‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 24 sur 210 · MANIÈRE D’ÉTUDIER L’ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

MANIÈRE D’ÉTUDIER L’ENCÉPHALE

Les auteurs ne sont pas d’accord sur la manière d’étudier l’encéphale. Les uns, à l’exemple de Vicq d’Azyr, procédant de la convexité vers la base et par couches successives , étudient par ordre de superposition, au fur et à mesure, la conformation extérieure de chacun des organes et leurs rapports réciproques; les autres, imitateurs de Gall et de Spurzheim, qui n’ont fait eux-mêmes que renouveler et perfectionner la méthode de Varoli , se sont appliqués uniquement â déterminer les connexions réciproques des différentes parties, en procédant de la base â la convexité, ou de la moelle vers le cerveau.

Loin de moi la pensée de contester ici l’utilité de ces méthodes. Je me permettrai toutefois de reprocher a la première de ne donner , pour ainsi dire , que la description topographique et de négliger l étude si importante des connexions intimes des parties constituantes de l’encéphale.

La seconde méthode, qui est celle de nos auteurs français fes plus modernes, a eu presque exclusivement pour objet de faire connaître les connexions différentes des organes , de suivre les prolongements des faisceaux delà moelle épinière à travers les autres renflements encéphaliques et n’a accordé que peu de chose à la topographie ; de sorte qu’au lieu de simplifier l’étude du centre nerveux, cette méthode n’a apporté que des complications.

Mes rapports directs et journaliers avec lesélèves m’ayant mis â même, dans mes cours , d’apprécier la valeur relative de ces deux méthodes et d’insister principalement sur la dernière, qui me paraissait être la meilleure , il m’a été facile de reconnaître que les élèves avaient beaucoup de peine

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

à saisir et à comprendre la description des diverses parties de l’encéphale. L’étude d’un organe m’obligeant de les entretenir à la fois d’un grand nombre d’autres organes qu’ils n’avaient jamais vus et dont la synonymie si variée et si difficile les détournait du sujet principal , il ne restait dans leur esprit que des idées vagues , confuses, que des notions anatomiques très superficielles sur le centre nerveux.

Il m’a donc paru nécessaire, pour simplifier l’étude si compliquée de l’encéphale, de donner d’abord des idées d’ensemble sur tout ce qu’on peut apercevoir à la périphérie , par le simple écartement des parties et sans le secours de l’instrument tranchant: cela fait , de pénétrer ensuite plus avant , afin de découvrir les organes cachés, par des coupes simples, faites de la convexité vers la base ou de la base vers la convexité.

Après avoir ainsi initié les élèves à la synonymie des organes et leur avoir fait connaître la conformation extérieure et la position respective de chacun d’eux, on peut alors passer à l’étude plus compliquée de ces organes, montrer à l’aide de coupes composées leurs connexions intimes, et suivre par des procédés variés, les divers prolongements de la moelle, à travers les renflements encéphaliques.

Cette méthode, qui nous paraît offrir des avantages sur les deux autres, est celle que nous avons adoptée dans l’étude de l’encéphale.

1° APERÇU GÉNÉRAL DES PARTIES CONSTITUANTES DE L'ENCÉPHALE DÉPOUILLÉES DE LA PIE-MÈRE, QUE L’ON VOIT PAR LE SIMPLE ÉCARTEMENT ET SANS LE SECOURS DE L’INSTRUMENT TRANCHANT.

Une scissure médiane , profonde et antéro-postérieure {voy. fig. 1 , pl. 2 1\), divise la convexité de l’encéphale en deux portions égales appelées improprement hémisphères cérébraux, et mieux lobes du cerveau. Par un léger écartement des lobes, on voit que, séparés complètement dans toute l’étendue delà convexité par la grande scissure médiane, ces mêmes lobes sont réunis, vers la partie moyenne et à quelque distance de la superficie , par un corps blanchâtre, presque central, à fibres transversales, qui leur sert de moyen d’union ou de commissure : c’est le corps calleux.

De chaque côté de la ligne médiane, entre la face supérieure et latérale du corps calleux et la face inférieure de la circonvolution antéro-postérieure , superposée à ce corps, on remarque une excavation longitudinale antéro-postérieure: c’est le ventricule ou sinus du corps calleux ( sinus cor poris callosi) que certains anatomistes ont comparé aux ventricules ou sinus du larynx.

La base de l’encéphale offre à considérer {voy. fig. 2, pl. 2â) la face inférieure des lobes du cerveau, du cervelet et de la moelle allongée. Une scissure transversale, curviligne et profonde, appelée scissure de Sylvius, divise, au niveau de son tiers antérieur, chaque lobe en deux portions inégales. La portion qui est antérieure à cette scissure est légèrement excavée et repose sur la surface orbitaire constituée principalement par l’os frontal : on la nomme lobule antérieur ou frontal. La portion postérieure à cette scissure, beaucoup plus grande que l’autre, est creusée aussi d’une excavation qui répond au cervelet , dont elle est séparée par la tente: c’,est le lobe postérieur de quelques anatomistes. L’extrémité antérieure de ce lobe, qui est logée dans la fosse latérale et moyenne de la base du crâne, fosse sphénoïdale, est désignée sous le nom de lobule moyen ou lobule sphénoïdal . Son extrémité postérieure, située dans la fosse occipitale postérieure et supérieure , s’appelle lobule postérieur ou occipital.

Quand on soulève un peu le lobule moyen, on voit au fond de la scissure de Sylvius : 1° en dedans, un espace blanchâtre, criblé çle trous vasculaires : c’est la substance blanche perforée de Vicq à‘ Azyr ou espace perforé latéral ; T en dehors, un lobule triangulaire parsemé de circonvolutions, à sommet libre et à base confondue avec les lobules frontal et sphénoïdal : c’est Yinsula de Reil ou lobule du corps strié.

Sur la ligne médiane, les deux lobes sont séparés, en avant et en arrière, par la grande scissure verticale antéro-postérieure. En écartant les lobules frontaux, on aperçoit (fig. R, pl. 17) l’extrémité antérieure du corps calleux se réfléchir de la convexité vers la base, et former le genou et le bec de cette commissure. Immédiatement en arrière est le chiasma des nerfs optiques. Si on le renverse d’avant en arrière, on reconnaît qu’il se continue avec la portion moyenne de l’extrémité antérieure

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

du corps calleux, au moyen d’une lame appelée sus-optique , qui concourt à former la partie antérieure ou plancher antérieur d’une cavité nommée troisième ventricule. Derrière le chiasma des nerfs optiques se trouve (fig. 2, pl. 24) une substance grise appelée tuber cinereum , laquelle se continue avec une petite tige grisâtre, nommée infundibulum ou tige pituitaire, qui communique avec la glande pituitaire. On remarque plus en arrière deux éminences blanchâtres du volume d'un pois : ce sont les tubercules mamillaires ou pisiformes; derrière ceux-ci sont les lamelles triangulaires perforées : c’est la substance perforée médiane ou espace perforé moyen. Toutes ces parties énumérées occupent une excavation limitée, en avant, par les portions les plus reculées des lobules frontaux; sur les côtés, par les lobules sphénoïdaux; en arrière , par un renflement considérable appelé protubérance annulaire on pont de Varole. Cette excavation est l’excavation médiane du cerveau, qui circonscrit l’hexagone artériel.

Des parties latérales et antérieures de la protubérance émergent deux grosses colonnes blanches, fâsciculées , qui se dirigent en divergeant vers les lobules du cerveau où elles pénètrent : ce sont les pédoncules du cerveau ; ils sont croisés obliquement par deux lamelles médullaires, minces et blanches , appelées bandelettes des nerfs optiques , lesquelles se dirigent en avant , en convergeant, pour former le chiasma.

Les pédoncules et les bandelettes interceptent un espace losangique dans lequel on voit, d’avant en arrière, le tuber cinereum et son infundibulum, les tubercules mamillaires et les lamelles perforées médianes. L’ensemble de toutes ces parties constitue la paroi inférieure ou plancher du ventricule moyen du cerveau.

Sur les côtés du pont de Varole, et un peu en arrière, on distingue deux portions hémisphériques : ce sont les lobe latéraux du cervelet. Un examen attentif de la portion antérieure de la circonférence permet de reconnaître qu’ils tiennent à la protubérance au moyen de deux prolongements îasciculés et blanchâtres : ce sont les pédoncules moyens du cervelet ou processus cerebelli ad pontem Varoli.

Derrière la protubérance, entre les hémisphères du cervelet, on remarque : le bulbe rachidien ou crânien , séparé de la protubérance par un sillon superficiel, transversal et curviligne, dans lequel s’insère la sixième paire des nerfs crâniens. Du milieu de ce sillon part à angle droit un autre sillon, qui se continue avec le sillon médian antérieur delà moelle épinière. Les côtés de ce sillon sont bordés par les pyramides. En dehors de celles-ci est un autre sillon qui se continue avec le sillon collatéral antérieur de la moelle et dans lequel s’insère le nerf grand hypoglosse. Plus en dehors , on rencontre les olives, et enfin, plus en dehors encore , et un peu en arrière, se trouvent les corps resti formes , qui reçoivent l’insertion de la huitième paire de nerfs. Un sillon sépare les olives des corps restiformes et semble se continuer avec le sillon collatéral postérieur de la moelle épinière. En écartant le bulbe crânien du cervelet, on voit sur celui-ci une scissure médiane qui le divise complètement en arrière, et lui forme, en avant, une large gouttière qui loge le bulbe crânien. Si l’on écarte l’un de l’autre les deux lobes du cervelet, on remarque au fond une éminence pyramidale, sillonnée transversalement et connue sous le nom de vermis inferior , laquelle constitue en partie le lobe moyen du cervelet.

On distingue entre le vermis inferior et le bulbe crânien soulevé une portion d’une cavité nommée quatrième ventricule. En renversant un peu le cervelet, d’arrière en avant, on trouve une fente transversale formée par l’extrémité postérieure du corps calleux et par quatre éminences qu’on nomme tubercules quadrijumeaux. Cette fente change de direction de chaque côté et devient antéropostérieure, en contournant le pédoncule cérébral , pour se continuer avec la scissure de Sylvius. Cette fente s’appelle grande fente cérébrale de Bichat; elle est traversée par les veines de Galien et par les prolongements de l’arachnoïde et de la pie-mère.

T APERÇU GÉNÉRAL DES PARTIES PROFONDES DE L’ENCÉPHALE , QU’ON PEUT VOIR A L’AIDE DE COUPES SIMPLES.

llest bon de se rappeler que, par l’écartement des lobes, on aperçoit au fond delà scissure médiane le corps calleux, et sur les parties latérales les ventricules de ce corps. Si on enlève toute la portion supérieure de chaque hémisphère, en pénétrant dans cette excavation par une section qui, d’abord

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

Aorizontale , remonte un peu de dedans en dehors, pour redescendre bientôt au même niveau , ou découvre alors une surface horizontale, légèrement onduleuse, de forme ovalaire, dont la périphérie est constituée par la substance grise ou corticale des circonvolutions et le centre par un noyau blanc très considérable de substance médullaire : c’est le centre, ovale de Vieussens [voy. fig. 1 , pl. 21), au milieu duquel se trouve le corps calleux , facile à reconnaître à la direction de ses fibres, qui sont transversales et croisées perpendiculairement par deux faisceaux de fibres qu’on nomme tracius médullaires longitudinaux ou nerfs longitudinaux de Lancisi.

Le corps calleux étant divisé avec la pointe d’un scalpel , par une incision qui longe chaque côté de la ligne médiane et les deux lambeaux latéraux renversés, on soulève ensuite la portion restante de ce corps, espèce de bandelette; on découvre alors une cloison mince, translucide, triangulaire, placée de champ, adhérente à la face inférieure de cette bandelette, qui sépare en avant, l’une de l’autre, deux cavités. Cette cloison est la cloison transparente ou septum lucidum , et les deux cavités sont les ventricules latéraux. Si l’on détache la cloison de la portion du corps calleux restée intacte, on distingue, après avoir renversé les lambeaux [voy. fig. 1, pl. 18), une petite fente formée par deux lamelles adossées du septum lucidum : cette fente est le ventricule du septum lucidum , ou fosse de Sylvius. Derrière et au-dessous, est une lame médullaire, triangulaire et horizontale, à sommet simple en apparence, dirigé enavant et dont la base, en arrière, présente sur ses angles deux prolongements nommés piliers postérieurs, qui pénètrent dans la portion réfléchie des ventricules latéraux. Cette lame porte le nom de voûte à trois piliers; elle est longée, sur les côtés, par les plexus choroïdes , et concourt par son sommet à former les trous de Monro : deux petits orifices qui établissent une communication entre les ventricules latéraux et le ventricule moyen.

La voûte à trois piliers étant divisée transversalement en deux portions et les lambeaux renversés, on remarque au-dessous (fig. 3) une lame membraneuse, triangulaire, prolongement de la pie-mère extérieure , qui se continue de chaque côté avec les plexus choroïdes : c’est la toile choroïdienne. Enfin, l’ablation de celle-ci permet à l’œil de pénétrer jusque dans une pelite cavité oblongue [voy. fig. t, pl. 17), située sur la ligne médiane , qu’on nomme ventricule moyen ou troisième ventricule ; elle est traversée, vers sa partie moyenne, par une espèce de pont, de couleur grisâtre : c’est la commissure grise. Cette cavité est limitée en avant par l’extrémité antérieure de la voûte à trois piliers, qui se bifurque en cet endroit pour former les deux piliers antérieurs de la voûte. Si l’on écarte légèrement ces piliers, on voit qu’ils sont croisés en avant à angle droit, par un faisceau de fibres blanchâtres, appelé commissure antérieure. Quand on soulève la portion postérieure et la plus épaisse du corps calleux, appelée bourrelet, on voit au-dessous une fente qui est la portion transversale de la grande fente cérébrale de Bich at. L’ablation du bourrelet découvre les veines de Galien qui traversent cette fente. Sur les côtés et un peu en arrière du troisième ventricule , on remarque deux saillies ovoïdes, convergeant en avant : ce sont les couches optiques; en avant et en dehors de celles-ci sont deux rendements piriformes, d’un gris plus foncé, à grosse extrémité tournée en avant : ce sont les corps striés ; ils sont séparés l’un de l’autre par un sillon demi-circulaire qui reçoit la lame cornée. Au-dessous de celle-ci on voit la bandelette demi-circulaire.

Les couches optiques, les corps striés, les lames cornées et les bandelettes constituent la paroi inférieure ou plancher des ventricules latéraux.

En arrière des couches optiques , les ventricules latéraux se prolongent plus ou moins dans le lobe occipital du cerveau pour former une cavité appelée digitale ou ancyroïde. La cavité digitale présente sur les parois interne et inférieure une saillie quelquefois double, nommée ergot de Morand ou petit hippocampe. En soulevant légèrement les extrémités postérieures des couches optiques , on voit les ventricules latéraux se réfléchir pour se prolonger dans le lobe sphénoïdal et constituer (fig. 2, pl. 18) \' étage inférieur des ventricules latéraux. La paroi supérieure de cet étage, constituée par la face inférieure des couches optiques , offre de chaque côté deux petits renflements grisâtres désignés sous le nom de corps genouiUés et distingués en interne et en externe , le premier plus petit que l’autre. La paroi inférieure et interne de cet étage porte une saillie appelée corne d ’Ammon , ou grand hippocampe , dont) le bord concave est surmonté d’une lamelle médullaire à laquelle a été donné le nom de corps bordé , et mieux corps bordant.

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

Entre les extrémités postérieures des couches optiques et immédiatement en arrière du troisième ventricule, sont )(fig. 1, pl. 17) deux éminences désignées sous le nom de tubercules quadrijumeaux. Les deux tubercules antérieurs s’appellent ncdes et les postérieurs testes. Un corps grisâtre , conoïde, placé sur la ligne médiane, sépare l’un de l’autre les tubercules antérieurs : c’est la glande pinéale ou conarium; elle est fixée aux couches optiques par deux tractus blanchâtres bordant le troisième ventricule et constituant les pédoncules antérieurs de la glande ( habenœ ). Par un léger renversement de la glande pinéale, on découvre au-devant et au-dessous d’elle, un faisceau de fibres blanches, dirigées transversalement d’une couche optique à l’autre : c’est la commissure postérieure. Derrière les tubercules postérieurs ou testes , on rencontre une portion de la face supérieure du cervelet. Une échancrure pratiquée sur cet organe, au point correspondant aux nates , laisse voir une lame grisâtre, mi-transparente : c’est la miaule de Vieussens ; elle se continue de chaque côté avec un faisceau médullaire blanc, qui se dirige du cervelet vers les testes. Ce faisceau constitue les pédoncules supérieurs du cervelet ou processus cerebelli ad testes.

Si l’on écarte l’un de l’autre les hémisphères du cervelet, préalablement divisé par une section verticale antéro-postérieure, on arrive dans une petite cavité losangique appelée quatrième ventricule , dont le bulbe crânien et la protubérance constituent la paroi antérieure, et le cervelet la paroi postérieure. Ce ventricule communique avec le troisième au moyen d’un canal qui passe sous les tubercules quadrijumeaux et qu’on appelle aqueduc de Sylvius.

Nous venons d’étudier l’encéphale à sa périphérie et de faire connaître, au moyen de coupes horizontales pratiquées de la convexité vers la base, toutes les parties centrales qui le constituent ; nous allons passer successivement à l’étude de chacune d’elles et déterminer leurs connexions réciproques, en procédant de la moelle vers l’encéphale.

Nous diviserons, comme tous les anatomistes, l’encéphale en trois parties ou segments : 1° la moelle allongée ; 2" le cervelet ; 3° le cerveau. La séparation du cervelet et du cerveau est indiquée naturellement par une scissure profonde et horizontale, intermédiaire à ces deux organes, dans laquelle se trouve la tente du cervelet. 11 n’en est pas de même de la moelle allongée ; ses limites ne pouvant être fixées d’une manière aussi rigoureuse, elles sont purement arbitraires. Aussi, la dénomination de moelle allongée est une expression qui a été employée indifféremment par les auteurs pour désigner des objets si divers, qu’il en est résulté une grande confusion pour l’étude.

Haller appelle moelle allongée le bulbe rachidien seulement. Aux yeux de certains anatomistes , la moelle allongée comprend le bulbe crânien , la protubérance annulaire, les pédoncules , les tubercules quadrijumeaux, les couches optiques, les corps striés ; en un mot , toutes les parties contenues dans la cavité crânienne , le cerveau et le cervelet exceptés. D’autres, et c’est le plus grand nombre , désignent sous le nom de moelle allongée la réunion du bulbe, de la protubérance annulaire, des pédoncules cérébraux et cérébelleux ; enfin , toutes les parties blanches ou médullaires placées à la base de l’encéphale.

J’adopte volontiers cette dernière division, qui me semble plus rationnelle et plus conforme à l’étymologie du mot. La dénomination de moelle allongée a été donnée à ces organes, à cause sans doute de leur coloration, qui est celle delà moelle épinière, c’est-à-dire qu’ils sont, comme celle-ci, blancs à l’extérieur et gris à l’intérieur ; et aussi parce que ces organes, privés comme elle de circonvolutions et d’anfractuosités, se prolongent dans la cavité crânienne. Cette division permet de réunir sous un même titre le bulbe crânien et X isthme de l’encéphale , dont l’ensemble constitue la moelle allongée du plus grand nombre des auteurs.

Nous allons maintenant aborder l’étude des parties constituantes de la moelle allongée et déterminer leurs connexions réciproques.

Préparation. — La préparation de l’encéphale sera précédée de celles qui sont indiquées ci-dessus pour les méninges. Dépouillez l’encéphale de la pie-mère avec lenteur et précaution, pour ne pas entamer la substance propre de cet organe, qui adhère à cette membrane par une multitude de prolongements celiulovasculaires. Pour cela, il est indispensable que l’encéphale immerge dans l’eau complètement. Cette précaution lacilite singulièrement l'ablation de la pie-mère, et permet de tourner le cerveau dans tous les sens, sans altérer sa forme. On a aussi l’avantage de le dégorger du sang qu’il contient.

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

Le choix d’un sujet convenable n’est pas indifférent; il doit tomber de préférence sur le cadavre d’un adulte mort d’une maladie aiguë, les affections cérébrales exceptées. Les sujets morts d’apoplexie ou des suites d’un coup ou d’une chute sur la tète ne peuvent servir. L’ouverture du crâne sera faite avec le marteau pour ne pas intéresser l’encéphale.

L’étude de la disposition des fibres exige des cerveaux durcis par l’alcool, porté d’abord à 32 degrés, et à /lO degrés, après une immersion de deux ou trois jours. Afin de durcir plus facilement un cerveau entier, il est bon de pratiquer sur les hémisphères des piqûres qui pénètrent jusque dans les ventricules ou de diviser l'encéphale en plusieurs portions. La préparation sera retournée tous les jours pour rendre l’endurcissement uniforme. On évite ainsi la putréfaction ouïe ramollissement de la portion inférieure du cerveau qui touche le fond du vase.

Les acides minéraux et métalliques sont inférieurs à l’alcool ; trop faibles, ils ne durcissent pas assez les parties; trop concentrés, ils les rendent cassantes. L’acide chromique doit être réservé pour les études microscopiques. La créosote et les liquides créosotés, les alcalis, les dissolutions de sublimé et d’autres sels métalliques conviennent encore moins.

Dessiné d'après nature elliüi.par Lévelllé ^ ■ Prépare par LudO

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PLAÎÎCIIE 14.

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