TOME I
€ le plus sale de ma classe; on voit sa che-
« mise... on voit... une infinité de choses!...
< Mais je n*ai point osé faire cette réflexion à
< la mère : nouerai hiclocus! je me suis codt tenté de signifier au petit Oscar... — Il se c nomme Oscar ? — Oui , il est dans la petite c classe ; je lui ai signifié qu'il eut à faire rac-
< commoder sa culotte , sans quoi je ne Tadf mettraisplus dans mon pensionnat. . . Silence ( donc , messieurs ! D*un autre côté, c'est fort c embarrassant , car je ne veux pas renvoyer c Fenfant sans être payé des six mois qui me
< sont dus. Eh! les petits drôles, quel train c ils font aujourd'hui , je vais leur sonner la
< récréation afin d'être plus libre. >
Le maître annonce la récréation. Aussitôt tous ces petits garçons se lèvent , se poussent» se pressent et parlent à la fois.
C'est un bruit auquel il faut être fait pour que les oreilles n'en saignent pas. Le chef de l'établissement me propose de descendre au jardin pour y causer plus à notre aise ; car je ne sais par quel motif le jardin était ce jour-là défendiraiix élèves; mais je commence à m'ac-
m TODJOURS. «3
eoutamer aa brail, et depuis longtemps je ne le sais plus an tableau d'une joie franche et pure; je témoigne au maître le désir de rester spectateur de la récréation : il y consent volontiers en me demandant la permission de s*absenter , car ce qui est pour moi un plaisir n*est plus pour lui qu'une sujétion.
Me voilà donc au milieu d*une soixantaine d'élèves, dont le plus jeune peut avoir trois ans et Tainé tout au plus treize ; car , pendant la récréation , ce que Ton appelle la grande classe est réunie à la petite. J'examine ces petites tètes blondes, brunes, roses, pâles, jolies , laides , mais presque toutes expressives en ce moment où le plaisir anime leur physionomie.
Des groupes se forment ; des parties s^engagent : d'abord chaque élève a été visiter son panier , car l'heure de la récréation est aussi celle du déjeuner. Je vois un grand dadais tirer avec orgueil de son panier une cuisse de volaille et deux poires, tandis qu'un pauvre petit garçon n'a trouvé dans le sien que du pain sec. Ici, ce sont des tartines couvertes de