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CHAPITRE XVIII

Quelques chroniques — Adolphe Dibbel, Bargozzi. — V. Martin — Weiss. — Commandant Ramakers — Programme d’une lre représentation en France de « Lohengrin » au Cercle de la Méditerranée, avec Mme la Vicomtesse Vigier — Projet d’un théâtre et d’un Hôtel de Ville nouveaux — Projet de Champs Elysées — Mort de Bertall — Mort du Vicomte de Caston. — Bosco.

Maintenant parlons quelque peu sports, autour desquels on mène si grand tapage aujourd’hui.

Il y en eut de tous genres depuis des acrobates tels que le fameux Blondin, dont les exploits firent sensation.

A une hauteur vertigineuse sur la corde raide, entre le Paillon et la mer, il évoluait avec aisance — fumant, lisant. Et, sur un fourneau allumé faisait des crêpes, les mangeait et buvait du champagne à la santé des spectateurs. Il se livrait ensuite aux exercices les plus périlleux avec un admirable sang-froid.

En 1879 on pouvait voir à Nice, Adolphe Dibbel,

V Homme-Cheval viennois, plusieurs jours de suite à la Promenade des Anglais, galoper pendant quatre heures et plus sans être seulement essoufflé. Il fumait sans gêne aucune et parlait sans effort, sans nulle altération dans la voix. Son allure était celle ’un bon cheval ; l’on en percevait la régularité au bruit des grelots qui entouraient sa taille. Cet homme-cheval faisait 20 kilomètres à l’heure, et, chose extraordinaire, nous avons vu sa femme vêtue de vêtements ordinaires, courir pendant longtemps près de son mari et au même trot.

Puis, un M. Bargossi, dit l’homme-locomotive, qui le 13 mars 1881 donna une représentation sur la Place d’Armes, dans une arène construite pour la circonstance ; M. Bargossi défiait tout coureur h pied et même le cheval le plus vigoureux. Il fit ensuite, le trajet de Cannes à Nice en 2 heures 30.

Nous eûmes aussi : M. V. Martin, surnommé V Homme- Hirondelle qui paria de venir de Paris à Nice en 13 jours, et M. Weiss, Y Homme-Etincelle qui battait un cheval monté, sur 72 tours de piste, soit 22.750 mètres.

Rien n’est nouveau sous le soleil.

A cette même époque, aux bains Bonnet, Promenade des Anglais, eurent lieu des expériences de sauvetage. Un nouvel appareil était dû à l’esprit inventif du commandant Ramakers, ex-voltigeur de la Garde-Impériale, bon vivant, haut en couleur et plastronnant. L’appareil se composait de déchets de liège, renfermés dans une enveloppe de toile à voile, et formait une sorte de boule que l’on fixait au corps au moyen d’une ceinture, également de toile. En outre, une poche y était adaptée et pouvait contenir des vivres. Quelle que fut la position de l’homme à la mer, il pouvait se diriger, se reposer, boire ou manger. Les variations du temps n’amoindrissait pas ses qualités, et M. Ramakers ayant déchargé sur ladite sphère un revolver, elle ne perdit aucune de ses propriétés.

Qu’est devenue cette invention ? Je l’ignore. Sans doute où ont été tant d’autres inventions, jusqu’à ce que de plus intrigants et de moins scrupuleux — peut-être — en profitent ?

Mais, à la date du 21 mars 1881, nous enregistrons un événement sensationnel, une chronique mémorable, le Cercle de la Méditerranée lançait la circulaire suivante :

A l’occasion des régates de Nice, première représentation en France de Lohengrin, légende mythologique du duché de Brabant, paroles et musique de Richard Wagner. (La scène se passe à Anvers, sur les bords de l’Escaut, l’an 947).

Lundi 21 mars 1881, dans la salle des fêtes du Cercle, à 8 heures très précises du soir,

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