‹ Newman, sa vie et ses œuvresChapitre 26 sur 37 · SAINT PHILIPPE EN SON DIEU · texte numérisé non relu

SAINT PHILIPPE EN SON DIEU

Philippe, sur toi le rayon brillant

Du ciel descendit après ta prière

Pour fondre ton cœur et pour consumer

Tout ce qui s'y trouvait de terrestres scories.

Ton âme devint le cristal le plus pur, A travers lequel la splendeur incarnée Dans sa majesté non obscurcie put passer, Transparent et illuminé.

Ainsi, lorsque nous contemplons Philippe, Nous voyons l'image de son Seigneur ; Le Saint se dissout dans la flamme Qui entoure le monde vivant.

Le Doux, le Sage, nul autre n'est là,

Distribuant la lumière en bas aux hommes ;

Ses accents révérés emplissent l'oreille,

Tantôt vifs comme le feu, tantôt doux comme la neige.

Comme la neige tombe cet appel intérieur, Aussi doux, aussi brillant, aussi pur, aussi frais ; Avec un poids graduel et mesuré, Il s'enfonce dans l'âme fiévreuse.

L'agneau sans tache ! il vient chercher Le cœur morne, l'esprit isolé, Les natures tendres, orgueilleuses et faibles Gomme ceux de sa propre famille.

Il saisit et scrute l'âme du pécheur, Prenant ses disciples par la main, Pesant, selon la force de chacun, La pénitence à accomplir.

Jésus, révélez aux enfants de Philippe Cette très douce sagesse d'en haut, D'imprégner le zèle de compassion Et de mêler la patience à l'amour.

La pensée de Newman illuminée des clartés de l'au-delà interroge encore la mort; il médite sur

l'instant qui se place entre la fin de l'agonie et l'entrée du purgatoire ; alors il nous donne le Rêve de Ge'rontius, poème d'un pathétique intense et d'une conclusion sereine, où les beaux accents de la liturgie latine alternent harmonieusement avec les vers anglais. Nevvman avait conquis la Vérité en se laissant conquérir par elle, la Paix en s'y abandonnant, et il pouvait à son tour enseigner l'efficacité de la prière de Dante :

« Que la paix de ton règne vienne jusqu'à nous, car nous ne pouvons aller à elle, malgré notre intelligence ! »

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