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Si l'on s'étonne du peu de troubles physiologiques que nous constatons nous remarquerons avec MM • Patrick et A . Gilbert que les individus insomniques ne sont probablement ]>;i> absolument prives de sommeil el qu'ils ont probablement pendant des instants tirs romis des périodes de sommeil incomplet. C'est évidemment tv qui se passe chez Zy. et il s'agit plutôt d'une perturbation con sidérable du sommeil que d'une insomnie absolue dans le sens strict du mot.
Il semble difficile au milieu de ces symptômes de distinguer ceux qui sont plus particulièrement en rapport avec l'insomnie. Ce sont évidemment des phénomènes hystériques, mais ce mot ne dispense pas de chercher leur origine. Or, cette femme ne présente de tels symptômes que depuis une époque qui date de quelques mois après sa fièvre typhoïde, c'est-à-dire depuis le moment où l'insomnie qui n'existait pas auparavant est devenue très grave.
En outre, les symptômes hystériques ont pris chez elle une forme particulière, la forme de la confusion mentale presque complète, qui n'existe pas d'ordinaire à ce degré chez les hysté-
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riques à moins de circonstances spéciales. Enfin on peut remarquer encore que ces troubles ne sont que l'exagération des troubles de l'attention et de la mémoire observés dans les insomnies de courte durée. Par conséquent il ne serait pas absurde de considérer, chez cette malade, les stigmates hystériques et surtout cette confusion mentale comme une conséquence de l'insomnie prolongée. Un fait, à mon avis, intéressant donne quelque vraisemblance à cette supposition : dans quelques expériences que je vais décrire, j'ai pu déterminer artificiellement chez cette Zy. des sommeils assez profonds de quelques heures de durée. Un fait certain et facile à constater, c'est qu'au réveil de pareils sommeils, on observe pendant un certain temps, ne dépassant guère une demi-journée, la disparition des "anesthésies, des amnésies, l'augmentation de l'attention, en un mot, une restauration presque complète de l'activité cérébrale. C'est là un phénomène analogue aux « instants clairs » de Marcelle, qui, d'ailleurs, survenaient aussi h peu près dans les mêmes conditions. En général, on observe des faits semblables quand on peut faire dormir les hystériques, surtout bien entendu quand elles étaient auparavant insomniques. Il n'est pas étonnant que le sommeil, en reposant plus complètement le cerveau diminue son épuisement.
Cependant il ne faut pas méconnaître que, chez d'autres malades, les stigmates hystériques, l'engourdissement cérébral et même la confusion mentale ne puissent survenir dans d'autres circonstances. Ce sont des symptômes d'un arrêt des fonctions cérébrales supérieures qui peut être déterminé par bien des conditions différentes. Il ne faut pas oublier non plus que dans d'autres cas l'insomnie elle-même peut être non la condition immédiate, mais la conséquence de ces troubles cérébraux. Ces différents phénomènes dépendent étroitement les uns des autres et, suivant les observations, l'un ou l'autre prend une importance prépondérante. Je remarque seulement que dans le cas présent, l'insomnie qui est devenue particulièrement grave semble avoir joué un grand rôle et avoir singulièrement aggravé les symptômes de l'hystérie.