‹ Névroses et idées fixesChapitre 13 sur 116 · I ... .mit . |.. n< atteint) d< li m< me maladie, qu · texte numérisé non relu

I ... .mit . |.. n< atteint) d< li m< me maladie, qu

Qvon ob§ervé< . n< pi « lentent pa i le m< me ti nublc rlr l nu,- Marcelle I 1 1 e i acquièrent al e 1 1 ea co n e r v e n 1 - 1 maii .-ll.-s ont une nul i e pei lui bal ion de II nu moi i remplacer celle ci. Rllea doutent oonatammenl de leui m- semblent p.i^ parvenir ■< Ici poaaéder fixement el h chaque instant viennent implorer le témoi 'I autrui poui ra nrci

leur mémoire vacillante Ce phénomèneeat surtout caractéri tique chei J ; elle \ <u i toujouri qu'on la ra taure, el qu'on lui garant des louvenirs ci n *<»1 1 «» semble cependant poaaédei Nou cro ona que ce trouble de la mémoire, ce doute, n eat que le premier deerré d'une altération dont Marcelle noua préaente la forme achevée. Elle a dû éprouver autrefoia, vera l'âge de dix-neuf ans, bien qu'elle ne se 1rs rappelle plus maintenant, dea doutea analogues à ceux de .1. Un malade dont M Se glas noua i communique l'observation, peut Bervir d'intermédiaire entre cea deui sujets. Il m tantôt dea doutea but le souvenir dea événement! récents, tantôt «les amnésies complètes. Il eat utile, pour comprendre la forme atténuée qui est le doute, d'examiner d'abord la forme complète qui est le genre d'amnésie décrit chez Marcelle1.

Nous constatons les mêmes faits à propos de 1 imagination de notre malade l'Ile paraît en être totalement dépourvue et ne peut en aucune manière se représenter l'avenir. « Je suis ell'r;i quelquefois, m»' dit-elle quand je cherche à savoir ce que l'on fera de moi plus tard ; je ne puis savoir ce qui arrivera. » Il ne faut pas prendre eette phrase, qu'elle répète souvent, comme l'expression de justes craintes d'avenir. Elle ne se représente aucun danger ; elle n'arrive pas à concevoir qu'elle puisse être dorénavant chez ses parents ou qu'elle puisse vivre à l'hôpital ; l'avenir est pour elle un trou noir, quelle ne remplit d'aucune image. Une autre malade, au contraire, Ara., nous offre aussi le premier degré de cette même altération ; elle se représente l'avenir, mais sans précision, sans fixité, aussi doute-t-elle de toutes ses représentations : « Vous dites que je vais sortir demain, oui, je crois que je vais sortir, mais ce n'est pas sur, je crois que je vais rester à l'hôpital... Est-ce que je marcherai dans la rue ?... je ne suis pas bien sure que j'y marcherai ; ... je regarderai par

i. L'analyse de ce genre d'amnésie sera faite d'une manière plus complète dans l'une des éludes suivantes sur « l'Amnésie continue ».

10 l \ CAS D'ABOULIE ET D'IDEES FIXES

la fenêtre, mais il me semble que je me jetterai par la fenêtre. Eh bien non, j'aime mieux rester a L'hôpital : iei les fenêtres sont grillées et on nous surveille, on ne me laissera pas faire de bêtises ; il me faut cela, car je ne suis pas certaine de ce que je ferai demain. » Ici encore Marcelle est au degré extrême de la maladie.

Nous allons cependant retrouver ces doutes, même chez Marcelle, si nous examinons chez elle des opérations plus élémentaires et qui sont, au moins dans certains moments, un peu moins altérées. On sait le rôle que joue dans la psychologie normale et pathologique, l'idée de la personnalité, l'opération de la perception personnelle. Eh bien, cette malade n'arrive pas à se comprendre elle-même, et doute de sa propre personnalité. « Est-ce que je suis bien Marcelle? me dit-elle, dans plusieurs conversations dont je recopie les phrases principales, cela m'étonne, car je ne me reconnais pas ;... non, je suis changée ;... ce n'est pas moi ;... on m'a bien mal arrangée, on m'a mis un estomac en carton... La vraie Marcelle est perdue, je ne sais plus où elle est, mais si je la rencontre un jour, je vous la montrerai pour vous faire voir qu'elle est mieux que moi. » Cependant, si on insiste, elle reconnaît qu'elle sait tous les secrets de Marcelle et que le père de Marcelle est bien le sien. Nous voyons d'après ces exemples qu'elle a bien conservé la notion de sa personnalité ancienne, mais que c'est toujours sa personnalité actuelle qu'elle ne comprend pas : « C'est drôle, conclut-elle, est-ce que je suis Marcelle ou ne la suis-je pas ? )) C'est ici le doute dans la perception personnelle d'aujourd'hui ; quelques jours plus tard, dans un moment où la maladie est plus grave, nous allons voir la disparition de cette perception. Elle ne sait plus ce qu'elle est et rit bêtement quand on le lui demande ; elle est toute à l'idée fixe dominante et n'a que les images en rapport avec cette idée fixe. Il n'y a chez elle, ni une, ni deux personnalités à ce moment ; il y en a une infinité, autant qu'il y a d'idées fixes ou d'états psychologiques artificiellement provoqués, aucun ne se rattachant aux autres.

Enfin, il est facile d'observer des troubles analogues avec les mêmes degrés et les mêmes variations, dans la perception des objets extérieurs, mais comme ils se présentent alors d'une manière plus accessible à l'étude, nous les avons notés avec plus de détails. En effet, Marcelle vint elle-même attirer notre attention sur des changements qu'elle ressentait et qu'elle appréciait

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vrai koul cela ? Lu musique, cei personnel qui danienl cela semble ihis être »•/■ a , cela doit être un i • ire Voilà dei remarq ,Mii ionl bien curieuses, mais peu intelligible Qu< vt - ■ * t -«-!!• dir< par là, «'i qu'est ce ci ni se passe dans son espril I | ■ mil été déjà bien souvenl lignaléei chei lei abouliquei el dan folie du doute. Mail je crois que I observation de Marcelle esl ici Intéressante el utile. En effet, elle n'es! pai très intelligente, lui Ut n t en ce moment, el n'est pas disposée aux lubtilitéi psyché giquès. Beaucoup de malades, lentanl comme •■Ile, que lei objets n'ont pas V air d'être vrais, n'ont pas l'aspecl du réel, se livrenl h d'interminables discussions métaphysiques donl Legrand du Saulle a rapporté plusieurs exemples. Aussi l'observateur ne iai1 plus exactement ce qu'il faut attribuer au trouble de la perception et ce qui dépend îles idées Gxes. M. Paulhan en esl venu ici également îi croire que les malades ont une idée fixe de uégation du monde extérieur et que cette idée surgit par contraste avec les perceptions actuelles. Chez Marcelle, rien de semblable. Elle réserve les ruminations psychiquei pour les histoires romanesques relatives a sa naissance et à ses parents ; jamais elle n'a fait de métaphysique sur le monde extérieur. Il est certain qu'elle n a. ni dans sa crise de nuage, ni en dehors, aucune idée lixe relative à l'existence du monde extérieur. Elle ne pense même pas un moment à nier l'existence des objets, car elle dit elle-même : a Je sais bien que ces personnes existent, mais elles n'ont pas ('air vraies. » Le doute, dans la perception, est ici tout seul, sans aucun mélange qui le complique.

Il faut taire, dans les délires du doute, une distinction analogue à celle que nous avons faite plus haut dans les délires du contact. Certains de ces délires sont primitifs, et ils sont alors hmit< un objet déterminé sur lequel les malades se posent des questions incessantes. « Qu'est-ce que Dieu? Pourquoi les arbres sont-ils verts, etc. ? » C'est là une interrogation, une discussion consécutive à une idée fixe, comme nous en avons constaté chez Marcelle au réveil de ses crises. Ce n'est pas le doute proprement dit. On

n'est pas un douteur pour se demander si Dieu existe. Les délires du cloute de ce genre sont des sortes d'idées fixes. Mais il v a un délire du doute d'une autre espèce qui est trop souvent confondu avec celui ci: c'est un véritable doute universel portant sur tous les phénomènes psychologiques du sujet ; de même que le délire du contact général nous a paru consécutif a des troubles moteurs, de même cette forme du délire du doute nous semble secondaire et consécutive à de certaines perturbations de la mémoire et de la perception. Bien des questions sans cesse débattues pourraient, croyons-nous, être tranchées aisément si l'on tenait compte de cette distinction. On demande souvent si le délire du doute et le délire du contact sont deux délires différents ou deux délires dépendant l'un de l'autre. Si Ion prend ces deux délires sous leur forme d'idées fixes, ils sont indépendants, car ce sont deux idées fixes différentes que le hasard ne fera pas toujours coïncider. Mais s'agit-il de ces deux délires considérés comme altérations des phénomènes moteurs et des phénomènes de perception, nous les verrons toujours à peu près parallèles. Car l'examen du doute chez notre sujet va nous montrer que l'altération de la perception est tout à fait analogue à l'altération de la volonté déjà étudiée.

A quel phénomène pouvons-nous rattacher toutes ces altérations qui conservent toujours entre elles une certaine analogie et qui se présentent dans la mémoire, l'imagination, la perception personnelle, la perception extérieure ? La première supposition, la plus naturelle, c'est que les sensations sont altérées ; les anesthésies sont fréquentes chez les hystériques auxquelles Marcelle ressemble par bien des points et une disparition ou une diminution de la sensibilité par épuisement des centres sensoriels pourrait peut-être rendre compte au moins d'une partie des altérations observées. Malheureusement le cas que nous étudions ne semble pas se prêter à cette explication simple. Sauf dans certains moments exceptionnels, je n'ai pas pu constater d'anesthésies. La sensibilité tactile s'est montrée par instants altérée dans la dernière période de mon observation, surtout à la suite de suggestions et de traitements particuliers dont je parlerai tout à l'heure, mais pendant plusieurs mois, au début de mes recherches, pendant que je constatais tous les phénomènes précédents elle n'a jamais été diminuée sur aucun point du corps. Les mesures faites

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pourraient faire une personne normale. La difficulté qu'elle

éprouve eu faisant celte expérience dépend comme toujours de

l'hésitation des mouvements et non de l'absence ou de l'oubli d<-

la sensation kinest hesique.

L'étude de l'ouïe ne m'a révélé aucune modification intéi saute, l'examen de la vision montre une certaine diminution dans l'acuité visuelle de l'œil droit, mais cette diminution disparait par l'usage de verres correcteurs et en somme l'acuité visuelle normale ; la vision des couleurs se fait sans erreurs et le champ visuel n'est pas rétréci.

Il serait très important de pouvoir faire une étude aussi précise sur la sensibilité des muqueuses et sur les sensations viscérales. Les modifications de la perception personnelle laissent supposer des modifications de la cœnesthésie. C'est ce que M. Ribot al

i. H. Beaunis, Recherches sur la mémoire des sensations musculaires. Bulletin de la Société de psychologie physiologique, 1888, p. 29, et Les sensations internes. 1889, p. 1 33. Paris, F. Alcan.

M IN CAS DAHiUUK ET D'IDEES FIXES

bien établi, et ce qui est communément admis dans les délires mélancoliques et dans divers troubles de la personnalité. D'ailleurs quand Marcelle nous répète « qu'elle a un estomac en carton et une machine très mal faite ii la place du cœur », on peut se demander si ces idées sont uniquement des conséquences du délire et si elles ne sont pas l'interprétation de troubles de la sensibilité. C'est la remarque que j'ai déjà faite à propos des idées de paralysie que j'ai rattachées à l'aboulie. Malheureusement l'examen précis de la sensibilité viscérale est fort dilïicile et il faut se défier des suppositions que l'on est trop porté à faire pour les besoins de la théorie. Tout ce que je puis constater, c'est que partout oii les muqueuses sont accessibles elles semblent être parfaitement sensibles, que Marcelle prétend sentir le passage des aliments et qu'elle semble éprouver normalement les divers besoins viscéraux. Bien souvent elle s'est plainte de ne pouvoir manger à sa faim ni boire h sa soif à cause de ses hésitations et de ses idées fixes. 11 est vrai qu'elle a très souvent des maux de tète et qu'elle se plaint beaucoup d une sensation désignée souvent sous le nom de « clou hystérique » c'est-à-dire d'une grande douleur au verTex, sur la ligne médiane, un peu en arrière de la région frontale, un peu en avant de la ligne bi-auriculaire. On a vu que pour décrire cette douleur elle employait une expression qui chez elle ne restait pas une pure métaphore, mais qui se transformait en idée fixe : elle prétendait avoir une bête dans la tête qui lui rongeait le cerveau. Cette douleur, à ce siège spécial et avec cette forme, semble avoir des rapports étroits avec cette maladie de l'aboulie et des idées fixes, car je l'ai observée constamment chez les malades du même genre. Plusieurs d'entre elles, comme Justine et Maria dont il sera question plus tard, employaient les mêmes expressions pour la décrire et se plaignaient aussi de la bête dans la tète. Cette douleur est évidemment un trouble de la sensibilité cérébrale. Mais comment prouver que ce trouble d'une sensibilité si mal connue est le point de départ de tous les autres phénomènes cérébraux et comment démontrer qu'il n'est pas tout simplement la conséquence d'une altération réelle du cerveau lui-même et en particulier des lobes lrontaux sous-jacents, altération qui déterminera les autres troubles et qui amènera incidemment une douleur cérébrale, comme il arrive dans tout organe qui fonctionne mal. En un mot, si cette malade présente des anesthésies, elles sont bien minimes et elles sont inaccessi-

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disent qu'ils entendent au travera <l un mur, <pi ili voient au tra vers d'un Quatre el I < » m trouve bien souvent leur acuité audit leur acuité visuelle absolument normale. Il est nécessaire de Faire sur «-es malades <l autres études. L activité mentale s son point de départ dans les sensations mais elle ne b arrête |»;i ^ aux sensations. Pour que I homme pense et agisse, pour qu il se souvienne, pour qu'il ail la perception de sa propre personnalité et celle du monde extérieur, il ne lm siillii p;is d éprouver et de conserver des sensations isolées, il Paul encore qu'il associe, <jn il combine sensations <|in lui sont données comme des matériaux ;i mettre en œuvre. Il y a dans l'esprit d'autres fonctions que la sensibilité pure et simple. Il y a dans l'écorce cérébrale des centres d'association comme îles centres sensoriels et dans les centres sensoriels eux-mêmes il doit se faire une élaboration des sensations qui ne restent pas isolées. C'est cette puissance de combinaison et de construction qu'il faut cherchei à étudier dans la pensée de Marcelle en examinant avec plus de soin les troubles de la perception qu'elle présente.

Ce phénomène peut en effet être facilement étudié chez Marcelle. Comme elle est très malade, elle: ne présente jamais les symptômes à demi ; elle les pousse bientôt à leur plus grande exagération et les présente d'une manière bien plus nette. Un jour, les parents de Marcelle étant venus la voir, on crut lui faire plai-

i. «Ici encore, disais-je autrefois, disparition de la sensibilité, disparition du souvenir, persistance ou retour de la sensibilité, persistance ou retour du souvenir. L'activité sensorielle forme la base île la pensée, quand on l'éteint, la pensée disparait ou s'endort. » Automatisme psychologique, 1SS9, p. 102. 1 II n'v a jamais d'anesthésie ou d'amnésie sans une suppression ou une modification du mouvement correspondante. » (Ibid., p. 064.)

sir en lui donnant la permission de sortir du service et d'aller se promener dans le parc de la Salpêtrière. Il fallut au bout de peu de temps la ramener à cause d'un accident singulier. Une fois en dehors des bâtiments qu'elle connaissait, elle se mit à regarder de tous cotes d'un air effaré, demandant : « Où suis-je? qu'est-ce ([lie cela? qui est là? » Elle ne voulait plus avancer et cherchait par terre si le sol était solide ou non ; elle ne reconnaissait plus aucun objet, pas même un arbre ou un banc, et finit par dire qu'elle ne voyait plus clair. Une fois de retour dans la salle accoutumée, elle se remit peu à peu et reconnut les objets. Son doute sur la perception externe était devenu une absence de perception externe. Dans une autre circonstance, Marcelle étant fort malade et en proie à des idées délirantes, nous a montré un trouble analogue, non plus dans la perception des images visuelles, mais dans la perception des sensations auditives. Elle paraissait écouter ce qu'on lui disait, mais au lieu de dire, selon son ordinaire, qu'elle ne pouvait pas croire, elle se mettait à rire et répétait: « Qu'est-ce que vous dites? Mais je ne vous comprends pas. » Elle ne pouvait plus comprendre une seule parole.

Ces derniers faits sont d'autant plus intéressants que l'on peut les reproduire expérimentalement. Si on lui présente des objets : un livre, un couteau, et en lui demandant ce que c'est, elle ne peut, dans certains jours, affirmer leur nature avec conviction : « Je crois que c'est un livre, mais je puis me tromper... ; voyons, dites vous-même, est-ce un livre? » Chez une autre malade du service, une mélancolique assez bizarre, E .., ce symptôme est constant. Quand on lui montre un objet, elle dit: « C'est un lit, je crois; c'est une main, il me semble. » Elle n'est jamais sûre de ce qu'elle voit. Mais chez Marcelle, le phénomène va plus loin, car on peut également reproduire, non pas le doute, mais l'absence de perception. On réussit très bien et presque toujours à const ter ce fait en la priant de lire quelques lignes imprimées. C'est un spectacle curieux pour un psychologue, que la façon dont Marcelle lit un journal. Je lui désigne un alinéa que je la prie de lire. Elle obéit et semble lire tout bas : « C'est l'ait, dit-elle. — Bien, qu'avez-vous lu? de quoi s'agit-il? — Tiens, je n'en sais rien, laissez-moi relire. » Elle relit tout bas. « Eh bien? » Elle reste étonnée : « Mais, dit-elle, je ne sais pas de quoi il s'agit, cela n'entre pas dans ma tête. — Lisez tout haut. » Elle lit tout haut et très correctement, quoique d'une voix monotone, mais

1 1 II lit I I

quand elle i Iiim, l< m ultal i i lo nu nu «II'- ii .• i h m comri III. h i «lu 1 1 .un ii i ommi elle lu .ni une lu , elle

prononce les mots, elle comprend ù la ri ueui cliucun d\ 1,-Mi, Mit , m. ii i h < nh 1 1 < I .il» lolumcnl » ien nu i n du p I . . sensations ne lui manquent pourtunl pat, pui rectemenl ù haute von I t-c< encore une insufhsunrc de lu mémoire % Pai davantage • Il m et 1 arrivé une lois, immédiatement après la lecture i haute voix» de lui demande] lei mots qui i contenus dans ces deux lignes. Elle o pu les réi itei presque ta mais s;uis comprendre la phrase. I ette ré< itation des mots m Lui pas dans lordre de la lecture, mais lemble le faire luivant I ordre des associations banales. Elle réi ite ensemble les mol même consonnance ou de même nature. I n jour, elle lisaîl un petit alinéa sur un incendie qui contenait plusieurs chiffres: la date, le nombre des maisons brûlées, le nombre des victimes Elle me récita à la suite el sans erreurtous 1rs chiffres contenus (huis l'alinéa, mais sans comprendre ce qu'ils signifiaient. On voit que cette altération intellectuelle ne porte ni but la sem lion, ni sur la mémoire, ni sur l'association des idées entendue dans le sens vulgaire.

En cherchant à varier le phénomène, je lui donnai h lire des choses de plus en plus simples, des simples phrases de quelques mois ; elle arrivait alors quelquefois a les comprendre, □ retombait dans les doutes ordinaires: c< Es! ce cela.'... c'est cela si nous voulez. » La complexité des sensations à comprendre joue donc ici un rôle. Mais la condition principale est ailleurs. Je lui avais fait lire un alinéa de journal annonçant le mariage d'un personnage très connu et décrivant la cérémonie. Après la lecture faite à haute voix, je m'étais efforcé de lui faire comprendre de quoi il s'agissait. Comme elle comprend mieux la parole, surtout la mienne, elle avait fini par saisir. Le lendemain, je lui fis lire d'abord un autre alinéa ; elle n'y comprit rien, puis, sans la prévenir, je lui remis sous les yeux le paragraphe expliqué et compris la veille. Elle le lut tout haut et s'écria toute fière : « Ah, mais c'est le mariage de M. X..., et la cérémonie à l'église... Vous voyez comme je comprends maintenant. » Je pus répéter cette petite expérience pendant plusieurs jours : un article quelconque n'était jamais compris, lùt-il de deux lignes, mais quand elle lisait son article, elle triomphait, sans se douter elle-même de la véritable raison pour laquelle elle comprenait si bien.

Celte raison, on l'a bien vu, cV'tait que l'article avait déjà été compris une fois, et les autres articles n'étaient pas compris parce qu'ils étaient nouveaux. II faut, pour comprendre ce qu'on lit, faire dans son esprit la synthèse des différentes sensations visuelles, et quand il B'agit d'un livre nouveau, c'est évidemment une synthèse nouvelle. Les expériences nous montrent que si la complexité de la synthèse intervient bien un peu pour troubler l'esprit de Marcelle, c'est surtout la nouveauté de la synthèse qui supprime totalement la perception. Quand cette synthèse a été une fois faite par un procédé quelconque, elle se répète ensuite automatiquement. Les éléments n'ont plus besoin d'être liés, ils le sont déjà ; il ne s'agit plus d'une synthèse, mais d'une association d'idées, et Marcelle la fait fort bien sans hésitation et sans <loute. Nous avons déjà insisté plusieurs lois sur la distinction, capitale à notre avis, de ces deux opérations : l'observation présente la justifie encore, en nous montrant que l'un de ces phénomènes peut être conservé, tandis que l'autre disparaît.

Les observations précédentes s'éclairent par cette remarque; nous comprenons pourquoi Marcelle sait bien où elle est et n'a même pas de doute sur la réalité des objets quand elle est dans l'infirmerie ; pourquoi elle doute quand elle va au concert dans une salle du même service, et pourquoi elle ne comprend absolument plus rien, quand elle va dans le parc. Beaucoup d'observateurs ont signalé dans la folie du doute cette singulière manière de percevoir les choses : « Elle assure, dit l'un d'eux, qu'elle se trouve dans l'état dune personne qui n'est ni morte, ni vivante, qui vivrait dans un sommeil continuel, et à qui les objets apparaissent comme enveloppés d'un nuage ; à qui les personnes semblent se mouvoir comme des ombres, et les paroles venir d'un monde lointain1. » M. Ribot, qui cite ces paroles, explique cet état par un trouble dans les émotions ; nous croyons avoir montré, en considérant les degrés plus forts et plus nets, de la même maladie, qu'il s'agit d'une altération de la perception soit personnelle, soit extérieure, et que cette altération est due surtout à une incapacité de synthétiser les impressions nouvelles, qu'elles viennent du dedans ou du dehors.

La conclusion précédente nous en rappelle de suite une autre tout à fait semblable à laquelle nous étions parvenu au début de

i. Ribot, Maladies de la volonté. Paris, F. Alcan, i883, p. 5i.

, i,,i i ■• . i ii.l. , quand noui nnalj lom non pui m ul i i t i m i \ ementi do Mai colle I élude do I intelli I . , 1 1 1 • ' i m i ' conclusion 1 1 1 1 1 ■ I i i 1 1 1 1 1 1 d < mouvements; I ' u 1 1 1 •

Poutre lu montré iilleuri que Ifl perturbation d< h ni i , I ( • s ( • 1 1 1 ( » 1 1 < » 1 18 , • 1 1 1 ; 1 1 1 « I » • 1 1 1 ■ esl 1 1 1 1 1 1 1 1 1 ' • • 1 1 o u i e n I « I « ■ nu

Miiic \us>i gommes nous disposé .< < roirc que < esl bu ri I 1 1 . . 1 1 1 > I « • psychologique p r i n c i p o 1 de notre malade • i q u * i I i I « • < i • possible de rattacher ï ce fa il capital tous les nul mptùn

I ,i s \ 1 1 1 1 1 . > 8 ( • d o 1 1 vé r i u e r 1 analyse, el n ou s < I ■ • \ 1 1 . , 1 1 , m a i n te na n I prendre pour point de départ le trouble psychologique le plus pro fond auquel nous soyons parvenu, el montrer comment il ami □ il suite tous les phénomènes caractéristiques du délire du doute, de l'aboulie, des obsessions, <i<-. Mais notre intention n étanl pa de faire une étude aussi générale, il nous suffira de montrer cornmeut cette notion principale, cette idée directrice permet d< prendre les symptômes, au premier abord si complexes, présentés [>;ir notre malade.

Dans mes anciennes études sur les hystériques publiées par la Revue philosophique en [887-89 el dans mon livre sur V Automatisme psychologique, 1889, j'avais montré que par différents procédés el en particulier en excitant el en dirigeant l'attention, on pouvait rendre pour un certain temps aux malades anesthésiques toutes leurs sensibilités el j avais étudié les conséquences curieus< - <le ce retour des sensations conscientes pour la mémoire, le mouvement, etc. J'ai cherehé si Ton ne pouvait p;is faire sur Marcelle quelque chose de semblable, non lui rendre les sensations qu'elle avait conservées, mais augmenter momentanément, d'une façon notable, sa force dépensée, cette activité psychique, quelle qu'elle soit, qui nous permet de synthétiser et de comprendre les phénomènes élémentaires. J'ai observé que pour arriver à ce résultat chez ce sujet il suffisait de l'endormir profondément jusqu'à certain point que je reconnaissais en pratique à des débuts de contracture des membres, puis de la laisser bien tranquille pendant une demi-heure ou mieux une heure, en se gardant de lui adresser la parole. Il suffisait de la réveiller ensuite avec les précautions ordinaires. Je n'étudie pas ici les effets si curieux du sommeil prolongé chez ces malades, que j'ai déjà souvent signalés, je me contente de noter les modifications psychologiques qu il détermine chez cette aboulique. Au réveil, elle était transfigurée ; la figure ouverte et

5o l"\ CVS D'ABOULIE ET D'IDÉES FIXES

intelligente, les yeux mobiles et capables de fixer les personnes, les mouvements rapides, tout m'annonçait la modification cherchée. Marcelle elle-même constatait fort bien cet état et l'appelait un instant clair ; c'était une sorte de rémission dans la maladie, un moment pendant lequel le cerveau en quelque sorte reposé reprenait ses fonctions ordinaires. Ce phénomène curieux joue dans la maladie un rôle assez important, je l'ai retrouvé dans diverses circonstances à un degré plus ou moins net et surtout avec une durée plus ou moins grande chez tous les abouliques. Il correspond à l'état que j'ai décrit sous le nom de « somnambulisme complet » chez les hystériques, état pendant lequel les malades reprennent momentanément toutes leurs sensibilités, leurs mémoires et leurs mouvements. Cet état n'est en réalité comme je l'ai répété sans cesse1 qu'une réapparition momentanée de l'état de veille normale du sujet, état qui prend l'apparence d'un somnambulisme « à cause des chutes, des retours à l'état d'anesthésie- ». Ces instants clairs, chez Marcelle, étaient assez courts, et je n'ai jamais pu les prolonger au delà de quelques heures. Mais s'ils n'offraient pas ici de grands avantages pour le traitement de la malade, ils présentaient un grand intérêt pour l'étude, en nous permettant d'examiner, à quelques heures de distance, le même sujet tantôt malade, tantôt momentanément guéri.

Pendant ces instants clairs, la sensation en elle-même n'était pas modifiée, elle restait normale comme auparavant, mais la perception extérieure paraissait complètement transformée. Cette personne, qui ne faisait attention à rien, et comprenait à peine l'endroit où elle se trouvait, changeait brusquement de caractère, examinait tout nettement ; bien plus, ce qui est extraordinaire chez elle, donnait des marques d'une grande curiosité : « Tiens, il y a une armoire ici, laissez-moi voir ce qu'il y a dedans... Tiens, vous avez là un cordon de sonnette... » Dans une chambre où elle était venue cent fois sans rien voir, elle faisait une quantité de belles* découvertes. Inutile d'ajouter qu'elle reconnaissait sans hésitation ni doute, les objets que je lui présentais, et qu'elle comprenait à peu près ce qu'elle lisait pourvu que ce ne fût pas trop compliqué. En un mot, nous voyons qu'elle arrivait à former dans son esprit

i. Automatisme psychologique, 1889, p. ii'a, 121, 126, 1 34 • 178, etc. 2. Accidents mentaux des hystériques, 1893, p. 226. Paris, Rueff.

I i il Kl i ITIONS

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Cette modification v;i avoir un résultai | » 1 1 « ^ inattendu qu'elle va rétablir le mémoire ou la faculté d'acquérii dei lin

nouveaux. Lo mémoire des joura précédents n esl pas restau chei elle dans lea instants clairs; il semble «j u •• ces souvenirs, n*ayant pas été acquis, ne puissent pas être retrouvés, même par un esprit plus valide; il y a sur ce point des différences suivant les sujets, on les verra dans l'un des chapitres suivants sur Vamm continue. Mais les souvenirs, acquis pendant ces instants clairs, vont avoir la vertu de se conserver. Un exemple rendra notre remarque plus nette. Pendant un dé ces moments, au réveil du somnambulisme, Marcelle remarque sur la table des morceauxde métal, fragments d'un appareil électrique démonté. Elle s'inquiète de cis morceaux de cuivre et n'est satisfaite que lorsque je lui ai expliqué leur usage. Peu de temps après, elle retond)»- dans cet état morne qui lui est habituel. Huit jours et même quinze jours plus tard, je n'avais qu'à lui demander ce qu'elle avait vu avec moi dans le cabinet; pour qu'elle me décrivit exactement les fragments de l'appareil électrique. Au contraire, tous les événements survenus dans l'intervalle, fussent-ils frappants, comme une visite de - s parents, ou tout à fait récents comme les faits de la matinée, étaient absolument oubliés. C'est donc bien ici l'altération de la perception qui est la cause du défaut de mémoire ultérieure. Et d'ailleurs, nous avons tenu à vérifier le fait par l'observation, mais on aurait pu le prévoir par le raisonnement. La mémoire n'est pas uniquement la conservation et la reproduction des images, elle est surtout la conservation d'un ordre, d'un groupement de ces images, en un mot elle n'est que la conservation d'une synthèse faite autrefois : il est clair que la mémoire n'existera pas quand la synthèse n'a pas été formée ou bien quand elle est faite à demi, et reste instable

et fragile. La mémoire est une fonction corporelle, les souvenirs sont en quelque sorte entrés dans l'organisme, sans aucun douter mais encore faut-il qu'ils aient été organisés. Fonder des souvenirs, créer des habitudes, construire l'organisme, sont des phénomènes du même genre ; ce sont des prérogatives de l'activité mentale et vitale.

On prévoit maintenant que dans ces instants clairs, les mouvements vont suivre le progrès général et que l'aboulie va disparaître. Si Marcelle a réussi à lire deux lignes qu'elle ne connaissait pas, et si elle les a bien comprises, il est inutile de vérifier l'état de ses mouvements ; je puis garantir d'avance qu'ils sont corrects et qu'elle prend sans hésitation un objet nouveau. En effet, j'ai toujours vu ces deux phénomènes être parallèles ; et peu à peu, en examinant celte malade, j'en suis arrivé à rapprocher ces deux choses en apparence différentes. La perception extérieure et la volition des mouvements ne sont au fond qu'une seule et même chose, une opération, mentale unique. Dans les deux cas, des éléments psychologiques sont fournis : des sensations visuelles d'un coté, des images kinesthésiques de l'autre; dans les deux cas, il est nécessaire de les synthétiser et de les mettre en relation avec 1 ensemble des autres idées déjà acquises. L'opération reste du même genre. Sans doute certaines personnes peuvent éprouver plus de peine à opérer sur tels ou tels groupes de sensations ou d'images. J'avais remarqué au début de mes études que Marcelle remuait plus mal quand elle avait les veux fermés et dirigeait mieux ses mouvements si elle regardait ses membres, et j'avais cru d'abord à une altération du sens musculaire, à une maladie portant simplement sur les images kinesthésiques, analogue au syndrome de Lasègue. En réalité, il n'y a là qu'une question de degré: Marcelle synthétise en général assez bien les impressions auditives; il faut qu'elle soit bien malade pour ne pas comprendre ce qu'on lui dit, mais cela arrive quelquefois; elle synthétise plus mal les sensationsvisuelles et arrive rarement à comprendre la lecture ; enfin elle svnthétise plus mal encore les images kinesthésiques qui, chez elle, président particulièrement aux mouvements, aussi le trouble de ses mouvements volontaires est-il le plus apparent. Cette distinction pourra être importante chez d'autres malades, quand le délire du doute portera particulièrement sur tel ou tel élément; mais chez Marcelle, elle n'est que secondaire. Dans les mouvements comme dans les perceptions, le trouble est le mêmer

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