FOSSES NASALES
(Cavitales narium.)
(Praxcne LXXXVL.)
Préparation. — Sciez la base du crâne, d'avant en arrière, tout près de la partie moyenne et sur les côtés de l’apophyse crista-galli, de manière que la scie passe à côté de la cloison sans l’endommager, et vous obtiendrez les parois externe et interne des fosses nasales, représentées par les figures 1Neta2:
Enlevez les cornets supérieur et moyen ainsi que la lame plane qui est formée par la réunion de ces deux cornets, échancrez la partie antérieure du cornet inférieur, et vous met{rez à nu les cellules ethmoïdales, les sinus et le canal nasal, tels qu'ils sont représentés par la figure 3.
Les mêmes cellules et les mêmes sinus seraient à découvert par l’ablation de l'os planum de l’ethmoide et par une section perpendiculaire et antéro-postérieure pratiquée sur le côté externe de la face, depuis la voûte de l'orbite jusqu’au milieu des alvéoles, ainsi qu'on le voit figure 4.
Enfin on complétera la préparation des fosses nasales en exécutant une coupe verticale et transversale, qui divisera les fosses nasales en deux parties, antérieure et postérieure, au niveau de la grosse molaire. Ce dernier procédé procure l'avantage de montrer tout l'ensemble des fosses nasales ainsi que les communications des méats avec les cellules et les sinus.
Destinées a loger la muqueuse olfactive, les fosses nasales sont deux cavités comprises entre les os de la face et du crane, et qui se prolongent même dans l'épaisseur de ceux-ci par des arrière-cavités appelées sinus.
Elles sont situées au-dessous de la base du crane, au-dessus de la cavité buccale, derrière le nez, au devant du pharynx, entre les fosses zygomatiques, les orbites et les joues. Ouvertes en avant et en arrière, afin de livrer passage à l'air nécessaire pour la respiration, elles sont séparées l’une de l'autre par une cloison cartilagineuse en avant et osseuse dans le reste de son étendue. Leurs dimensions, quelquefois inégales d’un côté à l’autre, parce que la cloison est déjetée soit à droite, soit à gauche, sont en raison directe avec l’âge, et plus considérables chez l’homme que chez la femme.
Leur forme, bien qu'irrégulière, représente à peu près un parallélipipède, et permet de leur considérer six parois : une supérieure, une inférieure, une antérieure, une postérieure, une interne et une externe. Elles sont encore pourvues de deux ouvertures : l’une antérieure, commune aux deux fosses nasales ; l’autre postérieure, propre à chacune d’elles.
1° Paroi supérieure, ou vote des fosses nasales. — La moins étendue de toutes, elle est horizontale et se réduit à une rainure étroite, limitée par les parois interne, externe, antérieure et postérieure. Elle est entièrement constituée par un seul os, la lame criblée de l’ethmoïde, soudée en avant à l’échancrure nasale du frontal et en arrière au corps du sphénoïde. Cette lame livre passage, à travers les nombreux trous dont elle est percée, aux filets du nerf olfactif, et, par la petite fente qu’elle présente tout à fait en avant, au filet ethmoïdal du rameau nasal de la branche ophthalmique de Willis.
2 Parot inférieure, ou plancher des fosses nasales. — Horizontale et légèrement inclinée en arrière, elle est plus longue et plus large que la précédente. Elle a la forme d’une gouttière qui s'étend de l’épine nasale antérieure et inférieure à l’épine nasale postérieure, et latéralement de la paroi interne à la paroi externe. A sa partie antérieure et interne, on trouve l'ouverture de l’une des divisions supérieures du canal palatin antérieur. Deux os entrent dans la formation de cette paroi : l’apophyse palatine du maxillaire supérieur dans ses trois quarts antérieurs et la portion horizontale du palatin dans son quart postérieur.
3° Paroi antérieure, ou partie antérieure de la paroi supérieure de quelques anatomistes. — Inclinée en bas et en avant, étendue depuis l’épine nasale du coronal jusqu'à l’ouverture antérieure des fosses nasales, elle est excavée transversalement et plus large en haut qu’en bas. Elle est percée de deux ou trois trous vasculaires, et parcourue, dans le sens de sa longueur, par un sillon destiné au rameau
FOSSES NASALES. 597 nasal interne de Pophthalmique. L'os propre correspondant et l’épine nasale du coronal la constituent; l'apophyse montante de l’os maxillaire supérieur la limite en dehors; la suture de los propre du nez et la lame perpendiculaire de l’ethmoide la limitent en dedans.
h° Parot postérieure. —- Bornée en haut par la lame criblée de l’ethmoide avec laquelle elle se rencontre à angle droit, et en bas par l'ouverture postérieure des fosses nasales, elle est également creusée en gouttière. Cette paroi, formée par le corps du sphéno-de et le cornet de Bertin, cache le sinus sphénoïdal correspondant, dont l’orifice, placé un peu au-dessous de sa partie moyenne et rétréci par le cornet de Bertin, offre un diamètre à peu près égal a celui d’une plume à écrire.
5° Parot interne, ou cloison. — Elle sépare les deux fosses nasales : le plus sauvent verticale et occupant la ligne médiane de la face, il n’est pas rare de la voir déjetée à droite ou à gauche, convexe d’un côté et concave de l’autre. Elle est plane, lisse et à peine marquée de quelques sillons, excepté à sa partie supérieure où lon trouve de petits canaux pour les nerfs olfactifs.
Cette face est constituée : 1° par la lame perpendiculaire de l’ethmoide, quis unit en arrière au corps du sphénoïde, en avant à l’épine nasale du coronal et aux os propres du nez, en bas au vomer entre les deux lames duquel elle est reçue; 2° par le vomer dont le bord inférieur est placé dans une gouttière due à la réunion des os maxillaires supérieurs et palatins. Le bord postérieur de la cloison,. mince et tranchant, n’est autre que le bord postérieur du vomer ; son bord antérieur présente une vaste échancrure triangulaire, comblée par le cartilage de la cloison.
6° Parot externe. — La plus compliquée de toutes, un peu inclinée en bas et en dehors, elie est remarquable par la présence d’une série d’éminences et d’enfoncements qu'on désigne, les premières sous le. nom de cornets, les derniers sous le nom de méats.
Cornets (conchæ). — Au nombre de trois. Ge sont des lamelles re= courbées, superposées, convexes en dedans et concaves en dehors; on les distingue en supérieur, moyen et mférieur, Les deux premiers ap= partiennent à l’ethmoïde, et par conséquent aux os du crane; le troisième est un os particulier qui fait partie des os de la face,
Cornet supérieur, ou cornet de Morgagni. — On appelle ainsi une petite lame mince, recourbée sur elle-même de dedans en dehors, située à la partie postérieure et supérieure de la face interne des masses latérales de l’ethmoïde. Limitée inférieurement par une échancrure qui occupe la portion médiane et postérieure de la même face, elle se
confond en haut et en avant avec un espace quadrilatère, rugueux, sillonné par les conduits du nerf olfactif, appartenant au cornet moyen. Le cornet supérieur est le plus petit, il n’a que la moitié de la longueur du cornet moyen. Sur le squelette, on ne peut le voir que par l'ouverture postérieure des fosses nasales. Ce cornet est quelquefois double.
Cornet moyen. — Uni en avant à la face interne de l’épine nasale du coronal et à l’apophyse montante de l’os maxillaire, il se continue en arrière et en haut avec le cornet inférieur au moyen de l’espace quadrilatère dont nous venons de parler. En bas, il présente un bord épais et spongieux, excepté en arrière, où il est mince et parcouru par un sillon vasculaire.
Cornet inférieur. — Le plus étendu en longueur et en largeur, c’est un petit os mince, lamelleux, recourbé sur lui-même, à face interne rugueuse et convexe, faisant saillie dans les fosses nasales ; à face externe concave et moins rugueuse, répondant au méat inférieur. Son bord inférieur, légèrement oblique de haut en bas et d'avant en arrière, est comme roulé sur lui-même, d'apparence spongieuse et plus épais à sa partie moyenne qu’à ses deux extrémités, où i) forme, en s’unissant avec le bord supérieur, deux angles aigus dont le postérieur est très-allongé. Son bord supérieur s'articule avec la crête située à la face interne de l’os palatin et à la face interne de l'apophyse montante ; il est surmonté, dans sa partie moyenne, d’une éminence lamelleuse un peu concave en dedans, qui s'articule avec l’ethmoide et principalement avec l'os unguis pour compléter le canal nasal. En arrière de cette éminence, on voit partir du bord supérieur une sorte de crochet triangulaire (apophyse unciforme), dont la pointe est dirigée en bas et en dehors, et qui sert en quelque sorte à suspendre le cornet inférieur à l’orifice du sinus maxillaire qu'il rétrécit.
Méats des fosses nasales (meatus narium).— Également au nombre de trois (supérieur, moyen, inférieur), ils augmentent d’étendue, du supérieur vers l'inférieur.
Le méat supérieur, borné en haut par le cornet supérieur, communique avec les cellules ethmoidales postérieures, et, par l’intermédiaire de celles-ci, avec le sinus sphénoïdal ; il répond en arrière au trou sphéno-palatin.
Le méat moyen, creusé en dessous et en dehors du cornet moyen, est obliquement dirigé de bas en haut et d’arriére en avant. Il communique en haut avec les cellules ethmoïdales antérieures, et par l’une d’entre elles (¢nfundibulum), plus large en haut qu'en bas,
avec le sinus frontal correspondant. En bas, il présente un trou de 2 millimètres 1/2 de diamètre, qui conduit dans le sinus maxillaire ou antre d'Highmore.
Le méat inférieur offre antérieurement I orifice inférieur du canal nasal (voyez la description du canal nasal).
La paroi externe des fosses nasales est formée de cinq os, savoir : le maxillaire supérieur, l’unguis, l’ethmoïde, le palatin et le cornet inférieur.
Ouverture antérieure des fosses nasales. — Gette ouverture, simple sur le squelette, a la forme d'un cœur de cartes à jouer. Elle est limitée en haut, où elle est tranchante et déchiquetée, par les bords inférieurs des os propres du nez, qui présentent des échancrures pour le passage des nerfs naso-lobaires ; en bas, par les bords antérieurs des apophyses palatines des os maxillaires supérieurs, dont la réunion forme, sur la ligne médiane, l’épine nasale inférieure ; sur les côtés, par les bords antérieurs des apophyses montantes.
Ouverture postérieure, ou arrière-narine (choanæ narium). — Celle-ci, toujours double, répond à la partie supérieure du pharynx. C'est un carré allongé de haut en bas, limité : en haut, où se voit lorifice postérieur du conduit ptérygo-palatin, par le corps du sphénoïde ; en bas, par le bord postérieur de la portion horizontale de l'os palatin ; en dehors, par l'aile interne de l’apophyse ptérygoïde, et, dans l’état frais, par la trompe d'Eustache ; en dedans, par le vomer.
Les fosses nasales sont en communication avec des arrière-cavités appelées sews, qui existent à peine chez l'enfant, et offrent un développement d’autant- plus considérable que l'individu est plus avancé en âge. Ges sinus sont, chez l’homme, au nombre de quatre de chaque côté, savoir : les sinus ethmoidaux, les sinus frontaux, les sinus maxillaires et les sinus sphénoïdaux.
Lo Sinus ethmoidauz, ou cellules ethmoidales. — Plus ou moins irrégulières, ces cellules se divisent de chaque côté en antérieures et en postérieures, séparées les unes des autres par des cloisons complètes. Les antérieures, plus nombreuses et plus vastes, communiquent toutes entre elles et s'ouvrent. par une ou deux ouvertures dans le méat moyen. La plus large, plus évasée supérieurement qu’inférieurement, a reçu le nom d’énfundibulum, et établit la communication entre le méat moyen, le sinus frontal et le sinus maxillaire.
Les cellules postérieures, séparées les unes des autres par des cloisons incomplètes, s'ouvrent en avant dans le méat supérieur; en arrière, tantôt elles sont complétement fermées par une lame osseuse, tantôt au contraire elles s’abouchent avec les cornets sphénoïdaux, ou directement avec les sinus sphénoïdaux.
2 Sinus frontaux. — Ce sont deux cavités creusées dans l’épaisseur de l’os frontal, et séparées l’une de l’autre par une cloison verticale souvent déjetée à droite et à gauche, et quelquefois même perforée de manière à laisser une voie de communication. Chacune de ces cavités s'ouvre à la partie antérieure et supérieure du méat moyen correspondant, par l'intermédiaire de linfundibulum.
Les sinus frontaux présentent quelquefois, en arrière, entre les deux lames de la voûte orbitaire, et en dehors, chez les vieillards, une capacité si considérable, qu'on les a vus s'étendre jusque dans l’apophyse orbitaire externe du coronal. La cloison qui les sépare, assez épaisse tant que les deux portions qui constituent le coronal ne sont pas complétement soudées, s’amincit par les progrès de l’âge.
3° Sinus maxillaires, ou antres d’Highmore. — Ces sinus, qui tirent leur nom des os maxillaires supérieurs dans lesquels ils sont creusés, sont les plus grands des fosses nasales. Leur forme est celle d’une pyramide triangulaire dont la base, percée d’une ouverture, répond à la paroi interne des fosses nasales, et dont le sommet est tourné vers l’apophyse malaire. Les trois parois qui limitent chacune de ces cavités, quoique minces, contiennent dans leur épaisseur des canaux proéminant plus ou moins sous forme de crêtes et de saillies dans l’intérieur du! sinus.
La paroi supérieure forme le plancher de l'orbite; on y voit la gouttière et le canal sous-orbitaires, destinés aux vaisseaux et au nerf du même nom.
La paroi antérieure ou antéro-externe répond à la fosse canine, et renferme des canaux dans lesquels on trouve les vaisseaux et nerfs dentaires antérieurs et supérieurs.
La paroi postérieure ou postéro-externe, formée par la tubérosité maxillaire, répond à la fosse zygomatique et est parcourue par les conduits dentaires postérieurs et supérieurs.
La réunion des parois antérieure, postérieure et interne (base), constitue une rigole qui n’est séparée des,cavités alvéolaires des grosses et des petites molaires que par une lamelle très-mince, percée de trous, souvent soulevée et quelquefois même perforée par les racines des dents, qui pénètrent dans la paroi externe du sinus. La minceur
de cette lame osseuse a été utilisée pour pratiquer une ouverture du sinus lorsqu'une maladie l'exige. En effet, par l'extraction d’une grosse ou d’une petite molaire, on peut pénétrer sans beaucoup de résistance dans l’intérieur du sinus, au moyen d’un instrument porté dans le fond de l’alvéole, et donner de cette manière issue au pus, ou attaquer des tumeurs fongueuses. M. Gosselin fait remarquer (Compendium de chirurgie, t. I) que souvent la rigole n’est pas assez longue et ne correspond qu'aux grosses molaires, et que chez les vieillards, après la chute des dents, lorsque les alvéoles se sont effacés, la lame osseuse qui sépare le fond de la rigole.de la gencive peut avoir jusqu’à un centimètre d'épaisseur.
Parmi les angles du sinus maxillaire, nous signalerons langle externe ou le sommet, qui se prolonge quelquefois chez les vieillards jusque dans l’os malaire ; l'angle postérieur, dans lequel est contenue la dent de sagesse avant sa sortie; et langle antérieur, où proémine le canal nasal.
L'ouverture dont la base du sinus est percée, très-grande et irrégulièrement triangulaire dans un os isolé, est considérablement rétrécie sur une tête entière, en haut par l’ethmoïde, en bas par le cornet inférieur, en avant par l'os unguis, en arrière par le palatin.
Ces cavités présentent des variétés de forme et de capacité; quelquefois elles sont chacune partagées en deux par une cloison, et il nest pas rare d'en voir une plus grande que celle du côté opposé. Bordenave à remarqué que leurs dimensions sont généralement en raison inverse de celles des fosses nasales.
- he Sinus sphénoidaux. — (ls sont creusés dans le corps du sphénoide et séparés l’un de l’autre par une petite cloison plus ou moins verticale et quelquefois percée d’un trou. Chacun d’eux est subdivisé en cellules par des cloisons incomplètes. Ils s'unissent avec les cornets de Bertin, qui dépendent souvent, soit du sphénoïde, soit de Yethmoide, et communiquent avec les cellules ethmoïdales postérieures et avec le méat supérieur des fosses nasales. La membrane pituitaire se prolonge dans leur intérieur et rétrécit leur entrée.
Enumération des os des fosses nasales. — Les os qui entrent dans la conformation des fosses nasales sont au nombre de quatorze, savoir : les os propres du nez, les maxillaires supérieurs, les palatins, l'épine nasale du frontal, l’ethmoide, le sphénoïde, le vomer, les os unguis et les cornets inférieurs.