‹ Névroses et idées fixesChapitre 55 sur 116 · UN CAS I» IIKMIANOISIK HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

UN CAS I» IIKMIANOISIK HYSTÉRIQUE

comprendre les phénomènes présents. Depuis quelques mois, à peu prés depuis le mois de juin 180/4, cette femme a présenté de grandes irrégularités de la menstruation, en particulier des hémorragies utérines considérables au moment de ses époques. Inquiet de ees hémorragies, j'avais même envoyé la malade à M. Potherat qui, avec une obligeance dont je le remercie, a bien voulu examiner son état. Il n'a observé aucune lésion sérieuse et quoique cette personne n'ait que quarante-deux ans, il attribue ces irrégularités et ces hémorragies au début de la ménopause.

Quoi qu'il en soit, ces hémorragies amenèrent un affaiblissement considérable, et probablement un épuisement cérébral, à la suite duquel les troubles nerveux et mentaux qui avaient disparu depuis longtemps réapparurent sous une forme au moins singulière. La malade vint se plaindre à moi vers la fin de décembre de troubles oculaires que nous constatons encore aujourd'hui. D'abord elle décrit un petit détail intéressant mais que nous ne pouvons étudier maintenant, c'est la persistance des images visuelles. Quand elle a regardé un objet A et quelle passe à un autre objet B, limage du premier A persiste et empêche de voir le second ; il faut qu'elle attende quelque temps pour que l'image B apparaisse peu à peu au travers de celle de A. Autrefois Justine a éprouvé des faits analogues, mais c'était alors une certaine image déterminée, un certain objet, toujours le même, qui persistait ainsi et gênait la vision, et le phénomène se rattachait aux idées fixes. Aujourd'hui le même fait se reproduit à peu près constamment pour tous les objets dès qu'ils sont regardés attentivement. Cette persistance des images visuelles semble se rapprocher maintenant d'autres phénomènes, tels que la répétition des mouvements, celle des paroles, etc., qui sont bien caractéristiques chez elle.

Mais nous devons nous occuper plus exclusivement du second svmptôme. Quand Justine regardait un objet attentivement, elle s'apercevait qu'un des cotés, le côté situé à sa droite, était mal vu, qu'il disparaissait peu à peu. Au bout de peu de jours ce symptôme s'accentua et au début de janvier elle vint se plaindre elle-même, notez le fait, qu'elle ne voyait plus que le côté gauche (toujours par rapport à elle) de tous les objets. L'hémiopie qui n'existait au début que pendant les instants de fatigue était devenue permanente : la malade était obligée de faire de^ mouvements des yeux et de regarder de côté pour voir les objets en

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Fig. aS. — Limites ilu champ visuel hémiopique.

connu des hémiopies de cause centrale dans lesquelles une petite portion du champ visuel entourant le point de fixation est toujours respectée. Malgré ce détail, il y a dans ce cas une perte presque complète de la moitié du champ visuel.

L'examen de l'œil droit est plus difficile pour des raisons que nous étudierons tout à l'heure, mais on peut cependant mesurer le champ visuel. On constate un rétrécissement beaucoup plus considérable que du cùté gauche, puisque la limite la plus éloignée est à 35° au lieu de 70°. Mais on observe aussi qu'une moitié du champ visuel est supprimée d'une façon plus complète encore, puisque de ce côté la vision ne s'avance qu'à 5° du centre. En même temps, nous constatons un l'ait étrange qui m'a beaucoup

m UN CAS D»HÉMIÀNOPSIE HYSTÉRIQUE

surpris, c'est que pour l'œil droit, la partie supprimée esta gauche; l'hémianopsie est donc interne, elle est nasale, le fait est singulier, mais il faut le constater tel qu'il est. Nous avons donc affaire ;i une personne qui se plaint de ne voir les objets que du coté gauche et qui à l'examen périmétrique présente un rétrécissement concentrique des deux champs visuels, plus accentué pour l'œil droit avec hémianopsie interne ou nasale.

3. — Stigmates hystériques, asthénopie, spasme de la convergence, hémi-diplopie monoculaire, hémimacropsie, hémi-micropsie.

Que cette hémianopsie existe et qu'elle soit permanente, cela est incontestable, mais pouvons-nous rattacher ce phénomène à l'hystérie? Pouvons-nous dire qu'il s'agit d'une hémianopsie hvstérique ? Cette question est fort délicate et, sans me prononcer d'une manière catégorique, je vais vous indiquer certaines remarqués qui peuvent, à mon avis, militer en faveur de cette opinion, en réservant pour la dernière le fait, à mon avis, le plus important.

i° Je dois rappeler d'abord sans y insister outre mesure que la malade est bien réellement une hystérique et qu'elle a déjà présenté un très grand nombre de troubles de la vision bien nettement en rapport avec la névrose. Le fait est loin d'être insignifiant mais il n'est pas démonstratif; car, en réalité, une hystérique peut avoir une hémiopie tenant à toute espèce de cause en dehors de l'hystérie. Nous pouvons supposer ici que cette femme, en outre de son hystérie qui produit le rétrécissement concentrique du champ visuel, a dans son cerveau une lésion quelconque qui exerce une double compression sur chacun des côtés du chiasma de manière à supprimer la vision dans les parties latérales externes de chaque rétine et à réaliser l'hémianopsie nasale ' que nous voyons : cela est à la rigueur possible. N'insistons donc pas sur les symptômes de l'hystérie, l'aboulie considérable et intéressante, la suggestibilité énorme, les phénomènes amnésiques, les somnambulismes, etc.

Signalons seulement les stigmates de la sensibilité et en particulier les troubles de la vision qui sont intéressants. Justine a été

i. Gharcot, Maladies du système nerveux, IV, ia4- Paris, F. Alcan.

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anesthésie.

hypoesthésie.

dyscstliésie.

plutôt dysesthésiques, c'est-à-dire présentent une hypoesthésie douloureuse. Vous remarquerez aussi une plaque d'anesthésie bien intéressante qui occupe toute l'oreille externe et la région du visage et de la tète immédiatement environnante (fig. 29 . Cette anesthésie de l'organe externe se rattache, suivant une loi bien connue, à une anesthésie de l'organe interne. L'ouïe est presque abolie du coté droit. La malade n'entend facilement que les sons très violents et le tic tac de la montre n'est perçu que tout près

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