‹ NewmanChapitre 8 sur 17 · PRO VITA S · texte numérisé non relu

PRO VITA S

dévotions et les coutumes qui ont été la vie religieuse de millions et de millions de chrétiens pendant près de vingt sîi telle est bien la tâche à laquelle il consacre ses peines

Avec pareille idée en tête, en quoi consistait son procédé de discussion? A prouver que le grand leader était soit un fourbe, soit un fou, il ae savait au juste lequel des deux, probablement Tun et l'autre. Kingsley, c'est triste à dire, osait bien écrire oeci sur Newman : « De deux choses l'une : ou bien il étouffe en lui tout sentiment d'honnêteté, e'est-à-dire de véracité consciente, — et alors c'est un malhonnête homme ; ou bien il a perdu le sens commun, c'est-à dire la sin< inconsciente,

et dans ce cas, il n'est p us que l'esclave et le jouet, en apparence de sa logique, en réalité de son caprice et de sa fantaisie... Il Tul un temps où je

le noyais malhonnête: aujourd'hui je ne vois [dus

en lui qu'un pauvre Fou ».

Pour nous, quand nous jetons un regard en arrière sur la controve actarienne, nous avons peine à croire que l'on ait pu p tilité

contre l'enseignement d'Oxford jusqu'à n

professeurs, ci surtout Newman, comme autant de fourbes de parti pris ei pleinement conscients. Mais alors, il n'était donc qu'un niais .' ( lu bien,

comme le disait lui-même l'homme si cruellement

outragé, dans une page foudroyanie où il développait l'accusation dont il était victime, bien qu'il ne fût pas « fou de naissance », ne s'était-il pas « abruti et, à force d'absorber des drogues infâmes et de commettre les pires excès, n'était-il pas tombé dans une abominable dépravation », dans une sorte « d'ébriété intellectuelle ? »

Le 1er février, Kingsley avait abandonné son accusation de fourberie ; mars n'est pas encore écoulé qu'il la reprend de telle manière qu'elle puisse servir à établir que Newman est par-dessus le marché un faible d'esprit.

Mis au défi sur le terrain où il s'était lui-même placé tout d'abord, il ne put apporter aucune preuve à l'appui de son dire, et la voix publique le convainquit de faux témoignage. « Eh bien, remarque Newman, j'aurais cru qu'il ne lui restait plus rien à faire désormais ». Mais : « Insensé ! semble-t-il répondre, faut-il que vous soyez simple pour vous arrêter à pareil sentiment ! Si vous n'avez pas violé un commandement, voyons si par hasard nous ne réussirons pas à vous convaincre d'en avoir enfreint un autre. Si vous n'êtes ni un escroc ni un faussaire, vous êtes un incendiaire ou un voleur. De toute façon, vous êtes pris : vous n'échap-

VMAX.

Page 1