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VAISSEAUX ET NERFS DES FOSSES NASALES

(Praxcne LXXXVIII.)

Préparation. — Les figures 1, 2 et 3, n'ayant d'autre but que de produire les vaisseaux et nerfs du nez, s’obtiennent après avoir injecté les premiers et fait macérer dans une solution acidulée les derniers.

Pour les figures subséquentes, pràtiquez la coupe des fosses nasales, et par une simple dissection vous mettrez à nu les vaisseaux préalablement injectés. Quant aux nerfs des parois des fosses nasales, on ne peut les bien voir que sur des pièces macérées pendant plusieurs mois dans l'acide nitrique étendu. Pour cela il suffit de racler avec le tranchant d’un scalpel la surface libre de la pituitaire, ou de détacher cette membrane du périoste, pour trouver sur la surface adhérente de la première la distribution de ses nerfs.

Artères. — La pituitaire reçoit, par sa face adhérente, de nombreuses ramifications artérielles qui émanent de différentes sources. Ce sont les branches ethmoïdales antérieure et postérieure de lophthalmique ; les branches sphéno-palatines, alvéolo-dentaires postérieures et supérieures, palatine et sous-orbitaire de la mazxillaire interne ; enfin, le rameau de la sous-cloison de l'artère faciale.

Veines. — Elles accompagnent les artères et vont se rendre, par des troncs très-volumineux, dans les veines ophthalmique, maxillaire interne et faciale.

Lymphatiques. — Arnold, Semmering, Bourgery et d'autres anatomistes, ont fait représenter un beau réseau lymphatique sur la muqueuse des parois des fosses nasales ; M. Cruveilhier dit l'avoir injecté en 1826.

M. Sappey, dont l’habileté dans ce genre de recherches est incontestée, soutient que la pituitaire est complétement dépourvue de lymphatiques ; cependant je puis affirmer avoir vu avec M. Jarjavay, actuellement professeur d'anatomie à l'École de médecine de Paris, ces vaisseaux injectés au mercure.

Nerfs. — Ils viennent de deux sources : 1° de la première paire ou du nerf olfactif ; 2° de la cinquième ou du trijumeau.

Le nerf olfactif, aprés son passage a travers la lame criblée de l’ethmoïde, s’épanouit en réseaux sur la partie supérieure des parois interne et externe, ainsi que sur la voûte des fosses nasales. Le réseau

de la paroi interne est plus considérable que celui de la paroi externe ; .

les filets qui les composent sont enveloppés par des gaînes de la duremère et ne s’anastomosent jamais avec les nerfs de la cinquième paire.

Le trijumeau envoie, par l'intermédiaire des branches ophthalmique et maxillaire supérieure, plusieurs rameaux gréles, qui sont : le filet ethmoidal du rameau nasal de l'ophthalmique, le sphéno-palatin externe et le sphéno-palatin interne ou naso-palatin; enfin, quelques rameaux émanés des nerfs palatins se distribuent aussi sur la muqueuse de la paroi externe. Ces derniers, et les deux qui précèdent, sont une émanation du ganglion sphéno-palatin.

La plupart des physiologistes attribuent exclusivement au nerf olfactif la propriété de transmettre au cerveau les impressions des molécules odorantes; d’autres revendiquent cette prérogative pour les branches du trijumeau ; d’autres, enfin, réunissent ces deux opinions. et prétendent que tous les nerfs qui se distribuent dans la muqueuse des fosses nasales concourent à la perception des odeurs.

Aujourd’hui on regarde généralement le nerf olfactif comme le nerf

VAISSEAUX ET NERFS DES FOSSES NASALES. 537 spécial de l’odorat ; et l’on range sous la dépendance du trijumeau, la sensibilité générale, les sécrétions et la nutrition. Mais il est facile de comprendre qu'une altération de ce dernier, qui entraînerait un trouble des sécrétions ou de la nutrition de la pituitaire, et dessécherait par exemple cette membrane, nuirait évidemment à l’olfaction ; de telle sorte que l’olfactif et le trijumeau, bien que doués de propriétés différentes, sont nécessaires tous les deux à la perception des odeurs.

Développement. — Dans les premiers temps de la vie, les fosses nasales ont une cavité simple, beaucoup moins anfractueuse et moins considérable que chez l'adulte ; les sinus n’existent pas et les cornets sont très-petits. La pituitaire, trés-mince, quoique très-vasculaire, forme au niveau de l’ ouverture du sinus maxillaire un bourrelet épais, qui sert probablement à tapisser ultérieurement cette cavité, à mesure qu elle s'agrandit.

Dans la série animale, le développement et la forme des fosses nasales sont subordonnés à la perfection de l’odorat et au mode de respiration dans l’air ou dans l’eau. Ainsi, chez les poissons, on trouve deux cavités terminées en cul-de-sac et tapissées par une pituitaire plus ou moins plissée ; Peau pénètre dans ces cavités et y amène les molécules odorantes, soit en suspension, soit en dissolution. Chez les oiseaux et les reptiles, on observe deux conduits ou cornets ouverts à leurs deux extrémités. Le nez des mammifères se rapproche davantage de celui de l'homme, et présente même des anfractuosités plus profondes et plus nombreuses. Les cornets sont surtout remarquables par les formes bizarres qu'ils affectent: chez les herbivores, le cornet inférieur se dédouble à son bord libre et se partage en deux lamelles contournées en sens opposés ; chez les carnivores, le cornet inférieur ressemble à l'arbre de vie du cervelet; en même temps les nerfs olfactifs de ces animaux sont très-développés.

Usagés. — Les fosses nasales renferment le sens de l’odorat ; leurs anfractuosités, leurs cavités, leurs cornets, leurs méats, donnent plus détendue à la membrane pituitaire, qui constitue la partie la plus importante de l'appareil olfactif, et présente ainsi des points de contact plus multipliés pour les molécules odorantes.

Le mécanisme de lolfaction est facile à comprendre. L’air qui pénètre dans les fosses nasales au moment de l'inspiration, arrive chargé de molécules odorantes et les applique contre la pituitaire ; celle-ci les retient dans le mucus dont elle est imbibée, les dissout peut-être, et les met en rapport avec les ramifications du nerf olfactif, qui transmet les diverses impressions à l’encéphale. L'introduction de l'air dans les

fosses nasales et l'humidité de la muqueuse sont nécessaires pour la production des sensations olfactives. En effet, les corps même les plus odorants, placés près des narines, ne sont pas sentis pendant l’expiration ou si l’on retient son haleine ; et si l’on veut recevoir vivement l'impression dune odeur agréable, ou flairer une substance dont l'odeur est légère, on ferme la bouche et l’on fait par le nez des inspirations courtes, fréquentes et par secousses, afin de donner plus de rapidité à lair qui pénètre ; en outre, tout le monde a remarqué combien lodorat et le gout sont émoussés au commencement du coryza, quand la pituitaire est sèche et enflammée. Bien qu’on ne perçoive pas les odeurs pendant l'expiration, celle-ci n'est pourtant pas inutile à l’olfaction, car elle nettoie, elle balaye en quelque sorte les fosses nasales, et leur permet ainsi de conserver leurs fonctions dans toute leur intégrité.

L’odorat réside presque uniquement dans la partie supérieure des fosses nasales, là où se distribuent les ramifications du nerf olfactif: les autres parties, y compris les sinus et les cellules ethmoïdales, ne sentent point.

Le sens de l’odorat, placé à l'entrée des voies respiratoires et digestives, a la double mission d'explorer à la fois les qualités de Pair que l'on doit inspirer et celles des substances alimentaires : il sert aussi, comme nous le verrons plus loin, à compléter en quelque sorte les sensations gustatives. Chez l’homme, il est plus ou moins dévéloppé, suivant les individus, les ages, les sexes, les tempéraments ; il peut se perfectionner par l’exercice, comme on le voit pour les parfumeurs ; mais il s’émousse aussi par l'abus des odeurs et par usage des substances irritantes, comme le tabac. Chez les animaux, il offre des variétés remarquables. Certains insectes paraissent attirés par des odeurs particulières, les uns par celles des fleurs, les autres par celles des viandes en putréfaction. Les oiseaux et les reptiles semblent presque dépourvus d’odorat. Les mammifères, et principalement les carnassiers, ont généralement un nez très-fin, mais qui ne peut percevoir, en quelque sorte, que les émanations des matières animales ; la plupart ne sont pas impressionnés par l'odeur des fleurs : on peut pourtant citer comme exception les chats, qui ont un goût prononcé pour l'odeur de la valériane.

Les fonctions des fosses nasales ne se bornent pas seulement à Yolfaction et à la respiration ; ces cavités servent encore à l’excrétion des larmes, qu’elles reçoivent du canal nasal, et à la parole, dans la production des sons nasaux.

anne +

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