BRANCHE OPHTHALMIQUE DE WILLIS. ASA
Le nasal interne, ou filet ethmoidal de la branche nasale de Vophthalmique (9, fig. 1), croise perpendiculairement le grand oblique et le droit interne, s'engage dans le trou orbitaire interne et antérieur, remonte dans un canal situé au côté externe de la lame criblée de Pethmoide, passe entre l'apophyse crista-galli et une petite lame osseuse située en avant et en dehors de cette apophyse, pénètre dans le nez par une petite fente de la lame criblée, et se termine par deux ramuscules, l’un externe, l’autre interne.
L’externe se porte à la partie antérieure de la pituitaire de la paroi externe des fosses nasales, où il donne lui-même deux petites divisions (2, fig. 6). L’une d'elles traverse un pertuis situé entre le cartilage latéral et les os du nez, se place profondément au-dessous du muscle triangulaire et se rend à la peau du lobe du nez : on lui a donné le nom de naso-lobaire (8, fig. 7). L'autre se dirige en arrière et s'épanouit dans la muqueuse du cornet et du méat inférieur.
Le ramuscule interne se distribue à la partie antérieure de la pituitaire de la cloison (3, fig. 6).
Les filets que nous venons de décrire atteignent la pituitaire par sa face adhérente ; ils ne s’anastomosent jamais avec les nerfs olfactifs.
D’après ce qui précède, on voit que la branche ophthalmique de la cinquième paire est entièrement destinée chez l’homme aux téguments cutanés et muqueux ; il n’en est pas de même chez les ruminants et les pachydermes, chez lesquels l ophthalmique fournit quelques branches musculaires. Celles-ci semblent être suppléées chez l'homme par les anastomoses des nerfs moteurs avec l ophthalmique et le grand sympathique, dans le sinus caverneux; anastomoses auxquelles on peut attribuer la sensibilité et la nutrition des muscles de l'œil.
Ganglion ophthalmique (18, fig. 2; 9, fig. 4; 4, fig. 5). — Le ganglion ophthalmique, situé en dehors du nerf optique et à quelques millimètres du trou du même nom, enveloppé de toutes parts de tissu adipeux, est un renflement blanchâtre à la circonférence, gris rougeatre au centre, d’une forme tantôt lenticulaire, tantôt semi-lunaire. On lui décrit généralement quatre angles : deux postérieurs, l’un supérieur, l’autre inférieur ; deux antérieurs, distingués également en inférieur et supérieur.
L’angle postérieur et supérieur reçoit du nerf nasal de l’ophthalmique un filet long et gréle (2, fig. 5) (racine longue et grêle ou sensitive) ; on voit à langle postérieur et inférieur une racine courte et épaisse (racine motrice) (4, fig. 5), fournie par le nerf du muscle petit oblique, émanation du moteur oculaire commun. Entre les deux
racines dont nous venons de parler, le ganglion ophthalmique reçoit encore un filet (6, fig. 5) (racine molle) du plexus carotidien, et partant du grand sympathique; ce filet arrive au ganglion, tantôt directement, tantôt par la racine longue et grêle à laquelle il s’accole.
Chacun des angles antérieurs donne naissance à un faisceau de huit à douze nerfs ciliaires (7, fig. 5; 9, fig. 2), qui se dirigent flexueusement au milieu de la graisse, l’un au-dessus, l’autre au-dessous du nerf optique. Ges nerfs atteignent et perforent la partie postérieure de la sclérotique, les uns autour du nerf optique, les autres plus en avant, marchent entre la sclérotique et la choroïde en adhérant à la surface intérieure de la première de ces membranes (8, fig. 3), gagnent le nerf ciliaire où chaque nerf se divise en plusieurs filets qui s’anastomosent entre eux et avec les filets voisins, de manière à former un plexus dont les mailles sont remplies de substance grise, plexus qui a reçu le nom de ganglion ciliaire, et d'où partent des ramuscules qui se perdent, les uns dans le cercle même (muscle tenseur de la choroide), les autres dans l'iris; quelques-uns, d’après M. Giraldès, traverseraient la cornée pour s'épanouir dans la conjonctive.
Usages. — Les nerfs ciliaires président à la contraction de l'iris : ils doivent cette propriété à la racine grosse et courte du ganglion ophthalmique. La racine longue et grèle leur transmet des propriétés sensitives et leur donne une certaine influence sur la conjonctive.
2° Branche maxillaire supérieure.
(Ramus maxillaris superior nervi tfrigemini.) (PLANCHE XXVIT,)
Préparation. — FIGURE 1. — Faites une première coupe oblique d’arrière en avant et de dehors en dedans, de manière à intéresser la moitié du trou stylo-mastoïdien, une petite portion du canal carotidien, les trous déchirés postérieur, ovale, grand rond, et la base de l’apophyse ptérygoïde. Rejoignez cette coupe par une seconde qui commence à l’arcade orbitaire, en dehors du trou sôus-orbitaire, ef se termine à la partie la plus large de la fente sphénoïdale. Enlevez le fragment externe, en ayant soin de conserver le filet lacrymal du nerf orbitaire; disséquez les nerfs et les muscles de l'orbite; débarrassez le ganglion de Meckel du tissu adipeux situé au sommet de la voûte zygomatique, fendez enfin la gaine fibreuse qui enveloppe le ganglion.
Ficure 3.— Elle nécessite deux coupes: l’une dirigée obliquement d'arrière en avant et faite sur l’apophyse mastoïde, le trou déchiré postérieur, le canal carotidien et le rocher; l’autre pratiquée dans les fosses nasales, comme pour les nerfs olfactifs. Vous enlèverez alors avec précautio la membrane pituitaire de la paroi externe des fosses nasales, de manière à laisser les nerfs adhérents