‹ Névrologie, ou, Description et iconographie du système nerveux [electronic resource]Chapitre 26 sur 210 · FACE ANTÉRO-INFÉRIEURE DE LA MOELLE- ALLONGÉE · texte numérisé non relu

FACE ANTÉRO-INFÉRIEURE DE LA MOELLE- ALLONGÉE

La face antéro-inférieure de la moelle allongée présente la protubérance annulaire ou pont de \ arole,le bulbe rachidien ou crânien, les pédoncules cérébelleux moyens et les pédoncules cérébraux

ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX

Explication aie la figure 1.

1. Protubérance annulaire ( pont de Varole, mésocéphale,nœudde l’ encéphale). C’est un renflement blanc, cuboïde, placé à la base de l’encéphale, et intermédiaire , d’une part, à la moelle épinière, au cerveau et au cervelet, dont il est en quelque sorte le lien commun ; de l’autre , à la gouttière basilaire , sur la partie supérieure de laquelle il repose. Elle offre à sa face inférieure ou antérieure et sur la ligne médiane, ùn sillon large, antéro-postérieur, qui loge le tronc basilaire : ce sillon est le produit de deux saillies longitudinales, dues au soulèvement des fibres transverses de la protubérance par les pyramides qui la traversent. Trois séries de fibres transversales et blanchâtres, disposées en autant de bandelettes ou faisceaux, se remarquent sur cette face : l’une, supérieure, se contourne de bas en haut, pour constituer la partie supérieure des pédoncules moyens du cervelet; l’autre, moyenne, croise en descendant et en dehors la bandelette inférieure, pour former avec celle-ci la partie inférieure des pédoncules moyens du cervelet.

Dans l’écartement qui sépare l'une de l’autre la bandelette moyenne et la bandelette supérieure, on voit. 2,2, l 'origine apparente de la cinquième paire. Les faces latérales de la protubérance se confondent avec, 3, 3, les pédoncules moyens du cervelet. Ces pédoncules se continuent directement avec les fibres transverses de la protubérance, lesquelles se contournent en se réunissant en faisceaux, pour contribuer à la formation du noyau blanc du cervelet.

(Ici le pédoncule droit est conservé pour montrer ses irradiations jusque dans les lamelles du cervelet; le pédoncule gauche est coupé.)

La protubérance se continue en arrière, avec, U , le bulbe crânien.

Le bulbe crânien est un renflement conoïde et tronqué, légèrement aplati d’avant en arrière, à sommet dirigé en bas; sa base est limitée par un sillon transversal , curviligne et superficiel , qui le sépare de la protubérance avec laquelle il se confond. Ce sillon est l’origine apparente de la sixième paire. Ce renflement occupe , en haut et en arrière , l’échancrure médiane du cervelet , en bas et en avant , la gouttière basilaire de l’occipital , dont il est séparé par les artères vertébrales. Il constitue, d’après les uns, l’extrémité supérieure ou portion crânienne de la moelle épinière ( pars cephalica medullœ spinalis) ; d’après les autres, l’extrémité inférieure de la moelle allongée, queue de la moelle allongée ( caudex medullœ oblongalœ ) , et réunit la moelle épinière au cerveau et au cervelet, fl offre au milieu le sillon médian superficiel, qui se continue, en bas, avec le sillon antérieur de la moelle épinière. L’extrémité supérieure de ce sillon se termine par une fossette appelée trou borgne de Vicq d’Azyr, et tombe perpendiculairement sur le sillon curviligne précédent; son extrémité inférieure est déviée un peu par l'effet d’un entre-croisement qui a lieu sur ce point. L’écartement des bords de ce sillon laisse voir au fond une lame blanchâtre criblée de trous vasculaires.

De chaque côté de ce sillon se voient , 5, 5, les pyramides : elles sont constituées par deux cordons prismatiques, triangulaires, légèrement renflés au milieu, à base périphérique et à sommet central, qui pénètre jusque vers le milieu de l’épaisseur du bulbe; elles mesurent toute la longueur du bulbe crânien. Leur extrémité supérieure se rétrécit et s’arrondit un peu au moment de pénétrer dans la protubérance, et présente quelquefois des fibres arciformes.

En dehors et en arrière des pyramides se trouvent, 6, 6, les corps olivaires , ainsi nommés 5 cause de leur ressemblance avec une olive : ils sont blancs à l’extérieur, quelquefois bosselés, et plus courts que les pyramides antérieures. Leurs extrémités supérieures divergent l’une de l’autre , sans atteindre la protubérance, et sont séparées de celle-ci par une dépression assez profonde : cette dépression est la fossette de l’éminence olivairede Vicq d’Azyr, dans laquelle naissent le nerf facial et la portion antérieure du nerf auditif. Les extrémités inférieures, moins volumineuses, sont croisées souvent par deux faisceaux de fibres disposées en arcs, à concavité supérieure : ce sont les faisceaux arciformes de l'olive.

A 5 ou 6 rrrillimètres au-dessous et en arrière des olives, on remarque, 7, 7, les tubercules cendrés de Rofando. Deux sillons profonds, qui sont la continuation des sillons collatéraux antérieurs de la moelle, lesquels sont, au contraire, très superficiels, séparent les olives des pyramides. Au fond de ces sillons s’insèrent les radicules du nerf grand hypoglosse.

Immédiatement en dehors’de ces sillons, on aperçoit, 8, 8, les corps restiformes, dont une portion seulement est visible ici. Le reste se voit à la face postéro-supérieure de la moelle allongée , qui sera décrite plus loin.

La face antérieure de la protubérance annulaire se continue, en grande partie, avec, 9, 9, les pédoncules cérébraux dont elle se distingue par la direction de ses fibres, qui n’est pas la môme, et par une saillie qui est beaucoup plus considérable, surtout chez l’homme.

Les pédoncules cérébraux sont deux grosses colonnes blanches, fasciculées, â fibres parallèles. Cylindriques au point d’immergence avec la protubérance, bientôt ces deux colonnes s’aplatissent en s’élargissant, et se dirigent

ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME

en divergeant vers les lobes cérébraux, dans lesquels elles s’enfoncent : là, elles sont limitées par les bandelettes des nerfs optiques qui les croisent obliquement.

ün espace triangulaire sépare l’un de l’autre les pédoncules. Cet espace inter-pédonculaire forme, conjointement avec un autre espace triangulaire, circonscrit par le chiasma et les bandelettes des nerfs optiques, un grand espace losangique qui loge, d’arrière en avant, un cul-de-sac assez profond, appelé trou borgne antérieur, les nerfs moteurs oculaires communs, les lamelles perforées médianes ou lamelles criblées inter-pédonculaires, les tubercules pisiformes ou éminences mamillaires , le luber cinereum et sa lige pituitaire.

En dehors et en arrière des pédoncules, sont , 10, 10 , les corps genouülês : ce sont quatre renflements, deux de chaque côté, qui se continuent avec les bandelettes des nerfs optiques. Les internes sont gris et saillants, les externes sont blanchâtres et moins marqués.

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