‹ Newman, sa vie et ses œuvresChapitre 13 sur 37 · Henry-J. Jennings, Cardinal Newman, story of his life · texte numérisé non relu

Henry-J. Jennings, Cardinal Newman, story of his life

Elizabeth cette suprême joie de prier en commun dans l'Unité sereine où se retrouvent toutes les âmes de bonne volonté1.

En 1849, le choléra fit de grands ravages à Bilston, et le prêtre catholique du lieu s'épuisait par un incessant labeur du jour et de la nuit. Newman, accompagné du P. Ambrose Saint-John et d'un autre prêtre de l'Oratoire, alla volontairement se joindre à lui pour assister cette ville éprouvée. On les vit partout où le danger sévissait, où le fléau montrait sa puissance. Ils portaient leur céleste message au fond des plus horribles taudis. Dans tous les foyers de l'épidémie, les prêtres catholiques se signalèrent par un dévouement admirable, et ce n'est pas un de leurs coreligionnaires, c'est M. Jennings qui rend hommage à cet esprit d'oubli de soi-même que, dans le monde entier, ils ne manquent jamais de révéler en pareille circonstance. Une colonie oralorienne s'établit à Londres, sous la direction provisoire de Newman. Mais le P. Faber en fut nommé supérieur, et le premier fondateur de l'Oratoire britannique put reprendre le chemin de Birmingham. A Londres, aussi bien qu'à Birmingham, il avait

1. Letters and correspondence of J.-H, Newman duriiig his life in the English Church, Appendix.

tenu, dans une série de confe'rences, les catholiques et les anglicans sous le charme de sa parole vive, acérée, gracieuse, subtile, profonde. L'atmosphère morale du Royaume-Uni recommençait à subir des perturbations violentes. Il y avait eu l'affaire du Gorham Jugement1 ; la bulle rétablissant la hiérarchie ecclésiastique en Angleterre, icte qualifié d' « agression papale » et suivi de scènes scandaleuses dans les rues de Londres, où [** Wisoman fut brûlé en effigie. Le silencieux îxode des âmes vers l'Eglise romaine se poursuivait, tandis que les échos retentissaient du cri de Vo Popery ! d'abord excité par la lettre de Lord lohn Russel et répété par la populace en délire de laine et de fureur. Un des esprits distingués de l'anglicanisme, le Dr Allies, était allé se mettre ;ntre les mains du P. Newman, et, lorsque les )laces publiques devenaient le théâtre d'une sauvagerie bruyante, un dernier et mystérieux combat

1. Il s'agissait du R. George E. Gorham que l'évêque anglican d'Exeter avait refusé d'admettre, dans son diocèse, à la cure de Jrampton Speke, parce que le dit Révérend professait une doctrine hétérodoxe au sujet de la Régénération baptismale. Ce fut l'occasion de vives polémiques entre les deux principaux partis de l'Église anglicane, la « Haute » et la « Basse» Église. La preîière tenait pour l'évêque. Un tribunal spirituel lui donna raison, îais la cour laïque et dérivant son autorité de la couronne, cour à laquelle Gorham en avait appelé, fut défavorable à la cause de la Haute Église.

se livrait dans l'àme de l'archidiacre Manning, combat couronné par une éclatante victoire du catholicisme.

L'aventure du prêtre apostat Achilli rappela sans doute à quelques-uns la maxime célèbre : « Il faut parfois crier au loup par charité pour les brebis. » Les passions anticatholiques représentaient cet Achilli comme un martyr. Et Newman se mit en devoir de crier au loup pour éclairer les brebis de toutes les bergeries sur les véritables motifs de l'apostasie d'Achilli. Crier au loup, c'est une faucon de parler, car il y a tout lieu de supposer que Newman ne cria pas. Ce n'était ni dans le ton de ses sermons ni dans celui de ses conférences. Au cours de celles-ci, avec sa voix argentine et musicale, il prit à partie le fameux Achilli, que, d'après M. Jennings, il sembla fustiger en se taillant un fouet dans les éclairs. Un procès s'ensuivit. Cette fois-ci, nous nous adresserons encore à M. Jennings, dont la franchise ne saurait être suspecte, puisque, dans son avant-propos, il déclare qu'il n'avoulu ni cacher ses vues propres ni les exprimer de façon à blesser les catholiques dans les mains desquels son livre pourrait tomber. Il décrit les bruits qui circulaient communément sur le compte de cet étranger : « Que, cet homme

it presque, sinon tout à fait aussi mauvais qu'on dépeignait, dit-il, il ne saurait y avoir à cela lucun doute. » Malgré les témoignages accablants •lés contre son adversaire, Newman, dont on le songeait pas à nier la bonne foi, fut condamné payer une amende. Il était incapable d'exagéraion. Ses coreligionnaires du monde entier s'em- )ressèrent de souscrire pour subvenir aux frais du wocès1. Malgré de vives instances, il refusa l'excélent du produit de leurs offrandes et demanda jue la somme fût versée à quelque œuvre charitable, ïlle alla, presque entière, se joindre aux sommes attribuées à la fondation de l'Université catholique le Dublin2.

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