Charcot, Œuvres, t. III, p
3. Russel Reynolds, fiemarks on paralvsis and otliev disorders of motion and sensation dépendent of idea, 1S69. Un travail sur le même sujet de Erb, iv~
auteurs a 'entendait une idée abstraite, mais un phénomène psychologique concret, comprenant non seulement tin souvenir persistant, mais les émotions e1 les réactions diverses que ces émotions persistantes entraînent avec elles.
Charcot insista sur l'émotion primitive au moment de l'accident, sur la persistance de cet état émotif, sur la reproduction de faits identiques par la suggestion, sur le I raitement par l'isolemeat et les influences morales qui modifient non l'état physique, mais l'état mental pathologique de l'hystérique. Peu à peu, avec beaucoup de réserves, il appliqua la même interprétation à d'autres phénomènes, à des contractures, a des mutismes, à des anorexies. Beaucoup d'auteurs, en France et a l'étranger, et en particulier Mœbius et Striïmpell, ont adopté cette conception des accidents hystériques et ont été jusqu'à déclarer que « l'on peut considérer comme liystériques, toutes les modifications maladives du corps qui sont causées par des représentations, durch Vorstellungen1 ».
Il faut reconnaître cependant que, malgré les démonstrations de Charcot, malgré les observations nouvelles, un doute subsistait dans beaucoup d'esprits. Nous voyons des auteurs comme Oppenheim 2 et Jolly a en Allemagne, Grasset en France4, plus récemment Bastian en Angleterre", qui cherchent à interpréter autrement le accidents hystériques. D'autre part, Charcot lui-même et ses élèves hésitent à généraliser cette conception relative au rôledes idées dans l'hystérie et emploient bien rarement, à propos de ces malades, le mot précis d'idées fixes qui devrait caractériser leurs accidents.
Cette hésitation nous semble facile à expliquer. Depuis longtemps, on connaissait le phénomène des idées fixes, décrit déjà par Esquirol sous le nom de monomanie, puis étudié longuement par les aliénistes sous les noms de délire émotif, vertige mental, obsessions, impulsions, phobies, syndromes épisodiques des dêgé~
i. Mœbius, Ueber d en BegrifT der Hystérie. Ccntralblatt fur nerven-heilkunde, von D. Erlenmerer, t. XI, 1888, n° 3. — A. Strumpell, Ueber die Enstliehuu^ und die Heilung \ on Krankheiten durch Vorstellungen. Erlangen, novembre 1892.
2. H. Oppenheim, Thatsàchliebes und hypothetisches ùber das Wesen der Hystérie. Nerven-klinick der Charité, octobre 188g.
3. Jolly, Ueber Hystérie bei Kindern. Sonder Abdrûck aus der Berliner klinische IVochenschrift, 1892, n° 34.
4. J. Grasset, Leçons sur l'hystêro-lraumatisme. Masson, 1889.