuve étiologique. Après échec des médications classiques, il ne faut pas hésiter en présence des accidents oculaires sérieux à pratiquer l’exérèse des foyers tonsillaires si quelques présomptions existent en faveur de leur influence pathogène. | ;
Nous venons de passer en revue la plupart des causes qui ont été incriminées comme susceptibles de provoquer l’apparition d’une névrite rétro-bulbaire. Mais il en restera toujours un certain nombre dans lesquelles les recherches les plus attentives ne permettent pas d’établir une étiologie nette.
On les rangera dans le cadre des
Névrites rétro-bulbaires dites essentielles
Ce cadre se rétrécira sans doute au fur et à mesure que les investigations seront plus poussées.
Peut-être certains faits récemment signalés permettent-ils d’entrevoir qu’il peut n’exister aucune lésion apparente et que des facteurs physiques et purement irritatifs sont susceptibles de déclancher des accidents.
Peut-être faut-il en rapprocher le rôle du froid qui a été invoqué parfois.
La variation de température joue:t-elle ici le rôle bien connu d'agent favorisant lPéclosion rapide d’une infection jusque-là latente, ou bien n’y at-il qu'une action réflexe par Pintermédiaire du sympathique, comme nous le verrons.
C’est sans doute ce que l’avenir permeltra de préciser.