‹ Ni jamais ni toujoursChapitre 64 sur 78 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

ratl indécis, mais Salomon s'écrie bienlôl : € Superbe ! le projet ! . . . superbe ! ... je Tap •

€ prouve dans son entier!...

c — Cependant, > reprend Théodore, c il sera •assez singulier qu'on ait déjà ôté du portefeuille une partie de la somme... et que... — Pourquoi donc?... est-ce que je n*ai pas pu déjà partager avec toi?... d'ailleurs le baron ne fera pas toutes ces réflexions... Allons, Follard... hâtez-vous de nous amener le voyageur : c'est ici que nous serons... vous reconnaîtrez l'endroit?... — Très bien... ensuite vous vous sauverez de ce côté... — Oui... et je vous attendrai sous ces gros arbres là-bas... Allez, allez... ne laissez pas repartir votre homme... — Mais, encore une fois, Salomon , pas le moindre mal au baron, sans quoi... — N'ayez donc pas peur... On vous dit qu'il n'y verra que du feu... Un tour de gobelet, voilà tout!... — Je pars alors et vais me hâier. > Follard s'éloigne et Salomon dit à Théodore : « Faut-il qu'il soit borné ce Follard!... c qui pense que je l'attendrai pour me faire

c reprendre le portefeuille... Ah! ah! le plus t souvent!... — J'avoue que ça me semhlait € extraordinaire de te voir consentir à cela... c — Nigaud!... tu ne m'avais pas saisi non c plus, toi?... Nous fuirons tous deux avec, c et je te promets que le marquis n'achètera c pas un lorgnon avec ce qu'il en aura... — < Ma foi ! approuvé!... Follard est une poule c mouillée...' je lui relire mon amitié, i

J'en ai assez entendu ; je me glisse petit à petit en arrière; puis, quand je suis assez loin de ces deux misérables , je me lève et cours , sans rentrer dans le sentier battu, jusqu'au village de Gros-Bois.

J'arrive devant l'auberge où doit être M. de Harleville avec sa femme. J'aperçois dans la cour une berline de voyage, à laquelle on remet les chevaux; je m'arrête, je ne sais encore ce que je dois faire... mais je suis bien résolu à ne pas laisser aller mon père dans le bois avec Follard.

Une servante traverse la cour ; je vais à elle.

* Vous avez des voyageurs ici?... — Oui, c monsieur... une jeune et jolie dame avec son

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c mari. . . un vieux. . . — Où sont-ils à présent?

c — La dame est au premier. . . le mari était

c là tout à Thcure... ah ! il est dans la salle

f en bas... il cause arec un jeune homme qui

« vient d'arriver tout en courant... — Est-ce

< qu'ils ne repartent pas bientôt?... — Dame,

< je ne sais pas. »

Je songe que mon père m*a défendu de reparaître devant lui... défendu sous peine d'encourir toute sa colère... N'importe!... je n'ai que ce moyen pour le sauver du piège dans lequel on veut l'entraîner.. . mais ce moyen me parait infaillible...

Je me promène avec agitation devant la porte de l'auberge. Enfin on sort de la salle du rez-de-chaussée. C'est mon père et Follard; ce dernier, pâle, tremblant, la figure bouleversée , marche , les yeux baissés , auprès du baron. Ils vont sortir de la maison , lorsque je me présente devant eux, comme ayant l'air de vouloir entrer dans l'auberge.

Follard me regarde et semble seulement surpris de me retrouver là ; mais le baron a pâli; ses yeux se sont fixés sur moi, la fu-

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reur les aninie, et je Tentends murraurer ;

c Encore!... quelle audace! .. Ula suitpar- « tout!... >

Quittant aussitôt FoUard et entrant dans la cour de Tauberge :

c Les chevaux ! ... vite.. . vite les chevaux !... nous repartons sur-le-diamp I crie le baron à son domestique. > £t vous, la fîlle » allez pré-

< venir madame qu*elle descende... la voi* c ture est prête... Allez I... je ne m^arréte pas^ € plus longtemps ici... »

Je suis resté devant la porte de Taaberge y d'où je regarde avec joie les préparatifs da départ. Follard, étonné de voir le baron le quitter si brusquement , retourne près de lui en balbutiant :

€ Gomment!... vous partez si vite^... mais t vous avezconsenti.. . à m*accorder un entrec tien dans... la campagne... quel motif vous c presse si fort ?

t — Oh ! je suis fâché de ne plus avoir de

< temps à vous donner, monsieur de Follard; c mais je vois bien que je ne dois pas m'arc réter ici davantagc.j'aurais dû même partir

c plus tôt... j*aurais évité une reDcootre...

« L^iosolent!... après ma défense !.«. Laissez-

< moi partir, Follard, sans quoi il pourrait

< arriver quelque malheur. >

Adèle vient de descendre; son mari la fait sur-le-champ monter dans la berline ; il s*y place près d'elle avant même que les chevaux ne soient entièrement attelés. Enfin tout est terminé, le postillon monte en selle, fait claquer sont fouet ; la voiture part ; Adèle fait un signed*adieuà FoUard, qui est resté dans la cour stupéfait de ce brusque départ, et moi, arrêté à quelques pas de Tauberge, je rencontre de nouveau le regard foudroyant de mon père.

Il s'éloigne encore plus irrité contre moi... mais je n'avais que ce moyen pour le sauver !

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