‹ Névroses et idées fixesChapitre 64 sur 116 · UN CAS D'IIEMIANOPSIE HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

UN CAS D'IIEMIANOPSIE HYSTÉRIQUE

fluence sur la répartition do l'activité qui reste disponible ; les suggestions et les idées fixes, qui ne créent pas l'anesthésie de toutes pièces peuvenl fort bien déterminer dans des cas particuliers ses limites et ses localisations, surtout lorsque celles-ci sont précises et singulières. On tomberait dans bien des erreurs, si Ton niait l'influence des suggestions maladroites, des idées des sujets dans la répartition de leur engourdissement cérébral et dans la distribution de leurs stigmates. Il est facile de remarquer cette influence de la suggestion même sur celte hémiopie actuelle qui est cependant spontanée. Depuis que l'on examine l'hémiopie de Justine, il me semble qu'elle s'est précisée encore, la vision est devenue plus nette, plus large du côté gauche, le rétrécissement concentrique a disparu de ce côté, la vision est devenue plus nulle du côté droit, où elle ne dépasse plus que très peu la ligne médiane. Si je n'avais pas pris moi-même le champ visuel tout au début, si je ne l'avais pas fait prendre au même moment par M. Parinaud, je craindrais vraiment d'avoir affaire maintenant à un phénomène suggéré. Eh bien, cette influence que la suggestion a actuellement encore sur cette hémiopie, il est probable que les idées du sujet, ses préoccupations bizarres l'ont eue déjà autrefois et qu'elles ont contribué à donner cette forme spéciale à un épuisement général du cerveau et des centres visuels. Nous avons affaire ici, en résumé, à un phénomène qui a été jusqu'ici peu observé: la détermination d'une forme du champ visuel par l'idée fixe.

Si cette explication très simple des faits a quelque intérêt, c'est qu'elle conserve à cette malade son unité pathologique, intéressante. Justine continue à être une malade à idées fixes et ces idées fixes conservent la forme hystérique. Tous ses accidents, depuis des années, ont toujours été déterminés de la même manière. Je ne parle pas seulement de ses attaques hystériques et de ses impulsions, mais même de ses accidents d'apparence organique. Elle a eu des douleurs localisées singulièrement, des contractures de forme étrange, des parésies. Tout a été le résultat d'idées fixes subconscientes dont la malade se rendait rarement compte et tous les accidents disparaissaient quand on traitait les idées fixes. Il est probable qu'il en est encore de même, les effets du traitement viendront confirmer ou détruire notre supposition.

Quoi qu'il en soit, l'observation reste intéressante en elle-même pour nous montrer l'existence d'un symptôme contesté de l'hys-

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