‹ Ni jamais ni toujoursChapitre 31 sur 78 · NI IkUklS · texte numérisé non relu

NI IkUklS

Ces dames s*éloignent par une rue latérale^ Je reste eiicorequelque temps surle boulevard; rêvant à notre entrevue. Cette Adèle est fort jolie... 11 est fâcheux qu'elle ne cause pas aussi bien qu'elle écrit... mais il ne faut pas juger sur un premier entretien. Je n'avais pas espéré une figure plus séduisante, mais j'avoue que j'espérais plus de sentiment, de sensibilité... quelque chose de plus original dans son esprit... dans ses pensées; j'aurais même voulu un peu de mélancolie dans le son de sa voix. Au lieu de cela, cette dame rit en montrant des dents superbes. Dans sa gaieté, il y a quelque chose de moqueur ; et rien dans ses yeux qui décèle pour moi ce penchant que ses lettres semblaient m'avouer. Je n'ose encore me flatter que cette aventure sera une bonne fortune. Ensuite , je puis très-bien ne pas plaire à cette dame. D'après les ouvrages qui nous ont chsyrmés , on se représente quelquefois l'auteur comme on le voudrait... et quand on le voit,^ ce n'est plus le personnage que l'on s'était figuré ! Cependant, ne perdons pas toute cspérance,on m'a donné un second rendez-vous.

Je vais faire différentes courses, je vais diner, j'entre le soir dans plusieurs théâtres , puis: au café, enfin, je ne rentre chez moi qu*à minuit passé ; on se disputait dans la loge de ma portière. C'est M. Lubin que Ton voulait obliger à s'en aller, et qui persistait à rester pour m'altendre.

Le descendant de la belle Féronnière s'écrie en me voyant: i N'est-il pas vrai, monsieur, que vous m'aviez donné rendez-vous pour tantôt, qu'il fallait que je vous attendisse; — Eh! monsieur, ne me laisserez -vous jamais en repos!... suis-je donc obligé d'écouter vos rêves creux , d'entendre vos productions?... est-ce qu'il y a une loi qui force un citoyen à perdre son temps, parce qu'il plaira à d'autres de venir l'importuner? Je ne puis ni ne veux rien faire de vos manuscrits ; ainsi , croyez-moi , monsieur Lubin , ne perdez plus vos pas à venir chez moi. f

Je monte mon escalier en achevant ces mots. Il m*a fallu prendre sur moi pour parler ainsi à cet homme; mais, après tout, les gens qui

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travaillent ne peuvent pas être toujours à la disposition de ces assommants personnages , qui prennent pour une vocation naturelle Tobstination qu'ils mettent à coucher des turpitudes sur le papier , et j*ai de M. Lubin par-dessus la tète.

Ce monsieur reste tout saisi de ma brusque sortie. Je ne l'entends pas murmurer que cela l'arrange; mais il se dirige vers la porte cochère , en s'écriant : i Je n'aurais jamais f pensé que l'on se conduisit comme cela entre c confrères. »

Et mon portier s'empresse de refermer la porte sur lui , en criant : < Va donc I avec ton f Chaos.,, vieux gâcheur d'encre!... est-ce c qu'il ne ferait pas mieux de repriser ses c coudes?... va, tu n'auras jamais autant d'es- < prit que ma perr ache ! . . . i

m TOUJOURS. . 1K

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