‹ Nevrologie et esthesiologie (volume 2)Chapitre 220 sur 241 · LANGUE · texte numérisé non relu

LANGUE

La longueur de ces papilles mesure de 0,07 à 1%%,8, et leur largeur de 0"",8 à 1 millimètre.

3° Papilles filiformes et coniques. — Ge sont les plus nombreuses et les plus petites des papilles linguales. On les voit principalement à à la portion moyenne de la face supérieure, où elles sont pressées les unes contre les autres et rangées presque régulièrement suivant des lignes courbes concaves en arrière (plice et sulci obliqui), qui s'étendent du milieu de la langue jusque sur les bords. Cette disposition, que j'ai rencontrée surtout chez le vieillard, ne serait-elle pas plutôt due à de simples replis de la muqueuse recouverts d’aiileurs de papilles? Celles-ci, dirigées obliquement de bas en haut et d'avant en arrière, à l'exception pourtant des plus postérieures, qui sont rares et verticales, rendent la langue raboteuse et comme veloutée, et lui communiquent même une rudesse particulière chez certains animaux.

Les papilles filiformes ont l'apparence de petits cylindres dont l’extrémité supérieure, horizontale ou coupée obliquement, présente une dépression centrale garnie sur ses bords d’une couronne de villosités coniques ou lamelleuses (fi/aments qustatifs).

Les papilles coniques ont la forme de petits cônes attachés à la langue par leur base. Elles ne se voient guère qu'à la partie moyenne de la face supérieure, tandis que les filiformes s'étendent jusque sur les bords de la langue, où elles forment des cereles autour des papilles fungiformes.

Les éminences filiformes et coniques paraissent produites par l'épanouissement des filets du nerf lingual, enveloppés par un lacis vasculaire très-apparent et par du tissu cellulaire très-fin et très- | ‘serré.

La hauteur des papilles filiformes est de 0™",75 à 3 millimètres ; leur largeur est de 0"",2 à 9"®,5. Elles se distinguent par une coloration blanchâtre, et, d’après Kolliker, les plus grandes se trouvent sur la ligne médiane de la langue, ou se terminent sous la forme de prolongements pédiculés.

Les papilles caliciformes et fungiformes semblent surtout destinées à la perception des saveurs, puisque celle-ci s'exerce principalement à la base, à la pointe et sur les bords de la langue. Il me semble qu’on a peut-être attribué une trop grande part dans l’accomplissement de cette fonction aux filaments gustatifs; d'autant plus qu'il n’est pas démontré que ces petites villosités reçoivent des filets nerveux, et qu elles s’aperçoivent non-seulement à la face libre des papilles, mais encore dans leurs intervalles, sur toute la surface supérieure de la

langue. Les papilles coniques et filiformes ne seraient susceptibles que de percevoir les impressions générales et tactiles.

Face inférieure de la langue. — Adhérente dans sa moitié postérieure, au moyen des muscles, des vaisseaux, des nerfs et de la muqueuse buccale, cette face est libre et dépourvue de glandules et de papilles dans sa moitié antérieure. On y remarque un sillon médian antéro-postérieur, borné de chaque côté par la saillie des veines ranines et des muscles linguaux longitudinaux inférieurs. La partie postérieure et médiane de cette portion libre tient à la paroi inférieure de la bouche par le frein ou filet (frenulum lingue), repli muqueux, vertical, semi-lunaire, concave en avant, qui devient très-saillant et triangulaire, lorsqu'en ouvrant la bouche, on élève la pointe de la langue. Dans certains cas, le filet se prolonge trop en avant, gêne les mouvements, et s’oppose à la prononciation et à la succion; c’est alors qu'il est nécessaire de le couper.

A droite et à gauche du sillon médian, on trouve une série d’éminences frangées et déchiquetées, rangées presque parallèlement aux veines ranines et séparées les unes des autres par des intervalles qui correspondent aux saillies des conduits de Rivinus. Ces deux lignes frangées, au sommet desquelles viennent s'ouvrir, suivant Blandin, les conduits de la glande linguale, sont probablement les débris de l’adhérence primitive de la langue au plancher de la cavité buccale.

Les bords de la lanque w offrent rien de remarquable; ils sont moins épais en avant qu'en arrière, où les sillons et les plis obliques viennent les couper perpendiculairement.

Base de la langue. — On distingue une base réelle et une base apparente. La première, elliptique, se continue avec la membrane hyo-glossienne, qui la fixe à l'os hyoïde. La seconde, elliptique aussi, est la portion la plus reculée de la langue qui s’aperçoit lorsque la bouche est largement ouverte; elle correspond à l’origine des ligaments glosso-épiglottiques, à la luette, et au bord inférieur du voile du palais, auquel elle est unie par ses piliers.

La pointe de la langue, mince et étroite, répond à la face postérieure des deux premières incisives de la mâchoire inférieure.

OS HYOIDE. °545

Organisation intérieure.

(Pzaxcux XC.)

Préparation. — Les muscles extrinsèques de la langue doivent être mis à nu en pratiquant avec une scie deux sections sur la mâchoire inférieure, dont une passerait un peu en dehors de la symphyse du menton, et l’autre immédiatement au devant du muscle masséter ou dans l'articulation temporomaxillaire. Comme le nerf lingual se trouve appliqué à la face interne de la mâchoire inférieure au niveau du masséter, il convient, si l’on pratique la section à cet endroit, d'introduire préalablement la pince à dissection entre cet os et le nerf, afin d'empêcher sa section. On renverse en bas ou l’on enlève avec le fragment détaché les muscles digastrique et mylo-hyoïdien, derrière lesquels les muscles de la langue ne sont masqués que par la muqueuse buccale, la glande sublinguale, le conduit de Wharton, le nerf lingual et par un peu du tissu cellulaire graisseux. Cela fait, tirez avec une érigne la pointe de la langue hors de la bouche, et poursuivez ses muscles extrinsèques, de leurs insertions styloïdienne, hyoidienne et maxillaire vers l'épaisseur de cet organe.

Les fibres intrinsèques s’obtiennent, en pratiquant, sur une langue détachée et bouillie dans l’eau salée, plusieurs coupes. Ainsi, par une section verticale

‘médiane et antéro-postérieure, on met a nu les fibres verticales et longitudi-

nales ; par une section verticale et transversale, on découvre les fibres transverses, obliques et verticales.

Le lingual longitudinal inférieur sera recherché sur la face inférieure de la langue, entre les muscles hyo-glosse et génio-glosse.

Le lingual longitudinal supérieur, le glosso-staphylin et le glosso-épiglottique seront mis à nu en enlevant sur une langue bouillie ou macérée la muqueuse papillaire.

Il entre dans la composition de la langue : 1° un squelette osseux, cartilagineux et membraneux (os hyotde, cartilage de Blandin, membrane hyo-glossienne) ; 2° un apparéil musculaire ; 3° des glandes, des follicules et du tissu adipeux ; 4° une membrane muqueuse papillaire, siége spécial du goût ; 5° des vaisseaux et des nerfs.

OS HYOIDE.

(Os hyoideum.)

Il est situé au devant de la colonne vertébrale, à la partie anté-

rieure et supérieure du cou. entre la base de la langue et le larynx,

auxquels il est attaché par des lames aponévrotiques. Sa forme parabolique lui donne quelque ressemblance avec la mâchoire inférieure. Il est composé de cinq pièces, savoir : le corps, les deux grandes cornes et les deux petites.

Corps ou portion centrale. — Il est aplati et recourbé d'avant en arrière ; on lui distingue une face antérieure, une face postérieure, un bord supérieur, un bord inférieur et deux extrémités.

La face antérieure, concave et légèrement inclinée en haut, présente à sa partie moyenne quatre enfoncements plus ou moins marqués, séparés l’un de l’autre par une ligne cruciforme. Elle donne attache, de bas en haut, aux muscles digastriques, stylo-hyoïdiens, mylo-hyoïdiens, génio-hyoïdiens et hyo-glosses.

La face postérieure, concave et inclinée en bas, répond à l’épiglotte, à laquelle elle est unie par un tissu cellulaire serré et jaunâtre.

Le bord supérieur est incliné en arrière et donne attache aux muscles hyo-glosses, à la membrane thyro-hyoïdienne et à la membrane hyo-glossienne.

Le bord inférieur, penché en avant, reçoit l'insertion des muscles. omoplat-hyoidiens, sterno-hyoidiens et thyro-hyoïdiens.

Les extrémités s’articulent avec les grandes et les petites cornes.

Grandes cornes. — Longues, aplaties de haut en bas, elles sont terminées en arrière par une petite tête arrondie, sur laquelle s’insère de chaque côté le ligament thyro-hyoïdien latéral ; en avant, elles présentent une petite facette qui s'articule avec l'extrémité du corps. Sur la face supérieure de chacune d'elles s’attachent les muscles hyoglosses et constricteurs moyens du pharynx; les faces inférieures sont unies à la membrane thyro-hyoidienne.

Des deux bords de chaque corne, l’externe recoit le muscle thyrohyoïdien ; l'interne est contigu à la muqueuse pharyngienne.

Les petites cornes, courtes, irrégulièrement coniques, sont situées à la partie postérieure de l’os hyoïde, au point de réunion du corps avec les grandes cornes. Chacune d’elles donne insertion au ligament stylo-hyoïdien et à un petit faisceau du muscle hyo-glosse.

Le développement de l’os hyoïde se fait par six points d’ossification : deux pour le corps, deux pour les grandes cornes et deux pour les petites.

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