‹ Newton ForsterChapitre 28 sur 37 · II. TROIS. KD1T. 1G · texte numérisé non relu

II. TROIS. KD1T. 1G

une demi-douzaine de bordées, et l'affaire est finie.

Le soleil avait disparu sous l'horizon, et le crépuscule allait faire place aux ténèbres, quand le Château, de Windsor lâcha plusieurs bordées qui occasionnèrent de nouvelles avaries à la corvette, et auxquelles la situation dans laquelle elle se trouvait l'empêcha de répondre. La nuit tomba, et les deux navires ne purent plus se voir. La brise fraîchissant, il devint nécessaire d'assurer les mâts qui restaient au Château de Windsor. On abandonna donc les canons, et l'on s'occupa à renouer les cordages et à préparer les voiles de rechange. Newton tint conseil avec les autres officiers, qui pensèrent, comme lui, qu'ils avaient fait tout ce qu'on pouvait attendre d'eux; que s'ils restaient en panne jusqu'au jour, la corvette aurait eu le temps de réparer ses avaries, et qu'ils risqueraient d'être pris, tandis que leur devoir était de veiller à la sûreté de la cargaison précieuse qui leur était confiée. Ce ne fut qu'un peu après minuit que le Château de Windsor fut en état de mettre à la voile ; mais longtemps auparavant, Newton avait trouvé quelques instants pour aller voir Isabelle. Elle était

déjà instruite de la plupart des détails du combat et de la mort, du capitaine Oughton; et si Newton eût désiré une récompense spéciale de son courage et de sa prudence, il l'aurait trouvée dans l'accueil plein de tendresse qu'il reçut d'Isabelle, qui versa des larmes de joie en le voyant échappé aux dangers de cette action sanglante.

Lorsque le soleil se leva, on n'apercevait plus la corvette du haut du grand mât. On assura les canons à leur place, on lava les ponts, on dressa un mât d'artimon de rechange; on confia à la mer, avec le cérémonial d'usage, les restes du capitaine Onghton et des braves marins qui avaient péri dans le combat; le chirurgien prit soin des blessés placés dans leurs hamacs; les charpentiers travaillèrent à réparer toutes les avaries, et le Château de Windsor,, commandé par Newton Forster, marcha devant une bonne brise , à raisons de huit nœuds par heure.

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