BRANCHES POSTÉRIEURES DES NERFS SPINAUX
(Rami posleriores nervorum spinalium.)
(Prancues LXVI et LXVII.)
Préparation, — Le sujet étant couché sur le ventre, le dos et le cou fortement tendus par deux billots de grosseur différente, placés l’un sous l’abdomen, l’autre sous la poitrine : 1° divisez la peau le long des apophyses épineuses, depuis la voûte du crâne jusqu’au sommet du coccyx; 2° détachez la peau de l’aponévrose de dedans en dehors pour le dos et les lombes, de bas en haut pour le cou et la tête. À mesure que vous vous éloignez de la ligne médiane, ayez soin de ménager avec l'aponévrose la couche cellulo-adipeuse ; cela fait, découvrez les nerfs cutanés ramifiés sur la surface aponévrotique, depuis leur perforation de l’aponévrose jusqu’à leur épanouissement dans la peau.
Pour suivre ces mémes nerfs de la superficie vers la profondeur, et mettre a découvert en méme temps les branches musculaires, détachez de leurs insertions externes les muscles trapèze, grand dorsal, rhomboide, dentelés postérieur, supérieur et inférieur; renversez-les de dedans en dehors, jusqu'à ce que
BRANCHES POSTÉRIEURES DES NERFS SPINAUX. 325 vous ayez reconnu le passage des nerfs, alors vous les renverserez du côté opposé, où vous les couperez au niveau de leur perforation. Disséquez les deux portions du splénius, détachez les nerfs de sa face profonde (plexus cervical superficiel postérieur), laissez-les appliqués sur la partie inférieure du grand complexus et coupez l'insertion mastoidienne du splénius. Le petit complexus doit être renversé en dehors, le grand complexus échancré vers sa partie moyenne, afin de mettre à nu le plexus cervical postérieur profond, placé d’une part entre le grand complexus et le transversaire épineux, d’une autre part entre les grands et petits droits et obliques postérieurs de la tête.
On doit aussi disséquer avec soin les muscles longs du dos; les nerfs traverversant plus ou moins la ligne cellulo-graisseuse qui sépare le sacro-lombaire du long dorsal, il convient de renverser le premier de ces muscles en dehors et le second en dedans, afin de mettre à nu les branches qui les animent et de suivre les nerfs depuis la ligne cellulo-graisseuse jusqu'aux trous de conjugaison postérieurs. Par l’ablation d’une portion du long dorsal et par le renversement en dedans du transversaire épineux, on découvrira les nerfs du dernier de ces muscles; enfin en échancrant une portion de la masse commune, on verra les anastomoses des nerfs sacrés entre eux.
Ces branches, émanées des cordons plexiformes qui font suite aux ganglions spinaux, auxquels viennent aboutir les racines antérieures et postérieures, se distinguent par l’uniformité de leur disposition, de manière qu on peut les étudier toutes en même temps sur le même sujet et au moyen d'une seule et même préparation.
Elles se dirigent de dedans en dehors et d’arriére en avant, et aleur sortie des trous de conjugaison, elles sont séparées des branches antérieures par les ligaments transverso-costaux supérieurs. A partir de leur origine, ces branches se portent obliquement entre les muscles profonds de la région postérieure du tronc, et se divisent en rameaux musculaires et en rameaux cutanés ou musculo-cutanés. Les branches
postérieures sont remarquables par la brièveté de leur trajet, comparé à celui des branches antérieures , et par leur volume ordinairement inférieur, à quelques exceptions près, à celui de ces dernières. Elles ne forment pas de plexus, si ce n’est toutefois une sorte d’entrelacement situé à la région cervicale, et appelé plexus par quelques anatomistes ; enfin elles n’ont aucune communication ni avec le grand sympathique, ni avec les nerfs crâniens,
Nous allons les étudier successivement dans les quatre régions cervicale, dorsale, lombaire et sacrée.