‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 176 sur 210 · SINUS DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

SINUS DES FOSSES NASALES

Les fosses nasales sont en communication avec des arrière-cavités appelées sinus, qui existent à peine chez l’enfant, et offrent un développement d’autant plus considérable que l’individu est plus avancé en âge. Ces sinus sont, chez l’homme, au nombre de quatre de chaque côté, savoir: les sinus etlnnoïdaux, les sinus frontaux, les sinus maxillaires et les sinus sphénoïdaux.

1° Sinus et/moïdaux, ou cellules ethmoïdales. — Plus ou moins irrégulières, ces cellules se divisent de chaque côté en antérieures et en postérieures, séparées les unes des autres par une cloison complète. Les antérieures, plus nombreuses et plus vastes, communiquent toutes entre elles et s’ouvrent par une ou deux ouvertures dans le méat moyen. La plus large, plus évasée supérieurement qu’inférieurement, a reçu le nom d’ infundibulum, et établit la communication entre le méat moyen, le sinus frontal et le sinus maxillaire.

Les cellules postérieures, séparées les unes des autres par des cloisons incomplètes, s’ouvrent en avant dans le méat supérieur; en arrière, tantôt elles sont complètement fermées par une lame osseuse, tantôt au contraire elles s’abouchent avec les cornets sphénoïdaux, ou directement avec les sinus sphénoïdaux.

2° Sinus frontaux. — Ce sont deux cavités creusées dans l’épaisseur de l’os frontal , et séparées l’une de l’autre par une cloison verticale souvent déjetée à droite ou à gauche et quelquefois même perforée de manière à laisser une voie de communication. Chacune de ces cavités s’ouvre à la partie antérieure et supérieure du méat moyen correspondant, par l’intermédiaire de l’infundibulum.

Les sinus frontaux présentent quelquefois, en arrière, entre les deux lames de la voûte orbitaire, et en dehors, chez les vieillards, une capacité si considérable, qu’on les a vus s’étendre jusque dans l’apophyse orbitaire externe du coronal. La cloison qui les sépare, assez épaisse tant que les deux portions qui constituent le coronal ne sont pas complètement soudées , s’amincit par les progrès de l’âge.

3° Sinus maxillaires , ou antres d'Uighmore. — Ces sinus, qui tirent leur nom des os maxillaires supérieurs dans lesquels ils sont creusés, sont les plus grands des fosses nasales. Leur forme est celle d’une pyramide triangulaire dont la base, percée d’une ouverture, répond à la paroi interne des fosses nasales, et dont le sommet est tourné vers l’apophyse malaire. Les trois parois qui limitent chacune de ces cavités, quoique minces, contiennent dans leur épaisseur des canaux proéminant plus ou moins sous forme de crêtes et de saillies dans l’intérieur du sinus.

La paroi supérieure forme le plancher de l’orbite; on y voit la gouttière et le canal sous-orbitaires, destinés aux vaisseaux et au nerf du même nom.

La paroi antérieure ou antéro-externe répond à la fosse canine, et renferme des canaux dans lesquels on trouve les vaisseaux et nerfs dentaires antérieurs et supérieurs.

La paroi postérieure ou postéro-externe, formée par la tubérosité maxillaire, répond à la (osse zygomatique et est parcourue par les conduits dentaires postérieurs et supérieurs.

La réunion des parois antérieure, postérieure et interne (base), constitue une rigole qui n’est séparée des cavités alvéolaires des grosses et des petites molaires que par une lamelle très mince, percée de trous, souvent soulevée et quelquefois même perforée par les racines des dents, qui pénètrent dans la paroi externe du sinus. La minceur de cette lame osseuse a été utilisée pour pratiquer une ouverture du sinus lorsqu’une maladie l’exige. En elfet , par l’extraction d’une grosse ou d’une petite molaire, on peut pénétrer sans beaucoup de résistance dans l’intérieur du sinus, au

ORGANES DE L’ODORAT OU DE L’OLFACTION

moyen d’un instrument porté dans le fond de l’alvéole, et donner de cette manière issue au pus, ou attaquer des tumeurs fongueuses. M. Gosselin fait remarquer ( Compendium de chirurgie , t. II) que souvent la rigole n’est pas assez longue et ne correspond qu’aux grosses molaires, et que chez les vieillards, après la chute des dents, lorsque les alvéoles se sont effacés, la lame osseuse qui sépare le fond de la rigole de la gencive peut avoir jusqu’à un centimètre d’épaisseur.

Parmi les angles du sinus maxillaire, nous signalerons l’angle externe ou le sommet, qui se prolonge quelquefois chez les vieillards jusque dans l’os malaire; l’angle postérieur, dans lequel est contenue la dent de sagesse avant sa sortie ; et l’angle antérieur, où proémine le canal nasal.

L’ouverture dont la base du sinus est percée, très grande et irrégulièrement triangulaire dans un os isolé, est considérablement rétrécie sur une tête entière, en haut par l’ethmoïde, en bas par le cornet inférieur, en avant par l’os unguis, en arrière par le palatin.

Ces cavités présentent des variétés de forme et de capacité ; quelquefois elles sont chacune partagées en deux par une cloison, et il n’est pas rare d’en voir une plus grande que celle du côté opposé. Bordenave a remarqué que leurs dimensions sont généralement en raison inverse de celles des fosses nasales.

lx° Sinus sphénoïdaux. — Ils sont creusés dans le corps du sphénoïde et séparés l’un de l’autre par une petite cloison plus ou moins verticale et quelquefois percée d’un trou. Chacun d’eux est subdivisé en cellules par des cloisons incomplètes. Ils s’unissent avec les cornets de Bertin, qui dépendent souvent soit du sphénoïde, soit de l’ethmoïde , et communiquent avec les cellules ethmoïdales postérieures et avec le méat supérieur des fosses nasales. La membrane pituitaire se prolonge dans leur intérieur et rétrécit leur entrée.

Enumération des os des fosses nasales. — Les os qui entrent dans la conformation des fosses nasales sont au nombre de quatorze, savoir : les os propres du nez, les maxillaires supérieurs, les palatins, l’épine nasale du frontal, l’ethmoïde, le sphénoïde, le vomer, les os unguis et les cornets inférieurs.

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