‹ Ni jamais ni toujoursChapitre 30 sur 78 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

sance, de lui presser le bout du doigt, elle se trompe totalement. Je trouve la vie trop courte pour mener ainsi les aventures. Mais je prends vite mon parti ; et puisqu'on ne veut pas que je parle d'amour, nous allons causer d'autre chose.

Une fois cette détermination prise, je ne sais comment cela se fait , mais la conversation devient plus animée. Je dis tout ce qui me passe par la tête : c'est singulier comme on est plus facilement aimable quand on ne cherche pas à Tétre ! La jolie femme rit , la soeur en fait autant; depuis quelques minutes nous jasons, nous plaisantons comme d'an-» ciennes connaissances, et nous commençons à être très-bien ensemble, lorsqu'il faut se séparer.

C'est la sœur qui dit la première: c II est € temps de rentrer, Adèle ; quoiqu'on ne s'en*

< uuie pas avec monsieur, il Eaut se quitter

< pourtant, i

Adèle I... je sais qu'elle se nomme Adèle : c'est toujours quelque chose, c Déjà partir ! » luidis-je?

Ml TOOJODRS. 87

c Oui , et de plas , nous exigeons voire pa- ( rôle d'honneur que tous ne nous suivrez pas* f — Je vous la donne , madame ; mais pour t tant d'obéissance n'obtiendraî-je donc rien I à mon tour? — Et que désirez-vous? — Vous c le devinez bien ! vous revoir, c'est un désir c qu'il est impossible de ne pas former, quand c ou a eu une fois ce bonheur. — C'est par f pure galanterie que vous me dites cela! — c Non, je vous assure que je ne suis pas galant, c et si je ne pensais pas cela , je ne vois pas ff ce qui m'obligerait à vous le dire. >

Ces dames causent un moment tout bas, bientôt la charmante Adèle me dit:

c Nous irons après-demain au théâtre de la Porte-Saint-Martin , si vous voulez y venir , nous serons dans une loge, rien ne vous empêchera de vous placer près de nous, si cela vous est agréable. — Oh ! vous n'en doutez pas, madame! — Eh bjen, alors, au revoir... Mais ne nous suivez pas !... — Je vous l'ai promis, et pourquoi le ferais je? je ne veux devoir votre connaissance qu'à votre seule volonté, i

Page 1