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MEMBRANE MUQUEUSE PITUITAIRE

(Membrana pituitaria s. mucosa narium.)

(PLancue LXXXVII.)

Préparation. — Pratiquez les différentes coupes des fosses nasales d’après les procédé indiqués dans la préparation de la planche précédente; avec cette restriction toutefois, qu’ici il faut agir sur des pièces entourées de toutes leurs parties molles, et après les avoir laissées séjourner pendant plusieurs semaines dans un bain d’eau acidulée, afin de mettre en évidence les nombreux follicules que la pituitaire renferme.

La membrane pituitaire, appelée aussi membrane de Schneider, du om de l’auteur qui l’a le premier décrite, revêt les parois des fosses nasales, y compris les cornets et les méats, et s'enfonce même dans les sinus sphénoïdaux, frontaux, maxillaires, et dans les cellules ethmoïdales, en y présentant toutefois des modifications notables. Elle se continue en avant, par l'intermédiaire des narines, avec la peau du nez et de la lèvre supérieure, avec la conjonctive au moyen du canal nasal, des points et des conduits lacrymaux, et avec la muqueuse de la voûte palatine par le canal palatin antérieur ; en arrière , elle se continue également avec la muqueuse de la trompe d’Eustache, du voile du palais et du pharynx.

Dans son trajet compliqué, la pituitaire efface la plupart des saillies et des dépressions qui existent sur le squelette ; rétrécit certaines ouvertures, comme celles des sinus; en bouche même quelques autres, comme le trou sphéno-palatin et les trous de la lame criblée de l’ethmoïde; allonge les cornets et diminue la largeur des méats. Aussi l'aspect des fosses nasales est-il bien différent suivant qu’on les examine à l’état frais ou sur le squelette.

On considère à la pituitaire deux faces, l’une libre et l’autre adhérente.

Surface libre. — La face libre, d’une coloration rose foncée, d’un :

aspect velouté, molle, est criblée de trous, surtout nombreux vers la partie moyenne de la cloison et de la paroi externe. Ces trous sont les orifices des follicules mucipares, et l’on peut en faire sortir, en pressant, une grande quantité de mucus.

On trouve encore sur cette face plusieurs ouvertures, qui sont :

4° L’orifice inférieur du canal nasal, situé au-dessous de l'extrémité antérieure du cornet inférieur, et autour duquel la muqueuse forme une valvule, une sorte de repli semi-lunaire déjà décrit.

MEMBRANE MUQUEUSE PITUITAIRE, 533 2° Dans l’infundibulum, à la partie supérieure du méat moyen, on voit les orifices du sinus frontal, des cellules ethmoïdales antérieures et du sinus maxillaire. Ce dernier, déjà rétréci sur le squelette par l’ethmoïde, l’os unguis, le palatin et le cornet inférieur, est encore diminué en arrière par un repli que forme la pituitaire en s’adossant à elle-même, au moment où elle pénètre dans le sinus. Cette ouverture n’est plus alors qu'une petite fente, dirigée d'avant en arrière, de 3 à 5 millimètres de longueur, située à la partie antérieure et supérieure du méat moyen, et cachée au fond d’une rainure profonde due à la jonction du maxillaire supérieur avec l’ethmoïde. Quelquefois, outre cette ouverture normale, il en existe encore une ou deux autres supplémentaires, situées plus en arrière. Jourdain et Bordenave remarquent que l’orifice du sinus est placé de telle sorte que le mucus de cette cavité ne peut tomber dans les fosses nasales pendant la station verticale, mais seulement lorsqu'on est couché et qu’on incline la tête du côté opposé.

3° Dans le méat supérieur, au-dessons et à la partie antérieure du cornet de Morgagni, s’ouvrent les cellules ethmoidales postérieures, et tout à fait en arrière le sinus sphénoidal, dont l’orifice est rétréci par la muqueuse et quelquefois complétement bouché; le sinus est alors revêtu par une membrane indépendante de la pituitaire.

Ae En avant, à 3 centimètres environ derrière le bout du nez, on voit l ouverture du canal palatin antérieur, le plus souvent oblitérée par la muqueuse et indiquée seulement par une légère dépression.

Dans les sinus, la face libre de la pituitaire est plus pâle et plus lisse que dans les fosses nasales, bien qu’elle soit également pourvue de cils vibratiles ; elle présente aussi un moins grand nombre de trous.

Surface adhérente. — Elle est entièrement unie au périoste et au périchondre, aussi a-t-on considéré la pituitaire comme une menibrane fibro-muqueuse. Cependant, d’après Huschke, elle se distingue facilement du périoste par sa coloration et par une couche de follicules qui l'en sépare. L’adhérence que contractent ces deux membranes, déjà considérable dans les fosses nasales, l’est encore davantage dans les sinus.

Structure. — On décrit dans la pituitaire deux feuillets, Pun muqueux, l’autre fibreux, qui n’est autre que le périoste et le périchondre, des follicules mucipares, des vaisseaux et des nerfs.

4° Feuillet fibreux. — Étendu sans aucun intermédiaire sur les os et les cartilages, ce feuillet est renforcé -à la voûte des fosses nasales par les nombreuses gaines fibreuses que la dure-mère envoie aux

nerfs olfactifs. Très-adhérent au feuillet muqueux, surtout dans les sinus, il est moins intimement uni aux os dans ces dernières cavités que dans les fosses nasales.

2° Fewllet muqueuz. — Séparé du précédent par les glandes mucipares, ce feuillet est très-vasculaire et très-épais dans les fosses nasales, principalement sur le cornet inférieur; dans les sinus, il est plus pâle, plus mince, moins vasculaire et moins pourvu de nerfs. Sa surface est couverte d'épithélium vibratile, analogue à celui qu’on trouve dans toute la longueur des voies respiratoires.

D’après Henle, l’épithélium stratifié de la face interne du nez fait place au niveau de l'ouverture antérieure des fosses nasales, à I’ épithélium vibratile, qui s'étend dans les cellules ethmoidales, les sinus, le canal nasal, la trompe d'Eustache, le cul-de-sac supérieur du pharynx, et sur la face postérieure du voile du palais. Il est formé de cellules cylindriques ou ovalaires de 0**,03 de longueur, implantées perpendiculairement à la surface de la muqueuse. Ges cellules sont fixées par leur extrémité étroite, et libres par leur extrémité la plus large, qui est arrondie ou renflée, et surmontée de cils au nombre de trois à huit. M. Gosselin à vu, sur des suppliciés, les cils vibratiles du sinus maxillaire conserver leurs mouvements encore quarantehuit heures après la mort ; et d’après les observations de M. Giraldès, ils peuvent persister jusqu'à soixante heures après la mort.

Todd et Bowman divisent la membrane muqueuse nasale en deux parties : la première, c’est-à-dire celle qui se trouve à la portion supérieure des fosses nasales, au niveau des ramifications du nerf olfactif, et qui est recouverte d’un épithélium stratifié, cylindrique et dépourvu de cils vibratiles, est appelée par eux portion olfactive ; la seconde, qui tapisse le reste de la muqueuse des fosses nasales, ainsi que les sinus, et qui est au contraire tapissée d'un épithélium vibratile, stratifié, reçoit d'eux le nom de portion respiratoire.

La couche dermatique de la membrane muqueuse, très-épaisse, et ne renfermant presque pas de fibres élastiques, est riche en vaisseaux sanguins, et particulièrement en veines, lesquelles, après s'être anastomosées les unes avec les autres, forment, sur le cornet inférieur, un réseau assez prononcé.

3° Glandes. —On trouve, particulièrement dans le tiers supérieur de la membrane pituitaire, des glandes qui se composent de petits tubes membraneux homogènes, rectilignes, terminés en cul-de-sac ou quelquefois contournés en pas de vis. Ces glandes, semblables aux glandes tubuleuses des gros intestins, sont tantôt disséminées en

ae.

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