Les idées fixes secondaires
Pour la clarté de notre exposition, nous avons réuni dans le premier paragraphe tous les faits qui se rattachaient à l'idée fixe du choléra ; mais, en réalité, ces faits n'existaient pas isolément. Une grande quantité d'autres phénomènes pathologiques et même d'autres idées fixes s'y mêlaient continuellement. A partir du moment où l'idée fixe du choléra commença à diminuer et surtout quand elle disparut, d'autres idées fixes surgirent, nombreuses et menaçantes, qui vinrent étrangement compliquer l'étude et le traitement de la malade. Nous avons déjà désigné ces phénomènes sous le nom d'idées fixes secondaires; nous les avons déjà souvent rencontrées, car elles forment le principal obstacle à la thérapeutique des maladies mentales. Les oublier, ce serait méconnaître le caractère essentiel de la maladie; limiter le mal à une seule idée fixe et se figurer qu'il suffit de l'enlever par suggestion, c'est avoir une notion complètement fausse d'une perturbation mentale beaucoup plus grave et beaucoup plus profonde.
Ces nouvelles idées ont les mêmes caractères généraux que la première, elles se développent démesurément en dehors de la volonté et souvent en dehors de la conscience du sujet ; elles donnent naissance à des obsessions, à des impulsions, à des attaques quand elles remplissent totalement le champ de la conscience. Il est probable que, si on ne les arrêtait pas, elles acquerraient la gravité et la ténacité de l'idée fixe primitive ; si on cherche à les guérir, elles se transforment incessamment et deviennent très nombreuses et très variées.
Pour décrire les innombrables idées secondaires de Justine, il
I I 5 in KS Flî rjNDAini i I
ni [le de les divi ei en trois cri ou p< ei h. ii urelle Bl « om mode qu n ivon déjà j » i
i" | .-, ni. . . • 111.1.111 . |. m fi OU Dfl
( , 1 1 . 1 1 1 n i g 1 1 1 m ■ \ i d é< 1 1 • I < • 1 1 1 simplement . | . , , I
dus de l'idée ( i \ • • pi incipale, lu moin . r II.
i.i. i lemenl pai le liens <!•• I iquence ou de I i on .
Cependant ces I nts de I idée principale peuv< n( i< d<
lopper isolément et même survivre après la disparition de I id< e primitive. Voici un exemple très net emprunté à une autre malade. Ger..., une jeune femme de vingt-huit ans, a assisté seule a la mort subite de sa belle mère, elle) a tenue morte entre ses b nement lui a bouleversé l'esprit. Depuis, ell< proche les mau-
vaises humeurs vis-k-vis de sa belle mi
figure l'avoir tuée, et enfin veut Be tuei a son tour comme cou pable. Voici l'idée primitive qui, ici, ;i un début bien net. I d traitement approprié réussit a supprimer I idée fixe de cette jeune femme, et je la croyais guérie, quand on me la ramena, quelques mois plus tard, en proie à un délire en apparence tout nouveau. Elle a voulu tuer sou enfant, une pauvre petite fille de quatre ans qu'elle adorait. Elle se désespère de sentir en elle cette odieuse pensée qui la pousse à frapper son enfant, elle trouve cette impulsion monstrueuse et inexplicable. C'est pourtant la suite de la première idée fixe: « 11 faut faire disparaître l'enfant d'une mère coupable et qui sera coupable comme elle », ainsi qu< i .. l'explique très bien dans les états seconds. Le point curieux, i que Ger... ne songe plus à se tuer elle-même et ne se rail plus de reproches; la seconde idée, quoique dérivée de la première, subsiste isolément.
Des idées de ce genre ont été très nettes chez Justine : par exemple, nous ne serons pas surpris si l'on vient nous dire que depuis dix ans Justine n'a jamais voulu manger ni un fruit, ni un légume, cela est une conséquence trop évidente de l'idée de choléra. Mais l'idée du choléra étant presque disparue, voici la malade qui, sans savoir pourquoi, refuse obstinément toute alimentation: c'est la conséquence qui s'est isolée du principe.
Nous considérons, comme du même genre, les idées et les rêves si nombreux relatifs à la mort. Elle rêve qu'elle est occupée à déterrer des cercueils, à les ouvrir, à retirer les cadavres pour les