‹ Ni jamais ni toujoursChapitre 4 sur 78 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

M NI JAMàlS ,

homme, sans en entendre davantage, puis je vais trouver Clémence et je ne puis m'erapécher de rire en la regardant.

€ — As-tu entendu?... — Oui.— Comme c'est agréable les personnes qui se trompent , et qui casseraient votre sonnette jusqu'à ce que vous leur ayez ouvert... Ah! ah! — Tu ris... moi, j'ai eu bien peur. — Le plus court est d'en rire... allons, embrasse- moi... remets-toi... tu vois qu'on se fait souvent des terreurs pour bien peu de chose. — Que veux-tu? c'est plus fort que moi... adieu... je t'écrirai... pense à moi , n'en aime pas d'autres. — Mais au £ait je vais te reconduire jusqu'à un cabriolet... il est tard, je ne veux pas que tu ailles seule dans les rues à présent.— ^^Si on nous rencontre! — On ne nous rencontrera pas. > Je prends mon 'chapeau , mon manteau , je laisse ma lampe allumée , et nous descendons mes trois étages. Elle passe lestement devant la loge du portier ; précaution assez inutile, mon concierge ne regarde jamais qui entre ou qui sort , et si les locataires ne

NI TOUJOURS. ftl

sont pas volés, il n'y a Dullement de sa faute. Je prends le bras de Clémence, que j*entoriilie dans mon manteau, nous marchons très* ▼ile et serrés Tun contre Fâutre. La pluie a cessé, mais le veut souffle avec violence. Clé» mence baisse la tète dès que quelqu'un passe près de nous. Nous apercevons bientôt la place où sont les cabriolets.

c — C'est ici qu'il faut nous quitter, » me dit Clémence en dégageant son bras du mien, moi je vais rentrer... être grondée et gardée à vue plus que jamais; mais loi... que vas-tu feire?... Aller t'amuser... faire l'aimable... m'oufolier. — Que c'est vilain de me dire toujours cela!... Si par ma position j'ai une existence plus gaie que la tienne, ce n'est pas une raison pour que je t'aime moins. — Mais c'est que tu as mille occasions de m'étre infidèle. — Je n'en ai que plus de mérite à ne l'être pas... Toi, c'est tout le contraire; on ne te laisse pas approcher. .. sans cela, qui sait, peut-être un autre m'aurait déjà chassé de votre cœur. — Âh ! c'est atfreux de dire cela... J'espère que vous ne le pensez pas! >

Malgré le vent qai soufflait, et Fheure qui la pressait, je crois que nous serions encore à causer dans la rue , si un homme ne s'était avancé de notre côté. Clémence, qui craint toujours que ce ne soit quelqu'un qui la connaisse, me quitte cette fois pour tout de bon. Elle court, ou plutôt elle vole jusqu'à un cabriolet, monte dedans et disparait bientôt à mes yeux, qui suivent la voiture jusqu'au bout de la rue.

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