I. us. u's, finir !<• mol chocolat, le déterminai pai on
rôles automatiques, des mots commençant pai <«>, comme coton, coqueluche, cocoriko. Ce dernier terme détermina même une hallucination Bpontanée, celle d un coq que la malade voyait apparaitre dès qu elle commençait .1 penser aux mois commençant par Vous h osons pas insister sur l.i description de ces procédés et d'autres du même genre qui sont très utiles, mais qui paraîtront un peu enfantins, Nous dirons, pour notre excuse, que la pédagogie ne nous b pas encore indiqué beaucoup de pi océdés pratiquée pour décomposer et détruire les som uns. \u milieu de ton ces hallucinations, de toutes ces paroles automatiques, Jus arrivas s'embrouiller complètement. « Quel est (louée.- mot qui me tourmentait, disait elle, je le chercha depuis huit jouis, il s,> /e, je ne peux plus le rassembler, c'est co... coton, non, c'est cho le ra, c'est un mol étranger. Qu'est-ce qu'il signifie? »
Sans doute, il y eut des alternatives; de temps en temps un accident, la vu s d'une personne mourante, l'odeur du phénol, etc., ramenaient un peu par association l'idée du choléra. Mais ces souvenirs devinrent de plus en plus rares. Bien entendu,* j'évitais d'interroger la malade sur ce point et j'avais interdit sévèrement toute conversation capable de raviver les souvenirs. J'ai été étonné de voir à quel point l'oubli était devenu complet: au moment de la dernière épidémie cholérique de Paris, Justine a demandé ave curiosité ce que c'était que cette maladie, et cette femme qui avait eu de tels délires à propos d'un choléra imaginaire se moquait des gens qui avaient peur du choléra réel. Ce n'est que très rarement, deux fois en deux ans, que, à propos d incidents dont nonparlerons plus loin, l'idée fixe et la terreur ont semblé réapparaître un moment ; mais elles ont été rapidement effacées et oubliées.
Je croyais être obligé d'effacer moi-même en temps opportun les diverses hallucinations accessoires qui m'avaient servi à décomposer l'idée fixe, mais en réalité elles se sont effacées peu à peu
et spontanément. Cette disparition a permis à la malade d'acquérir de nouveau une idée vague du choléra et un souvenir très confus de son ancienne maladie. Elle en parle sans émotion, mais aussi sans ce souvenir de ce qui se passait en réalité.
Le traitement que je viens de résumer s'est prolongé pendant dix mois ; ce ne serait pas trop long pour détruire une idée fixe aussi intense qui avait duré vingt ans, si l'on pouvait considérer la malade comme guérie. Malheureusement, il nous reste a voir bien d'autres symptômes qui vont nous enlever nos illusions.