CHAPITRE IV
Une pensée de Clémence.
Et moi aussi j*ai quitté le cimetière, mais après avoir laissé partir devant moi ces deux hommes que j*espère ne plus rencontrer sur mon chemin. Je reviens assez tristement à Boissy-Saint-Léger ; la mort du cousin d* Adèle m*a rendu soucieux; je voudrais savoir ce que ce malheureux jeune homme a pu écrire à mon père; sans doute de tristes adieux, quelques regrets sur sa vie passée et de ces belles pensées qu'on trouve au moment de mourir et que Ton n*a jamais eues auparavant.
lime faut encore raconter à madame Dubinet tout ce dont j'ai été témoin à Gros-Bois, entendre tous les commentaires, toutes les réflexions que font là-dessus la maîtresse et sa servante, ensuite celles du vieux voisin sourd
NI TOUJOURS. 6f
et des deux vieilles filles. Pendant huit jours on ne parle que de Vêla, ce qui commence à m*ennuyer et à me dégoûter de la campagne. D'ailleurs, un des motifs qui m'éloignaient de Paris n'existe plus : je n'y rencontrerai pas madame de Harleyille puisqu'elle est partie pour aller on ne sait où. Il n'y a donc plus qu'une femme que je crains... ou plutôt que je brûle de revoir; mais je ne puis supporter l'idée de la rencontrer encore avec un autre ; je me souviens de ce que j'ai éprouvé quand je l'ai vu passer devant moi avec cet homme qui lui tenait le bras... Ah! si les gens avides de puissance et de grandeur 8ont cruellement blessés en perdant le rang qu'ils occupaient, pour un cœur aimant, il est une souflflk*anceplus profonde, que toutes les jouissances de la fortune ne sauraient consoler»
Je suis indécis sur ce que je dois faire lorsqu'un matin Darbois arrive chez sa tante. Après avoir embrassé madame Dubinet, bu un verre de malaga et recommandé à la domestique de faire un gâteau au riz pour ledîner, mon collègue vient à moi :