‹ Névroses et idées fixesChapitre 39 sur 116 · I. \. Il Kl |)| IM I · texte numérisé non relu

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Poui parvenir, je résumerai brièvement cei ' b des idées fixes les plus connus pour montrei que les hystériques ne

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constater enfin quelle modification I idée fixe présente chez ell

i. — Caractères des idées fixes.

Pour constater les idées fixes sous leur forme la plus simple, je vous rappellerai brièvement l'observation (rime malade qi présentée récemment à la consultation.

Observation I. — M'm' A une femme d<> trente trois ans,

d'une famille prédisposée aux troubles mentaux un oncle et une tante du côté paternel sont morts aliénés . a toujours été ellemême arriérée et peu intelligente, quoiqu'elle n'ait pas présenté* dans sa jeunesse d'accidents nerveux bien caractérisés. Ell mariée jeune et a quatre enfants. Il y a quatre ans, elle fut obli \ de faire appeler un médecin de sou quartier, pour soigner un de ses enfants. Je ne sais ce que notre confrère avait de séduisant et d'irrésistible en auscultant l'enfant, mais Mme A... fut émotionnée et bouleversée par ce spectacle. Depuis, pendant trois années consécutives, elle n'a pas pu détacher son esprit de la pensée de ce médecin. Elle en était devenue complètement amoureuse, d'une manière bien invraisemblable. Elle passait ses journées en contemplation devant son image, car elle croyait le voir ; au moindre bruit d'un pas dans la rue, elle prétendait l'entendre qui montait chez elle et qui lui parlait ; nuit et jour, elle lui adressait de tendres discours. Enfin, elle commit mille excentricités pour chercher à le revoir. Depuis un an, cette préoccupation s'est modifiée: Mme A... s'accuse d'une faute imaginaire quelle aurait

216 l>KS IDÉES FIXES DE FORME HYSTÉRIQUE

commise avec ce médecin et passe ses nuits à se confesser à son mari : une idée fixe <!<• remords a remplacé presque complètement lidce amoureuse. D'ailleurs, ces idées, môme la dernière, diminuent sensiblement depuis quelque temps, surtout depuis que la malade est isolée et séparée de son mari.

.le n'insiste pas sur tous les caractères de cette idée fixe, ce qui n'est pas l'objet de notre étude actuelle. Je vous fais seulement remarquer comment l'idée du Dr X... se présente a la malade. Ce n'est pas chez elle quelque chose de simple et d'abstrait, cette idée est un ensemble d'images visuelles, auditives, tactiles et probablement dans ce cas, génitales. Ces images sont condensées ensemble de manière à former un système, c'est-à-dire qu'elles sont liées de telle manière que la présence de l'une d'elles éveillée par un incident quelconque détermine immédiatement l'apparition de toutes les autres, c'est ce que l'on appelle l'association des images. Cette complexité, cette systématisation, cette association étroite de tous les éléments existe dans toutes nos idées les plus normales et dans toutes nos émotions qui sont des faits du même genre : elles sont toutes des systèmes d'images qui tendent à se développer. Mais chez nous ce développement s'arrête aux premiers termes et ne se prolonge qu'avec notre consentement, sans être d'ailleurs jamais bien complet. Au contraire, chez M1"*3 A..., le développement des images contenues dans Tidée de son médecin est toujours si complet qu'il aboutit toujours à des hallucinations variées et a des actes, et cela malgré ses efforts volontaires. Ces deux phénomènes, l'hallucination et l'action, ne sont en réalité, comme vous l'avez vu souvent dans ces leçons, que le résultat du développement complet des éléments d'un système psychologique. Vous comprenez que suivant la nature de ces éléments qui entrent dans le système constitutif d'une idée, images visuelles, ou images de la sensibilité générales ou images kinesthésiques, images liées elles-mêmes à telle ou telle modification phvsiologique, à des troubles vaso-moteurs ou à des mouvements des membres, l'idée qui résulte de leur ensemble peut prendre des aspects bien différents qui constituent les diverses variétés du délire émotif, de l'obsession ou de l'impulsion. Le mot « idée fixe » au moins dans ces études générales n'a pas pour nous un sens restreint, ce n'est pas uniquement une idée intellectuelle ou même abstraite qui persiste dans l'esprit. Un état émotif comme une terreur est également un système de phénomènes psycholo-

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Ces caractères nous sonl bien connus, nous \<^ avon ouvent étudiés i propos des su .m Muisi insiste auiourd nui surun

point, c est nue t«>ui ce développement, tous ces éléments de I idi i semblent avoir toujours été bien connus par la malade. Je ne dis pas seulement que M" \ reconnaissait I absurdité de son délire, c esl là ce caractère < | u « - l'on appelle s torl cons< lence d<- l'idée fixe o et « 1 1 1 1 est assez variable, je dis que M \... t<»ni en déplorant sou étal s.i\;iit très bien quelle pensait tout !<• temps au |)' \... elle ;i\,ni conscience «le son idée dans le Bens psychologique du mot, elle se rendait personnellement compte desa pen sée obsédante et interrogée elle aurait pu duc : «< Je Bais ce <jui me tourmente, p* sais que je pense à la figure, à la \oi.\ du Dr\... » Aujourd'hui encore elle nous déclare qu'elle s'en souvient parfaitement: la conscience et le souvenir semblent donc complets. Ce caractère de la conscience de l'idée fixe, entendu dans ce sens t j 1 1 i . à mon a\is. est le vrai sens du mot, est un lait très un portant . D'abord il cai actérise un groupe t rès considérable de malades, les psychastliéniques qui ont des idées fixes conscientes, au moins en apparence. En outre il nous présente un problème psychologique fort délicat, car nous avons quelque peine à comprendre que les malades aient une conscience aussi complète de leur idée lixe tout en avant aussi peu de pouvoir sur son développement ou son arrêt. Rappelons-nous donc que la plupart des idées fixes anciennement connues, les monomanies d'EsquiroI, sont des idées conscientes, c'est-à-dire connues par le malade.

Cette malade que j'étudie devant vous ne présentait pas uniquement ce symptôme de Vidée fixe, elle avait depuis longtemps un état d'esprit tout particulier qui, à mon avis, a permis le développement de l'idée fixe. Cet état, qui se caractérisait surtout par la suggestibilité, consistait en troubles delà perception, en alté-

i. Pierre Janct, Accidents mentaux des hystériques, 1894, p. 3o, 00.

rations curieuses de la mémoire se rapprochant beaucoup de l'amnésie continue, cet oubli continuel des choses récentes l, en une diminution considérable de la volonté et de l'attention. Cesdivers symptômes fondamentaux constituent les signes de la faiblesse mentale des stigmates de psychasthênie.

Enfin, d'autres symptômes pouvaient être considérés comme postérieurs à l'idée fixe, comme la conséquence de cette idée ; ce sont, en premier lieu, dos actes, des paroles, des délires et aussi de nouveaux troubles de la sensibilité, de l'attention et de 1» mémoire, qui se surajoutaient aux premiers.

Si nous faisions une étude complète des idées fixes, il faudrait étudier séparément ces trois groupes de symptômes, distinguer soigneusement ce qui est un stigmate primitif, une simple manifestation de la faiblesse cérébrale qui va servir de terrain favorable au développement exagéré dune idée, ce qui est une idée fixe accidentelle, et ce qui est une conséquence de l'idée fixe. Un même phénomène comme le doute, par exemple, peut, suivant la façon dont il se présente, être simplement un stigmate, constituer une idée fixe ou dépendre d'un trouble d'attention consécutif à l'idée fixe2. Ces distinctions ne sont pas, à mon avis, sans importance. Il faudrait aussi étudier le phénomène des idées fixes en luimême et constater les variétés qu'il représente, suivant que l'idée est complète et se développe jusqu'à l'hallucination, ou qu'elle est incomplète et se réduit le plus souvent à l'obsession verbale, suivant que l'idée est primitive ou qu'elle est secondaire et dérive de la première, comme l'idée de remords dans le cas présent dérivait de l'idée amoureuse, suivant que l'idée est acceptée par le sujet qui croit à sa réalité extérieure ou qu'elle est repoussée par le malade qui se rend compte de son trouble mental, etc. Mais nous ne pouvons entrer dans ces questions, que nous avons

i. Voir le chapitre m.

2. J'ai déjà discuté quelques-unes de ces distinctions dans plusieurs articles : Etude sur un cas d'aboulie et d'idées fixes. Revue pliilosophique, 1891, I, 280 ; Amnésie continue. Revue générale des sciences, 1898, p. 176; Histoire d'une idée fixe. Revue philosophique, février 1894» p- 121. Dans tous ces travaux, j'ai insisté sur ce point que les stigmates, l'anesthésie elle-même, peuvent être la conséquence indirecte de l'existence d'une idée fixe, d'un état émotif persistant ; mais je ne crois pas qu'il en soit toujours et nécessairement ainsi. Dans d'autres cas elle sera un stigmate primitif, simple manifestation de l'épuisement cérébral et du rétrécissement de la conscience.

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Les hystériques peuvent présenter quelquefois des idées fixes j peu près analogues aux précédentes, des idées fix< - qui -<»nt même très complètes, mais le plus souvenl il a erJ i umis considérons quelques-uns de ces accidents hystériques qu< nous sommes disposés à expliquer, Buivanl la théorie d<: Charcot, par des Idées fixes, nous voyons que les phénomènes oe sont plus exactement les mêmes, du moins que les dii at< tories «1»

symptômes ne se présentent plus toutes les trois avec la même net teté.

Voici d'abord un cas d'un accident hystérique assez ra dont la description seule est Intéressante pour la clinique.

Il \ a trois ,ins, Charcot préparait un cours que quelques-uns d'entre vous ont peut-être entendu sur les vertiges au cours delà neurasthénie. Nous avons cherché sur sa demande, sans eo trouver d'exemples bien nets, des cas de vertige chez des hystériques, et Charcot avait conclu dans sa leçon que le vertige fréquent (huila neurasthénie est fort rare dans l'hystérie. Aussi me semble-t-il intéressant de signaler le cas suivant.

Observation II. — B... est une femme de vingt et un ans dont l'histoire est trop longue et trop compliquée pour que je vous la raconte tout entière; elle a déjà présenté la plupart des accidents que les hystériques peuvent avoir, somnambulismes spontanés, contractures, attaques, délires prolongés pendant plusieurs mois avec amnésie consécutive, etc. Je n'insiste que sur un nouveau phénomène assez curieux qui se produit depuis le début du mois de. mars. Quand elle marche dans la rue, elle se sent prise tout d'un coup d'un grand vertige, le sol se dérobe sous elle, elle se

sent précipitée en a va ni ei doil se raccrocher aux; arbres ou aux murs pour ne p;> s tomber : le même vertige la prend aussi et avec violence quand elle est assise. Cet accidenl se produisait, au

début du mois de mars, plusieurs lois par jour ; il n'existe plus guère maintenant qu'une fois par jour.

Ce vertige ne s'accompagne ni de sensation de bruit dans les oreilles, ni de nausées, ni de troubles oculaires, la malade n'a en ce moment ni anesthésie bien nette, ni même de rétrécissement du champ visuel. Il est isolé et en même temps exagéré: il constitue, si j ose m'exprimer ainsi, un accident absurde qui ne se rattache à rien de précis. Je connais la malade, et je sais combien elle est suggestible, combien elle a eu de tics bizarres, d'idées fixes absurdes, dont quelques-unes formaient des obsessions conscientes ; je suis donc disposé à croire qu'il s'agit encore, dans ce cas, d'un phénomène du même genre. Mais cette malade, si on l'interroge dans ce sens, affirme qu'elle n'a aucune idée obsédante et qu'elle n'a jamais rêvé à un vertige ; elle ne sait même ce que nous voulons dire en parlant d'idées de ce genre à propos de son vertige, et elle est persuadée qu'elle a une maladie purement physique.

Cette même malade présente un autre accident plus banal, ce sont des peurs qui la tourmentent depuis plusieurs années. De temps en temps, sans raison apparente, elle sursaute, frissonne, se sent, dit-elle, envahie par une grande peur, mais ne peut aucunement expliquer ce qui l'effraye ainsi. Elle regarde de tous côtés pour voir ce qui lui a fait peur et ne trouve rien.

J'attire votre attention sur ce dernier fait, il est fréquent chez tous les obsédés, qui ont souvent des peurs sans motifs, des panophobies, des émotions sans cause. Il a donné naissance à la théorie de l'émotion pure sans idée et même sans images, théorie qui me parait réclamer quelques études nouvelles.

Observation III. — Cette autre malade Co..., âgée de trentedeux ans, se portait bien jusqu'à l'âge de vingt-neuf ans, quoiqu'elle fût très nerveuse et très impressionnable. A ce moment, elle éprouva successivement une série d'émotions violentes; elle vit son pèreperdre unepartie de sa fortune, elle assista à l'agonied'uneamic intime qui mourut de phtisie, enfin elle vit dans la rue un homme •écrasé par une voiture. A la suite de ce dernier incident, elle fut si bouleversée et si tremblante, qu'elle ne put rentrer chez elle; on

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entrée h I hôpital, <'ll<• avait des attaques de sommeil de du variable, b pea près tous les jours. Pendant ce sommeil elli loi t calme, les yeux i demi Fermés, avec quelques trembh menti rares des paupit r< s, les membres en résolution et insensibles, elle se réveillait en gémissant et sans aucun souvenii de ce qui .«\.Mt pu provoquer I .itt.i<|u«' Si on tient compte des circonstances qui ont déterminé ces sommeils, de la tristesse continuelle de la malade, de son caractère qui ;i toujours été très susceptible, <>n est dispose a rattacher ces sommeils .i des émotions et ;■ cherchei l'idée, le fait psychologique, qui les provoque. M. us. comme j<- l'ai remarqué, Co... a beau faire effort, elle ne retrouve aucun souvenir de ce (|in se passe pendant ces sommeils, elle affirme n'avoir au début aucune idée en tête et même avoir à peu près oublié ses anciennes émoi mus.

On constate chez cette malade une anesthésie tactile presque complète du côté gauche, un assez fort rétrécissement «lu champ visuel it Jo°, quelques troubles légers du mouvement.

Observation IV. — Cette malade est un peu différente deprécédentes, mais je crois cependant qu'elle peut, à certains points de vue, leur être comparée. Wk... est une jeune fille de seize

ans qui était al teinte, il y a quelques mois, car la maladie est maintenant terminée, d'une bien désagréable infirmité. Pendant son sommeil elle urinait toutes les nuits dans son lit. Bien des signes sur lesquels je ne puis insister nous montrent que cette incontinence nocturne a des caractères tout spéciaux. Elle n'a commencé qu'à l'âge de douze ans, après l'entrée de ^'k... à la pension, ce qui a provoqué une série d'émotions et d'ennuis, elle ne s'accompagne d'aucun des troubles qui pourraient nous faire songer à une lésion organique ; enfin elle n'existe à aucun degré pendant le jour. Je suis tout naturellement conduit à la comparer a ces incontinences décrites autrefois par L.-J. Petit et que mon frère, le Dr Jules Janet, a étudiées dans sa thèse sur les

troubles psychopathiques de la miction â, à des incontinences psychiques dépendanl d'une idée, d'un rêve. Mais nous nous heurtons toujours à la même difficulté. Wk... a été interrogée décent manières, elle ne peut aucunement expliquer ce qui se passe la nuit quand elle urine; elle n'a pas le moindre souvenir d'un rêve quelconque.

Cette malade n'a pas de stigmates hystériques bien nets, elle n'a jamais eu d'anesthésie. On constate surtout des troubles de la volonté et des altérations du caractère.

Observation Y. — Cette dernière observation me paraît la plus importante de beaucoup et mérite que nous nous arrêtions un peu. Voici dans quelles circonstances j'ai fait la connaissance de cette malade, que j'ai déjà signalée dans divers travaux sous le nom de Maria 2. Il y a quatre ans, je travaillais à Saint-Antoine dans le service de mon excellent maître, M. Hanot. Des agents de police ont amené un matin une jeune femme qu'ils avaient ramassée absolument ivre dans le ruisseau. Elle tenait encore àla main un litre renfermant au fond une liqueur nauséabonde que j'ai appris plus tard être un mélange de vulnéraire et d'éther. M. Hanot me fit appeler et me dit en plaisantant que, si je voulais étudier la psychologie d'une femme saoule, j'avais là une belle occasion. Je remerciai M. Hanot du cadeau qu'il me faisait et je me mis en devoir de faire connaissance avec cette nouvelle malade. Malgré tous mes efforts, il me fut impossible d'en obtenir un mot, elle dormait tranquillement et profondément. Le lendemain, à ma grande surprise, elle dormait encore. Ce ne fut que le surlendemain que l'on put la tirer un peu de ce sommeil singulier et en obtenir quelques réponses.

Les renseignements que j'ai recueillis sur elle ont été depuis confirmés par quatre années d'observations et par les communications des parents. Maria appartenait à une famille évidemment tarée : un frère était hystérique, une sœur aliénée, le père et le grand-père étaient ivrognes et alcooliques. Malgré les apparences Maria n'était pas comme eux une ivrogne ; elle avait même une telle peur de ce vice, qui avait causé la ruine de sa famille, qu'elle .buvait uniquement de l'eau. Elle n'avait aucun goût pour l'alcool

i. Jutes Janet, Les troubles psycb.opathiques de la miction. Tkèse, 1890. .2. Stigmates mentaux des hystériques, 1890, p. 77, 9 '1 , ■ 1 3 8 , i^o.

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I . il. '.m i ! . Dans les phai macie i elle demandait de l'étli .1 bouteille . elle vidait la bouteille devant l< pharmo demandait qu on la remplit de nouveau, ce que cet honorable commerçant ne refusait jamais. Vprèa quelques journéei de genre, Maria tombait i\i<- morte dana quelque ru réveillait i la pr< fecture de police ou il I hôpital, honteu dé-

sespérée de sa nouvelle mésaventure. En un mot, cette malade était une dipsoiua ne tourmentée périodiquement par I impulsion I boire de l'alcool et d<> I et hcr.

Mais nous allons être bien embarrassés, si noua interro l.i malade comme je l'ai fait à Saint-Antoine après Bon réveil, et ai nous lui demandons de décrire cette impulsion qui l'entratue. Elle raconte bien qu'elle ses! sentie malade el angoissée au milieu ilr son travail, mais elle déclare qu à ce moment elle ne pens pas h boire. Elle ne sait aucunement ce qui s'est passé ensuite, et elle ne connaît que parles récits des autres ses stations d les cabarets. Des agents de police vinrent à l'hôpital pour l'interroger sur quelques détails de sa dernière équipée ; ma inquiétude et ses efforts, elle ne put retrouver aucun souvenir. L'amnésie était absolument complète et s'étendait également sur tout l'accès de dipsomanie, depuis l'angoisse du début jusqu'au moment du réveil.

Cette malade fort intéressante présentait beaucoup d'auti accidents. Je rappellerai seulement un phénomène curieux qu'elle appelait ses fixités et qui semblait analogue a une attaque extatique. Très souvent, au milieu de l'état le plus normal, elle s'arrêtait en fixant un objet, puis restait absolument immobile, les veux grands ouverts. On ne pouvait la sortir de cette extase, et on la transportait sur son lit, sans qu'elle s'en doutât et sans qu'elle modifiât la direction de ses yeux1. Elle se réveillait au bout d'un temps plus ou moins long, en poussant quelques soupirs, mais sans le moindre souvenir de ce qui s'était passé. En un mot, cette femme avait évidemment des impulsions et même des idées fixes,

i. Accidents mentaux des hystériques, i$»j4, p. iC3.

mais ae pouvait les décrire, car elle n'en avait ni la conscience ni le souvenir.

Au contraire, nous pouvons constater facilement tous les stigmates les plus complets de l'hystérie, anesthésie tactile et musculaire souvent limitée au côté droit, quelquefois généralisée, rétrécissement du champ visuel à '20°, dysclii omatopsic, syndrome de Lasègue, etc.

Si nous résumons les observations précédentes, nous voyons que, chez ces quatre malades, nous ne retrouvons pas tous les groupes de symptômes que nous présentaient d'ordinaire les malades obsédés par des idées fixes. Des trois groupes de symptômes que nous avons constatés, les stigmates préalables, les idées fixes conscientes pour le sujet et conservées dans le souvenir, les accidents consécutifs a l'idée fixerions n'en pouvons observer que deux, le premier etle troisième. Les stigmates qui caractérisent la suggestibilité et la faiblesse mentales sont, chez toutes ces malades, extrêmement importants, vous savez même que chez ces malades hystériques les troubles de la sensibilité, de la mémoire, de la volonté, sont devenus beaucoup plus nets et beaucoup plus caractéristiques.

Les accidents consécutifs sont aussi très évidents ; ce sont des vertiges, des peurs, des sommeils, des mictions involontaires, des excès de boisson, des ivresses, des extases, de nouveaux troubles de la sensibilité et de la mémoire, etc. Mais le phénomène intermédiaire, cause supposée des accidents, l'idée obsédante et impulsive, le rêve émotif, où est-il ? Les malades ne cachent rien, et nous n'avons pas de raison pour mettre en doute leur sincérité.. Elles affirment qu'elles ne pensent à rien de semblable et qu'elles ne se souviennent pas d'avoir eu en tète des idées de ce genre.

On comprend donc que beaucoup d'auteurs aient hésité à expliquer avec Charcot les accidents des hystériques par des idées fixes, car il est incontestable que, bien souvent, ces idées ne se manifestent pas chez elles d'une façon claire comme chez les autres aliénées.

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