La réaction automatique
Si on observe l'attitude des sujets pendant l'expérience, on constate qu'ils sont loin de se comporter de la même manière.
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| ni hlriii i.i 1 1 .• un travail pénible qui i l< l'effort
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quelques minutes et les seconds qui ont d< erra p h iu< parfu mnii réguliers jusqu a 3o minutes II lemble que 1 effort n guère utile el que I on réussisse mieux par I incli(Fér< m
On arrive à la même conclusion singulière en interrogeant les malades but ce qu ils éprouvent ; les premu \ix dont l« firra-
p h î q u c e s I 1 1 « • s mauvais, déclarent b o u v e n t ■ q u i 1 s o n t fa 1 1 d e I e u i mieux..., qu us ne peuvent pas faire mieux que cela..., qu iU en mit niiil à I.i trie .... (|n iU sont restés préoccupés tout le temps par l'attente du signal o. Les autres avouent que cela lésa ennu] et que malgré ni\ ils ont pensé a une foule <l autres choses.
Rien De met mieux ce fait en évidence que l'expérience suivante faite dans des circonstances assez extraordinaires. Vk. es1 cette femme atteinte de délire religieux et d'attaques extatiques dont M. Raymond a décrit les contractures systématiques et donl le pied stigmatisé est reproduit un peu plus loin. Cette malade, que nous rattachons au groupe des psychasthéniques ne présente absolument aucune anesthésie, elle conserve la sensibilité intacte même pendant les extases et même sur les n du corps où
se développent les stigmates. Mlle est intelligente, capable d'une certaine attention el très désireuse de faire ce due je lui demande. Je promis avec l'appareil de Patrizzi la coin lie de s< temps de réaction à des excitations auditives irrégulièrement espacées, à peu près 8 à io par minute. Le sujet est très docile et peut faire tous ses efforts pour fixer son attention sur le bruit du signal sans s'occuper d'autre chose. Mais, après un quart d'heure à peu près, je m'aperçois qu'un incident non prévu va probablement déranger l'expérience: Vk. commence une attaque d'extî Les yeux se ferment à demi, la tête s'incline en arrière et la figure prend l'expression de béatitude. Celte disposition h l'extase persiste un certain temps sans s'accuser, mais peu à peu le corps se soulève sur la pointe des pieds, le bras gauche s'élève horizon ta-
I. Pr Raymond, Leçons cliniques sur les maladies du système nerveux 2e série, 1897, p. 724. Paris, Doin.
lement. Vk. se dispose à prendre 1 attitude de la crucifixion, qu'elle a souvent dans ses extases. Je^suis frappé de voir que son bras droit ne se soulève pas autant qu'à l'ordinaire, car l'extrémité de l'index continue à toucher l'interrupteur. Cela n'a rien de surprenant, car dans ses extases elle est cataleptique et l'on peut déranger les bras de la position de crucifixion et les mettre dans une autre attitude qu'ils conservent. Cette conservation partielle de l'attitude convenable pour l'expérience permet à Vk. de continuer à appuyer sur l'interrupteur à chaque signal, si bien que, malgré l'extase complète, le graphique continue à s'inscrire. J'ai pu continuer cette expérience au moins bizarre qui consistait à prendre régulièrement les temps de réaction pendant la grande extase religieuse et cette séance a pu se prolonger pendant deux heures et demie. A ce moment le sujet a commencé à se réveiller spontanément et assez vite ; mais par un étonnant respect de ses engagements il a continué pendant le réveil et après le réveil à répondre aux signaux, si bien que j'ai pu voir un graphique complet pris avant, pendant et après l'extase.
L'inscription du graphique n'a été suspendue que quelques minutes pendant le temps nécessaire pour le changement du cylindre,
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le papier ayant été rempli trois fois. On voit le résultat de cette expérience dans la figure il. Le graphique était trop long pour être reproduit en entier, ce qui serait sans intérêt, car il conserve longtemps les mêmes caractères. Je n'en donne que 3 fragments caractéristiques. Le premier i de la figure n a été inscrit pendant l'état de veille, complète au début, incomplète à la fin. La courbe est loin d'être parfaite, sans offrir les grandes irrégularités des figures 4 et 5. Elle reste en général entre 20 et [\o centièmes de seconde, on note en A et en B de grandes irrégularités et même deux interruptions de la courbe ; elles correspondent nettement à des distractions du sujet déterminées par des bruits qui se font dans la salle. Pendant que s'inscrit le fragment II, le sujet n'est plus dans son état normal ou du moins dans son état habituel, il a l'expression extatique et est évidemment envahi par des pensées religieuses que nous verrons plus loin. Le graphique est cependant plus régulier et plus bas, il reste longtemps autour de 20 centièmes de seconde. En C l'extase se développe complètement, le sujet se soulève, étend les bras en croix en laissant, comme on l'a vu, l'index droit en contact avec l'interrupteur ; pendant ces mouvements les réactions sont très irrégulières et souvent interrompues. Mais l'extase est maintenant complète, le sujet ne bouge plus et nous obtenons le graphique III. La ligne est bien abaissée, elle est entre 10 et 20, et souvent au-dessous de 10. Mais on admirera surtout son étonnante régularité qui serait encore plus grande si l'inscription des signaux en EE' avait été plus correcte; on remarquera aussi que le sujet n'a plus une distraction quoique j'aie fait exprès de grands bruits dans la salle, quoique je l'aie pincé a plusieurs reprises. Le point D correspond a l'instant du réveil et, quoique le sujet reprenne conscience et continue à vouloir obéir, les réactions deviennent immédiatement très irrégulières et très élevées.
Eh bien, est-il vraisemblable que Vk., pendant la crise d'extase, quand elle lève au ciel une figure pleine de béatitude, quand elle prend l'attitude de la crucifixion, apporte a mes signaux une plus grande attention qu'au moment où elle est bien tranquillement assise sur un fauteuil ne pensant qu'à les écouter?
D'ailleurs elle se souvient en partie de ses extases et elle nous raconte les jouissances ineffables qu'elle vient d'éprouver. Au début de l'extase pendant le graphique II (fig. 1 1), comme je m'en doutais bien, elle s'est sentie envahie parles sentiments religieux: « J'ai
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senti une douce u r i n e Ha bl e su r m< i , . 1 1 1 . , i . i i i on t col
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lélices, " Puis dam I extase complète on III fia i i i dit-
elle, le Saint-Sacrement, dam t ■ r ■ € - lumière, un éclat, un i i ment comme jamais <>n d en voit cl cela me p< nétrail i < » u t enti< r< <l<- Bentimenti inexprimables, I ue von intérieure m*s fail <<imprendre que par la communion je portail Jésus en moi cl <|nl étais comme un ostensoir vivant. »> Mais je □ étudie pas ici les extases de cette malade, !<• phénomène est trop beau poui être décrit incidemment, |<' rappelle seulement que pendant cette extase « * 1 1 «* ;» fait une longue méditation , non s;ms valeur phile phique et poétique sur 1 union de I âme avec Dieu. Je n marque aussi qu'elle en garde !<■ souvenir el qu'elle se souvient également des bruits dans la s;ille el des pincements faits à ses bras. Quand je l'interroge sur le point qui nous préoccupe, son attention aux signaux et aux mouvements, elle me répond : « Je crois avoir toujours appuyé sur l'appareil comme vous me le demandiez, le bon Dieu a dû diriger ma main pour qu'elle puisse vous obéir, car poui moije ue pouvais plus y (aire attention. »
En présence de ces faits qui ont une certaine netteté, je lus amené à penser que la perfection de la courbe pouvait Lien ue pas être toujours due à l'attention niais dépendre souvent <1< l'absence d'attention et n'exprimer que la perfection de l'automatisme. C'est pour la vérifier que j'ai fait les expériences suivantes chez deux sujets que je savais présenter nettement des actions automatiques subconscientes.
Qe. est une jeune femme de 28 ans, atteinte d'hystérie fort grave, qui m'a déjà présenté des phénomènes d'écriture automatique. J'essaye de prendre son graphique de deux manières différentes. Tout est disposé de la même manière dans les deux cas, les signaux tactiles sont les mêmes, écartés de la même manière, appliqués delà même façon sur le même point du bras droit qui
1. Je ne discute pas ici la nature de la pensée pendant l'extase, il est fort douteux que Vk. ait pendant l'extase des pensées nettes comme celles qu'elle exprime à son réveil ; il sufîit pour la discussion présente de constater que pendant l'extase elle a eu d'autres pensées que celles des signaux.
a conservé une sensibilité normale, l'inscription est identique. Mais dans le premier cas je la priais de faire attention au signal et dans le second cas je l'autorisais à rêver ce qu'elle voudrait. Le premier résultat le plus apparent c'est que dans le premier cas la malade se fatiguait vite et ne continuait qu'en se plaignant, ou s'arrêtait rapidement; dans le second c;is au contraire elle n'éprouvait aucune fatigue, ne se plaignait de rien et continuait l'expérience aussi longtemps qu'on le voulait. Les mouvements étaient accomplis dans les deux cas, mais dans le premier le sujet en avait pleine conscience et se souvenait de les avoir faits aussi vite que possible : dans le second le sujet ne savait pas ce qu'il
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Fig. 12. — Courbe des temps de réaction à des excitations tactiles avec effort d'attention
consciente chez Qe.
avait fait et ne se souvenait d'aucun mouvement ni d'aucun effort. Après la seconde expérience qui avait duré i5 minutes, pendant laquelle elle avait fait 33o mouvements de réaction, Qe. me demandait pourquoi je lui avais laissé l'appareil dans la main et pourquoi elle sentait sa main fatiguée. En un mot dans le premier cas les mouvements étaient conscients, dans le second cas ils ne l'étaient pas ou du moins rentraient dans ce vaste groupe des phénomènes subconscients dont j'ai souvent indiqué l'importance chez les malades hystériques.
En outre les graphiques sont bien différents dans les deux cas.
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[\ minutes monte a 60 el 70 b la lin. Au contraire, dans le second graphique fig. i3), les temps de réaction qui débutent près de 20 arrivent rapidement à 10 el oscillent à peine entre 0 el 17: la
Fig. i*\. — Courbe îles temps de réaction à des excitations tactiles chei Rou. I ions
et les mouvements ont lieu du côté sensible.
moyenne se maintient pendant i5 minutes au-tlessous de i5 N'est-ce pas un graphique entièrement différent du précédent, et ce graphique des temps les plus brefs et les plus réguliers a été
obtenu non seulement pendant la distraction complète du sujet, mais à son insu pendant une période de subconscience.
Le même fait peut se démontrer encore en répétant cette même expérience d'une manière peut-être plus saisissante. Le malade Rou. est sensible du côté gauche mais anesthésique du côté droit, cette anesthésie hystérique, comme je l'ai montré dès 1886 et 1887, laisse subsister très souvent des sensations et des mouvements subconscients, on peut donc répéter notre expérience en faisant d'abord des excitations sur le bras gauche, tandis que les mouvements de réaction se font de la même main gauche, puis en déterminent les excitations et les mouvements à droite du côté anesthésique. On obtient ainsi deux graphiques (fig. i4 et fig. i5)
Fig. i5. — Courbe des lemps de réaction à des excilalions lactiles chez Flou Les excitations et les mouvements ont lieu du côté anesthésique.
qui sont tout à fait semblables, le premier à la figure 12, le second à la figure i3. Ici encore les sensations non senties consciemment ont donné lieu à des réactions plus courtes et plus régulières que les sensations perçues avec attention consciente.
On pourrait rapprocher tous ces faits de la remarque intéressante qui a été faite parLudwig Lange. Cet auteur a montré que dans certains cas au moins les réactions sont plus longues quand le sujet fait attention au signal et moins longues quand la pensée ne se dirige que sur la réaction motrice. Cette comparaison est d'autant plus juste que M. Lange, si je ne me trompe, considère la première réaction dite sensorielle comme plus volontaire et la seconde comme plus analogue à un réflexe cérébral. Cependant cette remarque ne s'applique qu'en partie aux faits précédents : il est vrai que dans les premiers graphiques, les plus irréguliers, les sujets font attention au signal, mais je crois que dans les seconds, les plus réguliers, nos malades vont plus loin que les sujets de M. Lange et ne font attention à rien du tout.
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On pourra il oxpliouoi un peu mieux rertainc m i irbéi
paradoxales, celles «pu <»m été obt< nu I< l< rminonl d
pressions loil ni r des région* de In penu fortemeol h poi ,Mics, comme le graphique fi ur< g oïl ui d< i . 1 1 1 s nest hésiques comme 1 1 1 fig u re i i le d i ra 1 1 « | ■ i • • da i 1rs muscles du brai nui exécutent I. ■ . i. >< im ni tri
thétiéa el que la conscient e ne perçoit plus 1rs sensation h de t qui accompagnent leurs mouvement < lit l'ab le cette
sensation de fatigue qui permettrait au sujel de continuer ind< li u i m r ni I opération eu conservant des réactions aussi bi On
pourrait rapprocher cette expérience d'un fait curieux autrel signalé par Charcot el Paul rucher el que j'ai vérifié m. uni' Si on prend le graphique de la respiration et en même temps celui des mouvements du bras chez nn sujet qui tient un I levé en I air, on constate rapidement que sous 1 influence de la fatigue, la respiration s accélère, tandis que le bras se met s trembler. Au contraire, le même graphique obtenu ches un sujet qui s de l'anesthésie musculaire et qui présente des phénomènes cataleptiques ne montre ni troubles de la respiration, ni tremblement. La suppression de la sensation de fatigue a enlevé les avertissements qui déterminaient les modifications de la respiration el a permis de conserver indéfiniment la courbe du début. Cette explication renferme une partie de la vérité. Il est certain que, au moins au bout d'un certain temps, la sensation de fatigue musculaire gêne un peu les sujets et qu'il est plus facile de répondre correctement, si on peut ne pas s'en préoccuper. D'autre part cette explication nous fait déjà remarquer une chose essentielle, c'est que ces deux courbes que nous comparons, quoique prises dans des conditions identiques en apparence, ne sont pas complètement comparables. L'opération que doit faire le sujet est plus simple dans l'un des cas que dans l'autre, puisque dans l'un des cas il y a un élément de moins qui est la sensation de fatigue musculaire.
Il reste à voir si cette différence dans les deux opérations, cette simplification de Tune d'entre elles tient uniquement dans tous les cas à cette disparition de la seule sensation de fatigue. En premier lieu toutes les courbes paradoxales n'ont pas été obtenues sur des anesthésiques : les figures 10, n, i3 sont le résultat d'impressions faites sur des membres sensibles même à la fatigue. Qe. après et pendant l'expérience, qui a fourni la figure i3,
nie (lisait : « .le sons depuis un moment que ma main et mes doigts sont fatigués et je ne sais pas pourquoi. » En second lieu, quiconque aura essayé lui-même de se prêter à cette expérience remarquera que la fatigue du bras qui réagit est fort peu de chose à côté d'une fatigue que l'on ressent dans la tète et qui résulte des efforts que l'on fait pour maintenir l'attention dans une même direction. 11 entre dans ces efforts des mouvements musculaires, soit; mais ces mouvements ne sont plus limités au bras anesthésique et la fatigue, qu'ils déterminent pourrait fort bien être sentie par le sujet. Enfin, quand la courbe s'élève et devient irrégulière chez les individus normaux, je ne crois pas que cette modification soit uniquement due a la sensation de la fatigue, elle est due surtout a la fatigue elle-même qui nous rend incapables d'exécuter une opération compliquée. Si nos malades anesthésiques et surtout distraits continuent à l'exécuter correctement, ce n'est qu'en partie parce qu'ils ne sentent pas la fatigue, c'est surtout parce que cette fatigue elle-même ne se produit pas chez eux. C'est en un mot parce que l'opération reste chez eux plus simple, plus facile, et par conséquent moins fatigante que chez les autres.
Ce fait s'explique à mon avis simplement si on se souvient des remarques analogues qui ont été faites bien souvent sur les phénomènes automatiques. J'ai déjà à bien des reprises insisté sur la facilité et la rapidité des mouvements automatiques par opposition à la difficulté et à la lenteur des mouvements volontaires \ M. Onanof a montré aussi que dans bien des cas le temps de réaction des mouvements subconscients, consécutif à des excitations déterminées sur des régions anesthésiques, pouvait être plus court que celui des mouvements conscients à la suite d'excitations réellement senties2. Cet auteur remarque le fait à propos d'un petit nombre de temps de réaction pris isolément et dans lesquels l'absence de la sensation de fatigue n'a pu jouer aucun rôle. Cette observation ne contredit pas du tout la remarque plus connue, c'est que les temps de réaction sont allongés par la diminution de la sensibilité, comme le montrèrent autrefois
i. Voir en particulier l'observation d'une aboulique Marcelle. Revue philosophique, 1891, et dans le chapitre précédent, et Stigmates mentaux des hystériques,