USAGES DE LA PROTUBÉRANCE ANNULAIRE
De ce simple fait anatomique que les faisceaux du mouvement et ceux du sentiment provenant de la moelle épinière et du bulbe rachidien traversent la protubérance annulaire, nous pouvons conclure que leur lésion dans cet organe anéantit le mouvement et le sentiment.
La puissance motrice est croisée, et, en conséquence, les effets de la lésion se manifestent au côté opposé. Quant à ceux du sentiment, ils sont seulement partiellement croisés.
La protubérance annulaire est un organe spécial d'action, ce qu’on peut attribuer au noyau considérable de substance grise qu’elle renferme. La source de la faculté locomotrice est soumise plus spécialement à son influence, de mème que la puissance de conservation et de respiration dépend du bulbe rachidien.
La protubérance annulaire est un centre de perceptibilité, lequel, selon la nature de l'agent qui provoque ses impressions, agit tantôt isolément, comme par exemple dans la souffrance physique, tantôt de concert avec les lobes cérébraux.
L'observation pathologique nous prouve que les altérations de la protubérance annulaire provoquent le sentiment d’une douleur centrale qui se propage quelquefois jusqu'aux extrémités; ce qu’on doit rapporter, d'après M. Schiff, à ce fait que, probablement, tous les nerfs du sentiment envoient leurs fibres jusqu'à cette protubérance.
llest bon d’ailleurs de noter que, par l’mtermédiaire des nerfs vaso-
moteurs, la protubérance annulaire et les pédoncules moyens du cervelet exercent, en quelque sorte, leur influence sur le système vasculaire, et par là sur le courant du sang.
Magendie a trouvé que l'animal auquel on a coupé Jes pédoncules cérébelleux moyens exécute des mouvements circulaires ou de manége continus et involontaires.
D'après le même auteur, ces mouvements auraient lieu dans la direction du côté lésé, tandis que Longet et Laffargue soutiennent que ces mouvements s’opèrent dans la direction du côté sain, et ils expli quent ce fait comme la suite d’une paralysie croisée des extrémités d’une moitié du corps. Enfin, M. Schiff prétend que ce phénomène provient d’une paralvsie des muscles rotateurs de la colonne vertébrale d’un côté. ~ On a également remarqué qu'après la lésion ou la section des pédoncules moyens du cervelet, il survient une évacuation involontaire de la vessie sous forme d'écoulement lent et continu de l'urine.”