‹ Névrites Rétro-Bulbaires Et Affections Rhino-SinusiennesChapitre 42 sur 50 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement dépend, avant tout, de l’étiologie.

Avant tout renseignement probant, on est en droit d'instituer une thérapeutique anti-infectieuse par le cyanure de mercure, les arsenicaux, en dehors même de toute idée de syphilis.

Pendant ce temps on pourra obtenir des renseignements précis en ce qui concerne les réactions sérologiques. La sclérose en plaques sera recherchée avec soin et devra être dépistée par un examen neurologique très sérieux, L'absence même de tout symptôme ne devra pas empêcher dé faire des réserves à ce sujet pour l’avenir. Des examens spéciaux complets seront pratiqués par le rhinologiste. Des radiographies seront prises. Et toute intervention ne devra être décidée que par la collaboration de l’ophtalmologiste el du rhinologiste. L'acte opératoire, s’il en est un, reviendra nalurellement au rhinologiste.

Dans certains cas l'intervention est indiquée devant une sinusite suppurée nette. Il faut en assurer un large drainage. Dans la sinusite frontale, il suffit le plus souvent d'élargir le canal lorsque celui-ci est déjà per-

méable, Parfois il faut procéder à l’ouverture du sinus par voie externe et terminer Pintervention par la cure radicale, Dans le cas de sinusite maxillaire, la ponction est insuffisante, Il faut pratiquer un curettage de Vantre par voie canine (Caldwell-Luc).

Dans les sinusites postérieures, la résection du cornet moyen et le cathétérisme de l’ostium suffisent généralement. Dans d’autres cas, il faut pratiquer l’ouverture du sinus (par voie septale ou nasale). Lorsque les signes de sinusite sont discrets, il faut intervenir mais cependant on préférera aux opérations mutilantes (ouverture de sinus et cureltage) une intervention économique, d'exécution rapide et moins dangereuse :

Résection des cornets hypertrophiés (cornet moyen en totalité ou surtout sa moitié postérieure);

Déviations et éperons de la cloison.

Nous avons vu le rôle considérable des phénomènes vasculaires et vaso moleurs èt, dans certains cas, on pourra obtenir des résultats rapides par Ja simple cocaïno-adrénalisation des fosses nasales où de la muqueuse du rhino-pharynx (face antérieure du sphénoïde). Si cette méthode ne donne pas de résullat, on est autorisé à instiluer une thérapeutique par les vaso-dilatateurs.

L’acétylcholine a donné, dans certains cas, des résultats favorables. Peut-être. son emploi plus fréquent donnerait:il lieu à des observations de guérison rapide dans les cas où l’on attribue la névrite rétro-bulbaire à un spasme d’une artère nourricière.

La simple saignée, elle-même, pourrait même avoir une aclion décongestionnante locale qui pourrait faire cesser le spasme,

Enfin, on assurera toujours l’antisepsie du cavum, soit par des pulvérisations, soit par irrigation nasale {avec solution saline) de façon à réaliser en même temps un véritable drainage physiologique des sinus. Ces lavages doivent être faits avec certaines précautions. La solution doit pénétrer par la narine du côté sain et ressortir par l’autre (lavage circulaire) pour ne pas risquer de disséminer l'infection. La pression doit être assez faible (40 à 5o centimètres d’eau).

Lorsqu'il n’exisle aucun signe et qu'on ne trouve aucune aulre cause possible, que toutes les thérapeutiques simples ont échoué, on pourra conseiller une intervention sur le sinus postérieur (ce procédé étant généralement inoffensif lorsqu'il est pratiqué prudemment, à froid, par des mains exercées).

Nous rappellerons, pour mémoire, le cathétérisme élargi et nous insisterons sur la trépanation. Elle réalise une large ouverture par résection de la paroi sinusienne endo-nasale.

Deux procédés sont employés :

La voie endo nasale directe, procédé simple, facile. C’est un temps de plus que le cathétérisme élargi. On le pratique, soit au crochet, soit à la fraise ou à la pince, enfin à la gouge et à la curélte.

La voie endo-septale, voie de la cloison, a été définie par Hirsch et Ségura, utilisant Îles données de Killian et l'opération de résection sous-muqueuse de la cloison,

A côté de ces interventions dirigées uniquement sur le sphénoïde, on peut pratiquer une opéralion sphénoethmoïdale combinée.

Sans insister sur la voie exo-nasale trans-ethmoïdale (défendue par Cheval, par Benoist), on entreprendra plus souvent une opération par voie endo-nasale transethmoïdale : la classique voie des cornets. |

Dans celle-ci, on pratique successivement, sous anesthésie locale :

— ja résection du cornet inférieur {si besoin) ;

— la résection totale ou partielle du cornet moyen ; |

— l’exentération du labyrinthe ethmoïdal antérieur et postérieur ;

— la trépanation de l’antre sphénoïdal.

C'est, avec l’opération de Ségura, l’opération la plus fréquemment employée.

Nous n’insisterons pas sur les détails techniques et opératoires, renvoyant aux traités d’oto-rhino-laryngologie, et en particulier au travail de MM. Canuyt et Terracol.

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