MEMBRANES FIBREUSES
Les faisceaux de fibres qui constituent son tissu sont réunis en tranches ou lames superposées, dont le nombre a été porté à 8 ou 10; mais une telle évaluation nous paraît purement arbitraire, Les lames, en effet, présentent entre elles d’intimes connexions, elles s’entrecroisent au moyen de quelques-unes de leurs fibres, et lorsqu'elles sont rendues visibles par la macération, on ne peut guère qu'artificiellement les isoler les unes des autres.
Bowmann soutient qu’il existe entre les lames de petits intervalles remplis de fluide, et qu'il appelle tubes de la cornée (corneal tubes). Cependant, ces tubes, ainsi que les lames que nous venons de mentionner, paraissent n'être que des produits artificiels. Les lamelles sont constituées par des fibres transparentes de 0"",002 de largeur. Ces fibres rectilignes, un peu ondulées, et formant des faisceaux entremélés dans chaque lamelle, se dirigent d’une lamelle à l’autre, en se confondant avec celles de la sclérotique, dont elles ne constituent qu'une modification.
Le liquide dont la cornée est pénétrée est transparent, albumineux, suinte sous les efforts d’une simple pression, et se coagulant par l’action de lalcool ou de la chaleur, communique à la membrane un aspect blanc laiteux; la disparition de ce liquide la rend également opaque. La coction, l'immersion dans l’eau, augmentent considérabiement le volume de la cornée et troublent son apparence. C'est à une infiltration séreuse entre ses lames qu’on doit attribuer l'apparence blanchâtre qu’elle acquiert dans certaines ophthalmies.
Les anatomistes allemands, parmi lesquels on peut citer Müller et Kolliker, considèrent la cornée comme très-rapprochée du tissu conjonctif. D'après Külliker, cette analogie est fondée principalement sur les considérations suivantes :
a. Les éléments de la cornée, parvenus vers sa circonférence, se continuent sans interruption avec les fibres de la sclérotique.
b. Virchow a démontré le premier que, dans la cornée transparente comme dans la sclérotique se trouvent des cellules ou des corpuscules étoilés, dont les prolongements ramifiés se joignent entre eux et forment un réseau, La seule différence qui existe entre le tissu conjonctif propreet la couche fibreuse de la cornée serait, d'après Müller, leur différente manière d’être après la coction. En effet, la cornée transparente se transforme, après la coction, en chondrine, et non pas en gélatine, comme cela a lieu dans le tissu conjonctif.
3° Couche séreuse (membrane de Descemet ou de Demours. — Elle est appliquée à la face concave de la cornée, qu'elle sépare de
l'humeur aqueuse. Libre et lisse en arrière, elle est rugueuse en avant, où elle adhère à la lame la plus profonde de la couche fibreuse.
Sous le point de vue de la structure, Külliker la considère comme étant composée de deux lames distinctes : la première, élastique (/amina elastica posterior), adhère lachement à la cornée, et constitue la membrane de Descemet ; la seconde se compose de l’épithélium qui tapisse la surface interne de cette membrane.
La lame élastique, ou membrane de Descemet, est transparente comme du verre, dépourvue de texture, facile à déchirer, et tellement élastique que, après l’avoir isolée, au moyen de la coction ou de la macération dans un liquide alcalin, elle se roule sur son axe, et tou- Jours dans la direction d’arrière en avant.
L’épaisseur de la membrane de Descemet est de 0"",014 à 0"®,045. Parvenue à la circonférence de la cornée, la membrane de Descemet se divise en différentes fibrilles élastiques, dont une partie se réfléchit sur la surface antérieure de l'iris, en y formant un ligament pectiné (ligamentum pectineum de Hueck), qui s’y perd, et dont l’autre se rend au ligament ciliaire (muscle tenseur de la choroïde) et dont la dernière, enfin, parvient au sinus circulaire.
Quant à la couche épithéliale de la membrane de Descemet, elle se compose d’un épithélium pavimenteux qui se termine sur la couche postérieure de l'iris.
Vaisseaux. — Müller et Henle ont démontré que la cornée du fœtus est pourvu d’un très-riche réseau vasculaire. Il paraît cependant que, au fur et à mesure qu'on se rapproche de l’époque de la naissance, ces vaisseaux s’atrophient, de manière que, plus tard, la cornée possède seulement, au voisinage de la circonférence, un réseau capillaire de 4 millimètre de largeur.
Roémer, de Vienne, a injecté sur un ceil humain, sain, un réseau capillaire qui recouvrait toute la cornée : vraisemblablement, toutefois, c’est là un cas exceptionnel, et qui, pour cette raison, ne peut servir de preuve à l'existence de vaisseaux sanguins dans la cornée.
En général, ces vaisseaux sont extraordinairement délicats, et accompagnent probablement les ramuscules nerveux, comme on peut complétement s’en convaincre chez les animaux, Quant aux vaisseaux lymphatiques de la cornée transparente, nous ne pouvons nous pro-
USAGE DE LA CORNÉE TRANSPARENTE. 435 noncer d’une manière décisive sur leur existence, quoique Külliker prétende les avoir vus chez le chat.
Nerfs. — Schlemm, le premier, a décrit les nerfs de la cornée. D’après cet habile anatomiste, ils proviendraient des nerfs ciliaires, et après avoir traversé la sclérotique, se rendraient dans la couche fibreuse de la cornée.
D’après le même auteur, le nombre de ces nerfs, chez l’homme, serait assez distinct sur la circonférence de la cornée, et se composerait de vingt-quatre à trente-six filaments de diverse grosseur, lesquels ont rarement un volume plus considérable que 0"",55.
Ces nerfs formeraient de nombreuses anastomoses et des divisions, en s'étendant sous forme de réseau nerveux à mailles très-larges, sur toute l’étendue de la cornée transparente. Ces filaments nerveux auraient cette particularité remarquable qu’ils posséderaient, surtout près de la circonférence de la cornée, dans une étendue de 4 à 2 millimètres, des tubes à contours minces, tandis que, dans le reste de l'étendue de la cornée, ces nerfs se composeraient d’enveloppes sans substance médullaire, entièrement vitreuses, transparentes, et d’un diamètre de 0"",001 à 0"",00?. Par suitede cette disposition, les rayons lumineux pénétreraient sans aucun obstacle dans cette membrane.
USAGES
La cornée, comme la sclérotique, détermine la forme de I’ wil ; mais ces usages ne sont pas seulement relatifs à la protection et à la contention des parties qu'elle recouvre : par sa transparence, son épaisseur et sa densité, elle concourt directement à l’accomplissement des fonctions visuelles. Elle livre passage aux rayons lumineux, les réfracte et les rassemble au devant de la pupille, et, sous ce rapport, reste en étroite liaison avec l'humeur aqueuse. Par suite de sa convexité, la cornée, conjointement avec cette humeur, constitue comme un seul et même système à surface courbe, tournée en avant.
Ainsi donc, la direction des rayons lumineux dépend aussi bien de la courbure que de la réfraction commune. Chaque rayon lumineux qui traverse la cornée et s’y réfracte, se rapproche de l’axe antéro-postérieur de l’œil, et parvenu à l'humeur aqueuse, ne change plus sa direction.
Tous les rayons lumineux qui traversent la cornée transparente et la chambre antérieure de l’œil, ne contribuent pas au phénomène de la vision. Leur plus grand nombre, arrivé à la face antérieure du
voile obscur, l'iris, qui s'étend derrière la cornée, se réfléchit en dehors, et traverse, dans la direction opposée, la chambre antérieure de l'œil et la cornée transparente.
Sa convexité plus ou moins prononcée, en augmentant ou en diminuant le pouvoir réfringent de l'œil, devient une des causes de la myopie ou de la presbytie. f
Il, — MEMBRANES VASCULAIRES.
1° Choroïde.
3 (Choroidea.)
(Praxcne LXXIX. )
Préparation. — Figure 1. — Incisez la sclérotique, comme on l’a indiqué dans la planche précédente, et renversez les deux lambeaux de chaque côté, pour découvrir les nerfs ciliaires rampants cntre la sclérotique et la choroide. Echancrez cette dernière membrane, pour mettre à nu la rétine ; enfin l’ablation d’une portion de celle-ci permet de voir plus profondément le corps vitré et le cristallin. Une section verticale montrera l’épaisseur de la cornée ct de l'iris.
Ficture 2. — Sur la face antérieure du globe oculaire faites une section médiane et verticale d’une portion de la sclérotique et de la cornée, et enlevez un des lambeaux, de manière à mettre à nu l'iris, la pupille, le cercle ciliaire et la choroïde. L’ablation d’une partie de l'iris vous montrera les procès ciliaires placés derrière cette cloison.
Ficure 3. — Partagez le globe oculaire en deux moitiés, l’une antérieure, l’autre postérieure, et étudiez sur la face postérieure de la moitié antérieure le corps et les procès ciliaires ainsi que la face postérieure de l'iris.
Ficure 4. — Injectez les artères ciliaires de l’œil d’un fœtus âgé de trois ou quatre mois, et découvrez le réseau vasculaire de la membrane pupillaire.
Ficures 5, 6 et 7. — Découvrez la rétine par l’ablation de la sclérotique et de la choroïde.
La choroide est une membrane en grande partie vasculaire, placée à l'extérieur de la rétine, et qui s'étend depuis le pourtour de la lame criblée jusqu’à la circonférence antérieure de la sclérotique dont elle double toute la surface intérieure. Elle est mince et peu consistante ; son épaisseur, qui surpasse celle des autres membranes plus profondes, décroit d’arrière en avant jusqu'au voisinage de lextrémité antérieure où elle augmente brusquement et devient plus considérable qu'en toute autre région; au pourtour de l'entrée du nerf optique, elle est à peine de 0"",2. La grande quantité de substance ferrugineuse qu'elle renferme lui donne un poids peu en rapport avec sa minceur extrême : l'œil ne pèscrait que treize fois plus que la choroïde, d'après Huschke.
CHOROIDE. 437
Surface extérieure de la choroide. — Convexe, légèrement rugueuse, d’un brun noiratre et brillant, elle est parsemée d’un nombre considérable de stries tourbillonnées qui sont dues aux flexuosités des vaisseaux veineux choroïdiens (vasa vorticosa). Elle répond à la concavité de la sclérotique, à laquelle elle adhère lâchement et dont elle est séparée par du tissu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs.
D'après Kôlliker, cette adhérence serait tellement intime qu’en séparant l’une de l’autre ces deux membranes, une partie de la choroïde resterait toujours attachée à la sclérotique.
Surface intérieure. Lisse, concave, et tapissée par la rétine, elle est libre de toute adhérence; elle présente des stries analogues, quoique moins visibles, à celles de la surface extérieure et une couleur noirâtre beaucoup plus foncée. Gette couleur n’a pas partout la même intensité; elle diminue d'avant en arrière, où elle semble manquer presque entièrement ; de sorte que la surface intérieure de la choroïde, très-noire dans la majeure partie de son étendue et surtout en avant, prend dans la région postérieure une teinte brune qui devient de plus en plus claire et qui se termine par un cercle blanchâtre autour du nerf optique.
En arrière, la choroïde, selon quelques anatomistes, se continuerait avec les éléments du nerf optique et émanerait de l'enveloppe que fournit à celui-ci la pie-mère ; pour d’autres anatomistes, elle offrirait une ouverture circulaire à rebord libre et épais, qui livrerait passage à la pulpe de ce nerf. Enfin on a voulu voir en cet endroit une disposition analogue à celle que nous avons signalée à l'occasion de la sclérotique, une lame criblée, traversée par les filets nerveux qui vont constituer la rétine. La divergence de ces opinions prouve suffisamment de combien de difficultés on est entouré lorsqu'on cherche a s'assurer du mode de terminaison de la choroïde. Quoi qu’il en soit, elle nous a toujours paru tenir fortement à la sclérotique au pourtour du crible ; mais qu'il y ait là une simple adhérence ou une continuité de tissu, c’est une question que nous n’oserions résoudre.
En avant, la choroïde s’unit solidement au pourtour de la face interne de la sclérotique et présente, avons-nous dit, une épaisseur considérable, eu égard à celle de ses autres parties. Dans cet endroit, en effet, la choroïde augmente circulairement de volume et prend le nom de corps ciliaire, composé lui-même de deux segments, dont l'un superficiel, épais, grisâtre, est le cercle ciliaire appelé aussi muscle tenseur de la choroide, et dont l'autre, profond, placé un peu en
arrière du précédent, constitue les procès ciliaires, dont l’ensemble forme la couronne ciliaire de la choroïde.
Structure. — Quand on sépare la sclérotique de la choroïde, on aperçoit entre ces deux membranes un grand nombre de fibres dont la réunion constitue une pellicule qui se déchire alors avec facilité et peut être enlevée sous forme de lambeaux d’une excessive ténuité. Cette pellicule (swpra choroidea), formée de tissu cellulaire de globules pigmentaires et même de fibres musculaires d’après quelques anatomistes, a été regardée à tort comme le feuillet interne d’une membrane séreuse (/amina fusca) dont nous avons apprécié la nature du feuillet externe à propos de la sclérotique. Les fibres qui la constituent recouvrent toute la surface extérieure de la choroide, à laquelle elles communiquent l’aspect brunâtre et tomenteux que nous y avons constaté ; peu nombreuses en arrière, elles deviennent encore plus rares vers le milieu de cette surface, tandis qu’au niveau du bord antérieur de la choroïde, elles se multiplient considérablement et entrent pour beaucoup dans la formation du ligament ou cercle ciliaire.
En dedans de cette lamelle cellulo-musculaire se trouve la couche qui constitue essentiellement la choroïde. Elle est composée de filets nerveux, de tissu cellulaire et d’une multitude de ramifications artérielles et veineuses diversement contournées. Ces différentes parties, en s’unissant, constituent une trame dont les nerfs occupent la superficie, etles vaisseaux la profondeur. Les nerfs, aplatis, parallèles, se dirigent d'arrière en avant vers le ligament ciliaire, qu'ils pénètrent après s'être bifurqués, et continuent ensuite à se diviser dichotomiquement ; les vaisseaux suivent la même direction, tout en décrivant de nombreuses flexuosités, et se placent de manière que les veines soient en général plus superficielles que les artères, sans toutefois se superposer en deux plans distincts, comme l’ont pensé quelques anatomistes, La surface intérieure de cette membrane cellulo-vasculaire est revétue par une couche très-adhérente de substance d'une nature particulière et d’une couleur plus ou moins foncée, selon les individus. Des cellules polyédriques analogues aux cellules épithéliales, et des granulations globuleuses noires, à reflet métallique, sont les éléments constituants de cette couche appelée le pigment de l'œil. Les globules pigmentaires manquent presque entièrement en arrière, où ils laissent un espace blanchâtre autour du nerf optique; ils augmentent à partir de ce point jusqu’à l'extrémité antérieure de la choroide; là ils sont accumulés en grande quantité, de sorte que la surface qu'ils recouvrent présente une coloration d'autant plus foncée qu’on l’examine plus près
USAGES DE LA CHOROIDE. 439 des procès ciliaires. Le pigment n’occupe pas seulement la partie intérieure de la choroide, il est aussi répandu, mais en bien moindre proportion, sur la surface extérieure et dans l'épaisseur du réseau cellulo-vasculaire. I] offre chez les blonds une nuance moins foncée que chez les bruns ; dans les yeux des albinos les granulations pigmentaires disparaissent complétement. En haut et en dehors de l'entrée du nerf optique ou remarque, chez certains animaux, une belle couleur bleu d’azur qu'on nomme le tapzs. Quelques autres particularités de structure de la choroïde seront développées dans l’article consacré à la description des vaisseaux et nerfs de I ceil.
En général, la plupart des auteurs admettent que la choroide est composée de trois couches concentriques :
1° La couche externe, qui se trouve immédiatement en dedans de la sclérotique, est la plus épaisse, et se compose des vaisseaux les plus volumineux de la choroide, de petites artéres et de petites veines, réunies par un tissu conjonctif embryonnaire, dans lequel se rencontrent des globules pigmentaires étoilés et des fibres musculaires.
2° La couche moyenne, placée en dedans de la précédente et appelée également membrane de Ruysch, se compose d’un tissu homogène, renfermant un réseau capillaire vasculaire, et complétement dépourvu de pigment.
3° La couche la plus interne est formée d’un pigment noir appelé tapetum ou pigmentum nigrum, et de cellules hexagonales pourvues de noyaux transparents et remplies de globules de pigment.
Chez les albinos, les globules n’existent point; et les cellules constituent une couche d’épithélium pavimenteux.
D’après Külliker, la choroide se composerait : 4° d’une couche externe, épaisse et vasculaire, ou choroïde proprement dite, et 2° d’une couche interne d’une coloration noire ou le tapis.
Kôülliker subdivise la première de ces couches en trois couches secondaires, dans lesquelles il admet encore, indépendamment des vaisseaux et des nerfs, un tissu propre semblable au tissu élastique, et un stroma composé de cellules de différentes espèces.
USAGES
Outre les usages qui sont inhérents à sa nature essentiellement vasculaire, la choroide, par l’enduit noirâtre de sa surface interne, assure la netteté des images et éloigne les causes d’éblouissements de l'œil par excès de lumière, En effet, si les rayons lumineux
qui ont cléjà frappé la rétine n'étaient pas absorbés par la choroide, réfléchis de nouveau, ils troubleraient les images, et en s’ajoutant aux autres rayons qui arrivent dans l’œil, ils impressionneraient trop vie vement la membrane nerveuse.
CORPS CILTAIRE.
(Corpus ciliare. )
Le corps ciliaire constitue la partie antérieure de la choroide, et offre en dehors le igament ciliaire où mieux le muscle tenseur de la choroïde, et en dedans les procès ciliaires dont l’ensemble constitue la couronne ciliaire.
I. Muscle tenseur de la choroide (ligament ciliaire de quelques anatomistes ou ganglion annulaire de Semmerring). — Ainsi appelé depuis que Bowman et Brücke y ont découvert des fibres musculaires, il constitue une bandelette annulaire, légèrement prismatique, grisatre, épaisse d'environ À millimètre, large de 2 ou 3 millimètres, et placée à l'extrémité antérieure et externe de la choroide, dont nous avons vu qu'elle est une dépendance. Le muscle tenseur de la choroide présente de nombreuses connexions. Sa face externe la plus étendue, convexe, dirigée en avant et en dehors, est unie à la surface interne de la sclérotique ; sa face interne et postérieure répond à la couronne et aux procès ciliaires ; sa petite circonférence, ou son bord antérieur, tient à l'iris et se fixe au rebord de la cornée; la grande circonférence, ou son bord postérieur, reçoit les nerfs ciliaires et se continue avec la couche superficielle de la choroïde.
Entre la sclérotique, la cornée et la partie antérieure du cercle ciliaire, se trouve un petit conduit circulaire qui ne renferme presque jamais de sang sur le cadavre, mais qui paraît être le réceptacle d'un canal veineux ; c'est ce que nous avons déjà désigné plus haut sous le nom de sinus circulaire veineux (canal de Schlemm, de Fontana ou de Hovius.
Structure. — D'après de nouvelles recherches microscopiques, les fibres musculaires qui entrent dans la composition du muscle tenseur de la choroide, sont des fibres lisses qui ont une direction radiée ; elles prennent naissance sur le côté interne du sinus veineux circulaire (canal de Fontana), et sont en connexion, en arrière, avec la sclérotique, et en avant, avec le réseau formé par les extrémités des fibres élastiques de la membrane de Descemet et de Demours. La terminaison du muscle tenseur de la choroide a lieu autour de la partie anté-
CORPS CILIAIRE. AMA rieure des procès ciliaires. En outre, H. Müller a démontré qu'une partie de ces muscles irait à la grande circonférence de l'iris.
Indépendamment des fibres musculaires organiques, le musele tenseur de la choroïde renfermerait aussi du tissu conjonctif, des vaisseaux et des nerfs.
Le tissu conjonctif constitue la continuation de la couche conjonctivale ou cellulaire de la choroïde qui acquiert en cet endroit une grande épaisseur. Les vaisseaux, peu nombreux et placés profondément, proviennent des ramifications des vaisseaux ciliaires.
Les artères ciliaires antérieures traversent les fibres du muscle tenseur de la choroïde, pour se rendre ensuite dans l'iris. Les nerfs, formés par de nombreuses anastomoses des nerfs ciliaires, constituent un plexus dans les mailles duquel Bochdalek, le premier, a constaté l'existence des globules ganglionnaires.
D'après ce rapide exposé de la structure du muscle ou cercle ciliaire il est aisé de se rendre compte des différentes opinions que se sont formées les anatomistes sur sa nature et ses usages. Sans entrer à cet égard dans des détails qui ne peuvent trouver place ici, nous dirons qu'on en a fait tour à tour un plexus nerveux, un renflement tendineux et glanduleux, un moyen d'union et d'appui pour les parties mobiles de l’intérieur de l'œil, et un muscle qui, d’après son usage, a été désigné sous le nom de muscle tenseur de la choroide.
Les globules ganglionnaires qu'on y a remarqués, la grande quantité de nerfs qui le traversent et la manière dont ils se comportent, l'ont fait ranger, par Sœmmering et d’autres anatomistes, au nombre des ganglions nerveux; mais les vaisseaux sanguins et le tissu cellulaire qu'il renferme, et surtout absence complète de globules ganglionnaires que j'ai constatée au microscope, de concert avec M. Ch. Robin, ne me permettent pas de l’envisager comme un ganglion : ses attributions, conime sa structure, me paraissent complexes.
WH. Proces ciliarres (plis ciliaires, rayons ciliaires). — Ge sont de petits prolongements falciformes, rayonnés, accolés les uns aux autres et disposés en couronne au devant du corps vitré et de la rétine, en arrière de l'iris et du cercle ciliaire, L'ensemble de ces prolongements forme un disque annulaire appelé couronne ciliaire.
Les procès ciliaires sont au nombre de soixante à soixante-dix ; il y en a de petits et de grands : ceux-ci ont une longueur de 2 millimètres et demi ou 3 millimètres, une hauteur de 1 millimètre et une largeur de 0,1 millimètre, et laissent entre eux un intervalle occupé par les petits. [ls augmentent de volume d'arrière en avant, se pressent de
plus en plus les uns contre les autres, et deviennent très-saillants au niveau de l'iris, derrière lequel ils se terminent.
On peut leur considérer deux faces, deux bords et deux extrémités. Les faces, placées à droite et à gauche, sont contigués les unes aux autres. Le bord antérieur est libre et convexe, il répond à l'iris et au muscle tenseur de la choroïde ; le bord postérieur, concave, est appliqué sur la rétine et la membrane hyaloïde desquelles il est séparé par la couronne ciliaire de Zinn. L’extrémité interne et antérieure, renflée, flottante dans la chambre postérieure, est libre en arrière, mais couvre un peu la circonférence de la capsule cristalline et s’unit en avant avec l'iris.
Le tissu des procès ciliaires est pourvu d’une grande quantité de veines ; il est d’ailleurs, comme celui de la choroïde, éminemment vasculaire. Le pigment qui recouvre les procès ciliaires est composé de cellules hexagonales ayant de l’analogie avec celle de la face interne de la choroïde. Il est très-abondant en arrière et dans leur intervalle, et manque presque entièrement sur leur bord et leur extrémité libre. Sur cette couche de pigment se trouve une seule couche de cellules polygonales possédant un noyau et une substance granuleuse : elle est regardée par quelques auteurs comme une dépendance de la rétine. En outre, à sa face interne, se trouverait une membrane très-mince, homogène, qui serait la continuation de la membrane qu'on appelle membrane délimitante de Pacini, sur laquelle nous nous arrêterons particulièrement à propos de la rétine. Lorsqu’on détache le corps ciliaire en enlevant la choroide, il reste sur la partie antérieure de la membrane hyaloide un disque noir de la forme et de la grandeur de ce corps et présentant des stries saillantes qui correspondent aux intervalles des procès ciliaires : c’est la zone ciliaire de Zinn, décrite dans certains ouvrages comme un organe distinct, mais qui ne serait, pour quelques anatomistes, qu’une simple empreinte de la matière pigmentaire. À
Artères.— Les artères ciliaires postérieures courtes naissent de l’artère ophthalmique par deux troncs, et de quelques autres branches collatérales de cetteartère. Après s'être divisées en nombreux rameaux, ces artères traversent, au nombre de quinze à vingt, la partie postétérieure de la sclérotique, autour du nerf optique, et parviennent ainsi à la choroïde. De là, elles se rendent parallèlement en avant aux par-
IRIS. Ab3 ties situées le plus en dehors. Elles se divisent souvent dichotomiquement, en fournissant le long de leur trajet de nombreux ramuscules au réseau capillaire de la couche moyenne de la choroïde, et se terminent finalement dans les procès ciliaires et dans l'iris. Les ramuscules artériels des procès ciliaires, parvenus aux bords de ces derniers, se divisent en nombreux ramuscules plus gréles qui se rendent parallèlement à l'extrémité libre des procès ciliaires, où ils s'épanouissent en un réseau capillaire trés-épais formant la partie constituante essentielle de ces prolongements. De ces réseaux sortent les radicules veineux qui parcourent le bord libre des procès ciliaires et aboutissent aux réseaux veineux tourbillonnés. Tous ces vaisseaux s'unissent entre eux au moyen d’un tissu conjonctif lâche, mais qui disparaît complétement autour du réseau capillaire. A cet endroit, en effet, nous rencontrons seulement une substance vitreuse homogène, remplie de nombreuses jeunes cellules.
Les branches artérielles de la choroide, qui sont placées le plus en dehors, deviennent de plus en plus minces, par suite de leurs nouvelles subdivisions, et n’entrent toutefois dans la composition d'aucun réseau vasculaire, mais se recourbent à une certaine distance du muscle tenseur de la choroïde, et se confondent directement avec les faisceaux veineux tourbillonnés.
Veines. — Celles-ci proviennent du réseau capillaire de la membrane ruyschienne. Parvenues à la surface externe de la choroïde, ces veines s’anastomosent sous forme tourbillonnée, dans quatre points différents, en formant ainsi le faisceau veineux tourbillonné (vasa vorticosa). De chaque faisceau sort une veine qui traverse la sclérotique, à l’entrée du nerf optique, et se rend à la veine ophthalmique.
Nerfs. — Les nerfs de la choroïde que Bochdalek a décrits le premier naissent des nerfs ciliaires, et accompagnent les artérioles.
2° Iris.
(Membrana iris.)
L'iris est cette membrane qui, suspendue verticalement entre la cornée et le cristallin, forme avec la première un espace rempli par l'humeur aqueuse et appelé improprement chambre antérieure. A sa partie centrale est pratiquée une ouverture destinée au passage des rayons lumineux et nommée pupille. Fixé seulement par sa circonférence extérieure, l'iris s'étale à la manière d’une cloison, libre de toute adhérence. Sa forme ne saurait être mieux comparée qu’à celle
Ahh ANATOMIE DU SYSTEME NERVEUX.
d'un disque circulaire, mince et perforé au milieu. La largeur de cette membrane varie avec la grandeur de son ouverture, elle est en raison inverse de celle-ci et toujours en rapport direct avec le diamètre du cercle ciliaire ; son épaisseur surpasse un peu celle de la choroide; elle diminu de la circonférence au centre.
On considère à l'iris deux faces, l’une antérieure, l’autre postérieure; et deux circonférences, l’une extérieure et l'autre intérieure, qui limite l'ouverture nommée pupille ou prunelle.
Face antérieure. — Elle apparaît à travers la cornée avec cette diversité de nuances qui lui a mérité le nom d’érés. Elle est plane ou convexe, suivant la manière de voir des auteurs, d’un aspect rugueux et comme crevassée, et présente une multitude de stries radiées, saillantes, qui partent du bord extérieur et vont se perdre au niveau de la pupille; rectilignes pendant la contraction de la pupille, elles deviennent, à mesure que celle-ci se dilate, de plus en plus flexueuses. Deux zones concentriques se partagent cette surface et différent entre elles de teinte et d’étendue ; l’interne, moins large, est ordinairement d’une teinte plus foncée que l’externe. La face antérieure de l'iris revêt les couleurs les plus variées; elle offre presque toutes les nuances du noir, du vert, du bleu, et peut même quelquefois être colorée d’une manière différente dans les deux yeux. En général, elle est d'une nuance claire chez les blonds et d’un brun plus ou moins foncé chez les individus à cheveux noirs. Certains états pathologiques influencent Ja couleur de Viris : ainsi, dans l’ictère, elle devient légèrement jaunâtre ; dans la syphilis, elle prend une teinte rouge cuiyrée.
Face postérieure. — Appelée également wvée, elle est sillonnée par des lignes radiées analogues à celles de la face antérieure, mais a une configuration inverse. Placée au devant du cristallin, recouverte vers sa grande circonférence par les procès ciliaires, cette face est enduite d’une épaisse couche de pigment qui se continue avec celui de la choroide par les intervalles des procès ciliaires. Lorsque le pigment a été enlevé, elle est d'un aspect lisse et blanchatre.
Grande circonférence ou bord extérieur. —X1 est enchâssé dans une rainure circulaire comprise entre les procès ciliaires qui sont en arrière, et le muscle tenseur de la choroïde placé en avant ; et il est fixé dans cette rainure par des vaisseaux et des nerfs assez nombreux, ainsi que par des fibres élastiques appartenant à la membrane de Descemet, et décrites par Bowman sous le nom de piliers de Pris. Nonobstant la multiplicité de ces moyens de fixité, l'union que cette circonférence contracte avec ces parties est si faible qu'il suffit, pen-
IRIS. AMS dant la vie, dun violent ébranlement imprimé à l’œil pour déterminer un décollement partiel de l'iris. C’est sur ce peu d’adhérence quest fondée l'opération de la pupille artificielle par décollement de l'iris.
Petite circonférence, ou bord intérieur..— Parfaitement circulaire chez l’homme, il détermine les limites de la pupille. Ordinairement lisse, il présente quelquefois de petites dentelures d’une longueur variable qui peuvent persister ou disparaître au bout d’un certain temps, selon qu’elles constituent une anomalie ou qu’elles tiennent à un état morbide. Le centre de la pupille ne correspond pas au centre de l'iris, il est plus rapproché du côté interne que du côté externe ; le diamètre de cette ouverture varie continuellement par suite des mouvements alternatifs de contraction et de dilatation dont est agitée la petite circonférence : en moyenne, il est de 2 millimètres et demi à 3 millimètres. Sous l'influence d’une vive lumière la pupille se resserre ; dans l'obscurité, au contraire, elle se dilate considérablement ; certaines maladies, quelques préparations narcotiques, produisent aussi l’un ou l’autre de ces phénomènes.
Membrane pupillaire (membrana pupillaris Vachendor fit). — Pendant une grande partie de la vie embryonnaire, une membrane plane, transparente, trés-mince, obture l'ouverture de Piris : c’est la membrane pupillaire. Elle se composerait d'après la plupart des anatomistes, de deux lames dont la plus antérieure serait une dépendance de la membrane de Demours. Adossées l’une à l’autre, ces deux lames contiendraient dans leur intervalle beaucoup de vaisseaux sanguins qui sont le prolongement de ceax de l'iris, et s oblitérent au moment de la disparition de la membrane pupillaire : ces vaisseaux, qui s’unissent aussi avec ceux de la membrane capsulo-pupillaire, également propre au fœtus, et qui se rendent de la circonférence de la capsule du cristallin jusqu à la jonction de la membrane pupillaire avec l'iris, sont disposés en arcades à convexité centrale, et ne s’anastomosant pas dun côté à l’autre.
Cependant, quelques anatomistes, se fondant sur des recherches microscopiques, prétendent que la membrane pupillaire ne se compose pas de deux lames, mais d’une seule, formée des fibres s’entrecroisant dans toutes les directions, et renfermant des vaisseaux.
Vers le troisième mois de la vie intra-utérine, la membrane pupillaire commence à se montrer; au septième mois elle se déchire et disparaît complétement. On explique cette rupture par le redressement des anses vasculaires du centre vers la circonférence, redressement
h46 ANATOMIE DU SYSTÈME NÉRVEUX.
qu'on pourrait peut-être attribuer à l'influence de la circulation, devenue plus active à cette époque.
Structure. — Viris présente une grande analogie de structure avec la choroïde. Nous y trouverons, comme dans cette dernière tunique, du tissu conjonctif, des globules de pigment, beaucoup de vaisseaux et peu de nerfs; mais à ces différentes parties vient s’ajouter ici un nouvel élément qui préside a la contraction et à la dilatation de la pupille. On peut distinguer trois couches dans le tissu de l'iris : une postérieure ou pigmentaire, une antérieure ou séreuse, et enfin une moyenne, formée principalement de vaisseaux sanguins, de nerfs et de fibres musculaires.
La couche pigmentaire ou uvée se continue sans interruption avec celle du corps ciliaire et de la choroide. Cette couche épaisse de pigment renferme plusieurs plans superposés de cellules pigmentaires hexagonales, et serait recouverte, d'après quelques anatomistes, d’une membrane séreuse provenant de la membrane de Descemet ou de Demours. D’après les autres, cette membrane séreuse serait |’ épanouissement de la membrane délimitante de Pacini.
La couche séreuse est constituée par un simple plan d’épithélium pavimenteux qui se continue en avant avec l’épithélium de la membrane de Descemet ou de Demours.
Intimement unie à la couche moyenne dont elle revêt la face antérieure, elle ne peut en être détachée que chez certains animaux. Pour quelques anatomistes elle ne se terminerait pas au bord de la pupille, mais se réfléchirait à travers cette ouverture, et irait, sous forme d’une pellicule transparente, recouvrir la lame pigmentaire,
La couche moyenne est la plus épaisse; les fibres musculaires organiques qui entrent dans sa composition sont pâles, très-déliées, et disposées en faisceaux dont les uns sont rayonnants et les autres circulaires, Les faisceaux radiés (muscles dilatateurs de la pupille) se dirigent de la grande circonférence, au niveau de laquelle ils semblent s’insérer aux parois du canal de Schlemm et aux fibrilles élastiques terminant la membrane de Descemet, vers le bord pupillaire qu'ils n’atteignent jamais; ils se placent les uns à côté des autres en constituant un plan qui occupe les deux tiers externes de l'iris et qui répond à la grande zone colorée qu’on remarque sur la face antérieure. Les faisceaux circulaires (muscle constricteur de la pupille) sont concentriques; entrelacés et forment autour du bord interne une sorte de sphincter qui occupe l’espace limité par la petite zone colorées
Quant aux rapports réciproques de ces deux ordres de muscles, les
VAISSEAUX ET NERFS. 447 fibres rayonnées ne se terminent pas par des extrémités libres, mais se confondent insensiblement avec les fibres circulaires, en changeant seulement de direction.
C'est à l’action de ces muscles que sont dus le resserrement de la pupille sous influence d’une très-vive lumière, et sa dilatation dans l'obscurité. L'un ou l’autre phénomène peut être également provoqué par quelques maladies, ou par des agents narcotiques, tels que atropine.
Les fibres qui entrent dans la composition de ces deux muscles sont réunies entre elles par des vaisseaux et un tissu conjonctif qui a de l’analogie avec celui de la choroide, ce tissu existe également au devant des fibres radiées, et se trouve souvent parsemé de pigment contenu dans des cellules étoilées. Ce pigment réuni en grande quantité au devant de l’iris, d’une couleur brun foncé, est plus rare quand l'iris est d’un brun clair, et manque complétement dans l'iris des yeux bleus, dont la coloration provient de la membrane uvée qui se montre à travers la couche moyenne légèrement transparente de l'iris.
Quant aux taches roussâtres qu’on aperçoit sur cette cloison, elles dépendent des cellules pigmentaires isolées.
‘Les anciens avaient constaté ou du moins admettaient la nature musculaire de l'iris; mais c’est à Maunoir, de Genève, que nous en devons la première description. Cette opinion, diversement contrôlée pendant longtemps, a été confirmée définitivement par les observations d’un grand nombre d’anatomistes distingués. Des faits physiologiques, l'existence de nerfs moteurs dans l'iris, sont d’ailleurs autant de preuves qui militent en sa faveur. Aussi la plupart des physiologistes actuels font-ils dépendre les mouvements de l'iris de l’action d’un tissu musculaire et non pas de la turgescence de vaisseaux sanguins ou de la contraction des fibres cellulaires.
VAISSEAUX ET NERFS
Les artères iviennés proviennent des deux ciliaires longues postérieures, des ciliaires antérieures et de quelques ramuscules qui se portent directement des procès ciliaires dans l'iris:
Artères ciliaires postérieures lonques. — Elles sont au nombre de deux, une de chaque côté; elles proviennent de l'artère ophthalmique; traversent la sclérotique autour de l’entrée du nerf optique, se dirigent ensuite en avant entre la sclérotique et la choroïde, au niveau du dia:
mètre transverse de l'œil. Le long de leur trajet, les artères se contournent en pas de vis, et parvenues au corps ciliaire, chacune d'elles se divise; sous un angle aigu, en deux branches, lesquelles s’anastomosent avec celles du côté opposé et les artères ciliaires courtes, en formant un réseau circulaire nommé grand cercle de l'iris (cerculus tridis arteriosius major). De ce cercle émanent des artères de l'iris, et qui s’anastomosent, autour des procès ciliaires, avec les artères ciliaires postérieures courtes, De la circonférence de ce cercle, émergent également, indépendamment des ramuscules destinés au muscle tenseur de la choroïde, quinze à vingt branches onduleuses. Celles-ci pénètrent dans la profondeur de l'iris, et en s'y anastomosant, forment, à une certaine distance de la pupille, le petit cercle artériel de l'iris (c2rculus arteriosus iridis minor), de l'existence duquel MM. Sappey, Denonvilliers et Cusco semblent douter. Ils prétendent, en eflet, que, le plus souvent, se trouve seulement à cet endroit un petit réseau de vaisseaux capillaires provenant des anastomoses des artères et des veines.
Artères ciliaires courtes. — Trés-variables quant au nombre et au volume, ces rameaux artériels proviennent de l'artère lacrymale, de l'artère sus-orbitaire ou des arières musculaires. Elles perforent, chacune a part, la sclérotique, au niveau de la cornée transparente, traversent le muscle tenseur de la choroïde, en y laissant quelques ramuscules, et se terminent dans le grand cercle artériel de l'iris.
Vaisseaux capillaires. — Ces vaisseaux forment une espèce de réseau semblable à celui qu’offrent les muscles non striés ; ce réseau entoure les fibres musculaires organiques de cette membrane.
Veines. — Elles sont disposées, en général, comme les artères, et se rendent en partie, aux vaisseaux tourbillonnés (vasa vorticosa) , eu partie, forment les veines ciliaires postérieures longues qui accompagnent les artères de ce nom; d’autres enfin, se portent à la veine circulaire placée dans le canal de Schlemin, et de laquelle émanent des veines ciliaires antérieures qui s'unissent «suite aux veines musculaires de l'orbite.
M. Sappey, se basant sur ses propres recherches, contredit cette disposition des veines, généralement adoptée jusqu'à présent, et prétend que les veines ciliaires longues n'existent point, et qu'aucune veine de l'iris ne s’unit aux vaisseaux tourbillonnés.
D’après lui, toutes les veines perforent la sclérotique, et entrent dans la composition des veines ciliaires antérieures, qu'on peut appeler veines de l'iris.
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Nerfs. — Ils émanent du plexus ciliaire et se dirigent avec les vaisseaux vers la circonférence intérieure, où ils se termineraient par des anses d'inflexion; quelques anatomistes prétendent que ces nerfs sont très-nombreux, mais, contrairement à cette assertion, l'examen microscopique nous a décelé, à M. Ch. Robin et à moi, fort peu de nerfs dans lPiris:
Il existe encore dans cette couche moyenne des fibres de tissu cellulaire quiaccompagnent les vaisseaux et les nerfs et les unissententreeux. Ces fibres sont toujours flexueuses, qu’elles soient rayonnées ou circulaires, tandis que les fibres musculaires sont rectilignes et moins déliées.
Usages. — L'iris, par sa forme, sa disposition et son enduit noiratre, est comparable à ces diaphragmes qu'on place dans les instruments d'optique afin de régler la quantité de lumière qui doit y pénétrer. ‘Les rayons qui pourraient être réfléchis après avoir traversé la pupille sont absorbés par le pigment de la face postérieure, de sorte que celui-ci, de même que le pigment choroïdien, empèche le trouble de l’image et-assure la netteté de la vision. Le sesserrement et l'élargissement de la pupille ne paraissent pas étrangers à la faculté que possède l’œil de s’accommoder aux différentes distances.
D'après quelques physiologistes, cette contraction et cette dilatation de la pupille seraient indépendantes l’une de l’autre, par la raison que le muscle dilatateur appartiendrait aux fibres musculaires organiques, et serait sous l'influence de la portion cervicale du grand sympathique ; tandis que le muscle constricteur appartiendrait aux fibres musculaires de la vie animale, et serait sous la dépendance du nerf moteur oculaire commun.