‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 16 sur 210 · PIE-MÈRE CRANIENNE OU ENCÉPHALIQUE · texte numérisé non relu

PIE-MÈRE CRANIENNE OU ENCÉPHALIQUE

Beaucoup plus étendue que le feuillet viscéral de l’arachnoïde encéphalique, à laquelle elle est subjacente, la pie-mère encéphalique enveloppe immédiatement tout l’encéphale, auquel elle adhère par une myriade de vaisseaux qui le pénètrent. Au lieu de franchir l’intervalle des circonvolutions, comme l’arachnoïde, elle s’y enfonce en tapissant le fond et les parois correspondantes des anfractuosités. Cette membrane envoie aussi des prolongements dans les cavités ventriculaires, désignés sous les noms de toile choroïdienne, plexus choroïdes, ou pie-mère intérieure, par opposition à la pie-mère de la périphérie, appelée simplement pie-mère extérieure. La pie-mère encéphalique est essentiellement constituée par un réseau vasculaire dont les nombreuses ramifications sont réunies par un tissu cellulaire lâche.

En faisant l’étude comparative des vaisseaux de l’encéphale, on trouve une différence énorme dans le rapport des veines et des artères, qui est dans la pie-mère : : 6 : 1 . (Pour l’étude des veines, voy. planche 8. ) Quant à la pie-mère intérieure, elle sera étudiée avec les ventricules cérébraux.

La figure 1 montre les artères de la face inférieure de l’encéphale.

La figure 2 fait voir ces mêmes artères sur la face interne d’un hémisphère cérébral, au moyen d’une coupe verticale antéro-postérieure pratiquée sur le noyau cérébral. On voit aussi, sur la même figure, les artères du cervelet, de la protubérance et du bulbe crânien, lesquel:' sont conservés en entier et vus de profil.

Préparation. — Après avoir procédé comme pour la préparation de l’arachnoïde crânienne, dépouillez l’encéphale de l’arachnoïde, en commençant an niveau des espaces sous-arachnoïdiens, afin de séparer plus facilement cette membrane de la pie-mère , ce qui serait à peu près impossible au niveau des circonvolutions, à cause de l'intime contiguïté de ces deux enveloppes. Cette précaution devient inutile par l’insufflation préalable de l’air entre la pic mère et l’arachnoïde. L’étude du système vasculaire, qui pénètre de la pie-mère dans l’épaisseur de l’encéphale, doit se faire au moyen de deux injections de couleurs différentes. Pour bien voir les veines, l’injection "artificielle n'est pas de rigueur. Il suffit seulemen t de laisser quelques heures la tête d’un cadavre pendante, pour produire une injection naturelle, ou bien de se procurer le cadavre d’un individu mort par asphyxie.

Cette planche sert à montrer la pie-mère et ses divisions artérielles.

Les artères de l’encéphale proviennent de deux sources : 1" de l’artère sous-clavière ; 2° de l’artère carotide interne. L’artère sous-clavière donne une grosse branche à l’encéphale : c’est l’artère vertébrale. Celle-ci s’engage dans les trous des apophyses transverses des six premières vertèbres cervicales, en décrivant deux courbures principales dont l’une est entre l’axis et l’atlas ; l’autre, plus grande, entre l’allas et l’occipital. Ensuite, l’artère vertébrale pénètre dans la cavité crânienne par le trou occipital, se place entre la gouttière basilaire et le bulbe rachidien, et forme, au niveau du sillon qui sépare le bulbe de la protubérance, en s’anastomosant avec celle du côté opposé , le tronc basilaire. Arrivé au devant du bord antérieur de la protubérance, ce tronc se bifurque. Les deux branches de cette bifurcation s’anastomosent avec l’artère carotide interne, au moyen de l’artère communicante de Willis. De ces quatre branches principales, c’est-à-dire des deux vertébrales et des deux carotides internes émanent toutes les artères du centre nerveux médullo- encéphalique, divisées en artères de la moelle, du cervelet et du cerveau.

I Des artères de la moelle, les unes, celles de la face antérieure, proviennent du rameau spinal antérieur; les autres, postérieures à la moelle, sont appelées rameaux spinaux postérieurs. Ces rameaux spinaux émanent des artères vertébrales et reçoivent, de chaque côté, dans toute la longueur de la moelle, des branches de renforcement des artères thyroïdiennes, vertébrales, cervicales profondes, intercostales, lombaires, iléo-lombaires et sacrées latérales.

2° Des artères du cervelet , au nombre de trois de chaque côté, deux appartiennent à sa face inférieure, et se distribuent, l’une , à la portion postérieure de sa face inférieure : c’est l’artère cérébelleuse postérieure et inférieure; l’autre, à la portion antérieure de la même face : c’est l’artère cérébelleuse antérieure et inférieure. La troisième se ramifie dans toute la face supérieure du cervelet : on l’appelle cérébelleuse supérieure. De ces trois artères cérébelleuses, une seule, la première, provient de l’artère vertébrale ; les deux autres viennent du tronc basilaire.

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

3° Des artères du cerveau , au nombre de trois de chaque côté , la première, artère cérébrale postérieure, est la bifurcation même du tronc basilaire et se distribue dans le lobe postérieur. La deuxième, cérébrale moyenne, se perd dans le lobe moyen. La troisième, artère cérébrale antérieure ou artère du corps calleux, envoie des rameaux au lobe antérieur, au corps calleux et à la face interne des hémisphères. Ces deux dernières sont fournies par l’artère carotide interne.

Il résulte de cette disposition anatomique, queles artères carotides internes s’anastomosent indirectement avec les sous-clavières, au moyen de deux petites artères placées d’avant en arrière su ries côtés de l’excavation médiane du cerveau. Ce sont: les artères communicantes postérieures ou communicantes de Willis, ainsi nommées par opposition à une artériole située transversalement sur la ligne médiane, qu’on appelle artère communicante antérieure et qui sert de communication entre les deux artères cérébrales antérieures. Ces anastomoses se voient dans l’excavation médiane de la base du cerveau et concourent à former un hexagone artériel dont les bords antérieurs sont constitués par les cérébrales antérieures, les bords postérieurs par les cérébrales postérieures, et les bords latéraux par les communicantes de Willis. A l’angle antérieur correspond l’artère communicante antérieure; à l’angle postérieur, le tronc basilaire ; aux angles latéraux et antérieurs, les cérébrales moyennes ; aux angles latéraux et postérieurs, les cérébrales postérieures.

Explication «le la figure 1.

Système vasculaire. — a, A. Artères vertébrales. — B. Rameau spinal antérieur ou médian antérieur. Ce rameau provient de l’anastomose par convergence de deux ramusculcs fournis par les artères vertébrales. — C,G. Rameaux spinaux posléiieursdonnés par les artères vertébralesauniveau des parties latéralesdu bulbe crânien. Ils se dirigent sur la face postérieure de celui-ci où ils deviennent parallèles entre eux. — D. D. Artères cérébelleuses inférieure et postérieure. — E. Tronc basilaire résultant de l’anastomose par convergence des artères vertébrales.

— F, F. Ramusculcs chevelus de la protubérance. — G. Cérébelleuse inférieure et antérieure. — - U. Cérébelleuse supérieure Elle contourne le pédoncule cérébral et se perd sur la face supérieure du cervelet. — I. Artère cérébrale postérieure. Branche terminale du tronc basilaire, elle se dirige en dehors parallèlement à la cérébelleuse supérieure, dont elle est séparée par le nerf moteur oculaire commun ; de là, se porte en arrière, entre le cervelet et le lobe postérieur du cerveau dans lequel elle se ramifie. On voit, sur le lobe postérieur du cerveau, du côté gauche, le trajet de cette artère mise à nu, au moyen de l’ablation de l’hémisphère correspondant du cervelet, par une section faite sur son pédoncule moyen. — J. Choroïdienne postérieure. Elle vient de la cérébrale postérieure, contourne les pédoncules du cerveau, passe dans la fente cérébrale de Bichat, et se ramifie dans les plexus choroïdes et la toile choroïdienne. — K. Artère communicante postérieure ou de illis. — L. Artère carotide interne coupée, donnant : en arrière, — M, la choroïdienne antérieure ; en dehors, — N, la cérébrale moyenne. Celte artère se dirige vers la scissure de Sylvius, dans laquelle elle s’enfonce, après avoir fourni des rameaux à la face inférieure du lobe antérieur du cerveau. On voit du côté gauche, par l’ablation d’une portion du lobe moyen, la même artère dans la scissure de Sylvius et ses trois branches. L’une, antérieure, repose sur le lobe antérieur auquel elle envoie des rameaux; l’autre, postérieure, sur le lobe postérieur qui reçoit aussi des rameaux ; la troisième répond au lobe triangulaire qu’on remarque au fond de la scissure de Sylvius et auquel elle donne des ramifications. Toutes ces branches viennent ensuite se réfléchir, de bas en haut, sur la convexité du cerveau dans laquelle elles se perdent après s’être anastomosées entre elles, et avec les artères cérébrales antérieure et postérieure. — O. Cérébrale antérieure. — P. Point de réflexion de cette artère sur le corps calleux. — R. Artère co m m u n ica n le antérieure.

Système nerveux. — Les nerfs crâniens sont vus à leur origine, afin d’étudier leurs rapports avec les artères.

• Explication «le la fijfiire 2.

Système vasculaire . — A. Artère vertébrale. — B. Rameau spinal antérieur. — C. Rameau spinal postérieur.

— 1). Artères cérébelleuses inférieure et postérieure. — E. Tronc basilaire. — F. Artères cérébelleuses inférieure et antérieure. — G. Cérébelleuse supérieure se distribuant à la face supérieure du cervelet. II. Artère céiébiale postérieure coupée. — I. Choroïdienne postérieure. Elle contourne le pédoncule du cerveau, passe entic les tubercules quadrijumeaux cl le bourrelet du corps calleux , et se perd dans le plexus choroïde. — J. Artère communicante de illis. — K Carotide interne. — L. Cérébrale moyenne se perdant dans la scissure de Sylvius. — M. Cérébrale antérieure contournant le corps calleux, auquel elle donne plusieurs branches et se ramifiant sur la face interne de l’hémisphère.

Système nerveux. — l. Face interne de l’hémisphère gauche. — 2. Corps calleux 3. Septum lucidum.

— lx. Voûte à trois piliers. — 5. Moitié du ventricule moyen. — 6. Glande pinéale et ses pédoncules. — 7. Tubercules quadrijumeaux. - 8. Pédoncule cérébral droit coupé. — 9. Protubérance annulaire. — 10. Bulbe crânien.

— 11. Cervelet vu de profil.

PI, .12 et 13.

Fig. a. Flg.3.

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