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sés sont conduits dans les hôpitaux, lorsque leur état le demande. À qui incombent dans ces différents cas, les frais d'hospitalisation ?
Pour les blessés conduits dans les hôpitaux la question est résolue, ils sont à la charge du patron. Doit-il en être de même lorsqu'un traumatisé est interné dans un asile public d’aliénés. La réponse afirmative paraît tout d’abord ne faire aucun doute et cependant la solution de cette question est plus complexe.
Lorsque le blessé est à l’hôpital il est dans l’état d'incapacité temporaire, qui met à la charge du patron, en plus du demi-salaire, les frais médicaux et pharmaceutiques, jusqu'à la consolidation. Le malade atteint de névrose ou psychose traumatique exigeant son internement, est atteint d'incapacité permanente absolue, dont l'indemnité égale aux deux tiers du salaire est au contraire exclusive.
Réclamer à l’ouvrier les frais d'hospitalisation et les retenir sur sa rente, serait inhumain et injuste. Cette rente ayant pour objet de remplacer le salaire que le malade n’est plus capable de gagner par son travail ; s’il a une famille à sa charge ce serait le priver de toute ressource, et la mettre pour ainsi dire, hors la loi.
Comprendre ces cas dans la catégorie des faits dont la société tout entière est responsable, n’est d'autre part guère possible à notre avis. La relation de cause à effet entre le traumatisme et l’internement,
permet d'attribuer à des individualités déterminées.
cette responsabilité, et les charges qui en sont la conséquence.
Un quantum assez élevé doit-il être mis à la charge du patron et un autre moins élevé à la charge de l’ouvrier pour concilier les principes du risque professionnel et de l'indemnité forfaitaire inférieure au préjudice causé, qui sont nous l’avons vu au début, le lien de cette législation ?
Ce point de droit soulevé aussi par le D' A. Marie dans les Archives de Neurologie, n'a pas été résolu, à notre connaissance du moins. Cela tient peut-être à ce qu'un petit nombre de traumatisés, relativement à d’autres étiologies se rencontrent dans les asiles. Leur nombre étant appelé à croître avec la vitesse des moyens de locomotion, cette question viendra à l’ordre du jour. Nous nous contentons de la signaler.
OBSERVATION I (personnelle)
(Service du Dr Marie à Villejuif)
Hystéro-neurasthénie traumatique grave, à symptômes
persistants
C..., menuisier, avant son accident était de tempérament calme et patient, et en parfait état d'équilibre cérébral.
Il a à plusieurs reprises exécuté des travaux importants, dans un hospice du Jura. En 1889, il a été délégué par le préfet de l'Ain pour venir à l'Exposition universelle de Paris. Plus tard, y habitant, il a dirigé les travaux du Palais du Génie pour la Société des menuisiers de Paris et, au cours de ce dernier travail, a fait preuve à deux reprises différentes d'un véritable sang-froid et d'un grand courage.
Le 13 novembre 1902, pour réparer une croisée, CG... était monté sur un escabeau. Pendant cette opération, l’escabeau a fléchi par suite de la configuration du sol et il est tombé à la renverse, dit-il. Ce récit est confirmé par les témoins entendus en justice de paix le 7 décembre 1903. Relevé sans connaissance il est transporté à l’hôpital Saint-Louis, où il est opéré et traité par le D: Ricard pour une fracture de la base du crâne,
C.., a touché l'indemnité de l’incapacité temporaire, c'est-à-
Chopard 5
dire le demi-salaire jusqu'au 12 janvier 1903. À ce moment
il veut reprendre son travail, mais est bientôt obligé de l’aban-
* donner.
Il va en consultation à la Salpêtrière, à l’asile clinique Sainte- Anne, on lui conseille le séjour dans un asile, c'est pourquoi de son plein gré, il est à Villejuif, où il est employé comme aide-cuisinier de la salle de garde.
Etat actuel. — Céphalée persistante, mais variable en intensité. Les douleurs sont quelquefois très vives. Point douloureux en arrière, à la naissance de la colonne vertébrale. Hyperesthésie sacrée. Pendant la nuit les douleurs diverses peuvent persister. Quelquefois cauchemars se rapportant à l'accident.
La mémoire est beaucoup diminuée, il ne se rappelle plus où il vient de placer un objet. Lorsqu'il veut s'appliquer, il se sent pris de vertiges et est obligé d'abandonner le travail commencé. Il a des accès d'étourdissement, quand il fait des efforts « pour s'attentionner », dit-il.
Son caractère est complètement modifié, il lui faut de la tranquillité, il est surtout anxieux, cherche, tourne à droite et à gauche, sans savoir ce qu'il cherche. Ilest allé à plusieurs reprises en congé dans sa famille, mais on fait trop de bruit, il devient irritable et préfère revenir à l'asile. Il ne se sent pas la force de reprendre son ancien métier, il pourra d’après lui tout au plus être concierge. Une courte promenade le fatigue alors qu'auparavant il était bon marcheur.
Son état le décourage vivement, il ne constate aucune amélioration et dit qu'il ne se guérira jamais.
Le surveillant de son quartier nous dit qu’il ne sait pas ou il a mal, que c’est tantôt d’un côté du corps, tantôt de l’autre,
qu'il se plaint toujours,
Le pouls est accéléré, et sans variation d’un examen à l'autre, il présente de l’asthénopie accommodative et du tremblement des doigts. Les réflexes rotuliens sont exagérés. En plusila été soigné dans la clinique du Dr Castex pour une
disparition complète de l’odorat à la suite de l’accident,