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malgré loi , il perce dans ses traits quelque chose qui me laisse Toir qu*il est satisfait de ma conduite. M. Moncarville me regarde d*un air tout surpris; Clémence devient pâle et tremblante ; la galerie est dans l'attente de ce qui va suivre.
M. de FoUard se remet bientôt et me répond, d'un ton railleur : c Âhl monsieur, vous vous f fâchez maintenant!., qui diable s'y serait f attendu!... mais prenez-le moins haut, je c vous prie... où cela pourrait mal se passer. . .
c — Si nous n'étions pas dans une maison I qoe je respecte, monsieur, c'est moi qui i vous aurais déjà donné des leçons de poli- I tesse... mais nous pouvons nous retrouver i ailleurs. •
Tai dit ces mots à voix basse pour ne point attirer l'attention de la société , et éviter un éclat. M. de FoUard affecte au contraire de parler très-haut :
c Je suis le marquis de Follard , monsieur... « Oh ! je ne me cache pas. . . il est facile de me i trouver!... i
Je prends dans ma poche une carte que je
te .NI JAMAIS,
glisse au marquis; il la lit tout haut: c Arthur, ff homme de lettres. . . Je neconnais pas ça, moi. . . « encore faudrait-il savoir si le marquis de Folc lard peut se mesurer avec M. Arthur !..< >
Je suis sur le point de jeter mou gant au nez de cet impertinent; mais, au nom d* Arthur, M Moncarviile a poussé une exclamation de surprise et jeté des regards furieux sur sa femme; celle-ci, ne pouvant plus supporter ce qu'elle éprouve depuis quelques moments , perd connaissance et tombe renversée sur sa chaise.
. 11 se fait un grand mouvement dans le salon ; on oublie notre querelle pour porter secours à madame Moncarviile ; moi-même je me lève et vais courir à elle... mais je m*arréte... son mari Tobserve, trop de monde Tentoure ; il faut que je laisse à d'autres le plaisir de la secourir... On l'emporte dans une autre pièce, près d une croisée... Je la suis de loin ; je vois enfin ses yeux se rouvrir... Son mari lui prend le bras , l'emmène... Pauvre Clémence! combien je vais encore lui attirer de tourments !..
Je veux retourner parler à ce marquis;, je
NI TeOJODBS. Il
rentre dans le salon , le jeu ayait cessé ; mon père était assis seul à Fécart ; FoUard causait debout avec quelques jeunes [gens. Je m*ap> proche , et lui dis à Foreille : c Votre heure I pour demain , monsieur? r
Il semble assez peu flatté de me revoir ; m'aurait-il cru parti comme cela? cependant il me répond â*un air indifférent.
fl — Demain, à huit heures , j*irai me pro- ( mener à la porte Maillot avec des pistolets, c — C'est bien, monsieur, nous nous y retpou» ( verons. t
Je vais m*éloigner... Je vois FoUard s'approcher de mon père , et lui dire , en lui frappant sur l'épaule : c Allons, mon cher baron, je c compte sur vous pour demain... une affaire I à vider avec ce monsieur qui est si distrait. . . c J'ai été votre témoin à Londres , vous serez c le mien à Paris ; j'irai vous prendre à voUre fl hôtelà sept heures et demie, i
C'est mon père qui sera son témoin! Je ne sais plus ce qui se passe en moi ; mais je sors de cette réunion , en maudissant Tévénement ([ui m'a forcé d'y aller.
n NI JAMAIS,