‹ Nice et ses environsChapitre 7 sur 12 · J(M NICE · texte numérisé non relu

J(M NICE

aux soies vives, d'asters multicolores et d'ajoncs d'or semblables b. des sequins parfumés. Là reposent des génératioas de pécheurs. Au-dessous, la mer s'étend, infinie et bleue, avec un clapotement léger, et la vieille tour, toujours debout, semble veiller sur tes morts.

Cette tour a sa légende.

Autrefois, six cents ans avant Jésus-Christ, s'était retiré là uo ermite, saint Hospice, qui paasaitles nuits à prier, à se flageller, et à gémir sur ses fautes passées.

Les Lombards, qui venaient d'envahir le pays, virent cet homme maigre, affamé, et crurent avoir affaire à un avare, cachant des trésors dans la tour. Pour obtenir des aveux du vieillard, on lui posa sur les pieds des barres de' fer rougies, mais saint Hospice ne cessait de murmurer des prières. Or, un barbare voulut l'abattre. 11 leva . sa hache sur ta lële de l'ermite, mais voici que le bras du meurtrier se raidit, s'immobilisa, et nul de ses compagnons ne put l'abaisser.

., Alors les Li^bards, frappés par le miracle, se prosternèrent devant l'ermite qui les baptisa.

Plus lard, lorsque les chevaliers de Halle fièrent chassés de l'tle de Rhodes par les infidèles, leur ^rand maille, Villiers de l'Isle-Adam, désirant obtenir un nouvel établissement sur les cftles de, ta Méditerranée, le pape Clément VU insista auprès du duc de Savoie pour leur faire iji^t^ir uO| a^ile dans l'endroit pii les Maures ayaij^Qt copstr.uit.le Fraxinet. A l'extrême pointe SB: trouventdeux ou trois villas avec des jardins

D,ql,;.dbvG00glc

OÙ, au printemps, foisonnent les roses. C'est un des coins les plus ravissants de ce ravissant pays. Par les fins de journées lumineuses, la chaîne des Alpes, dont la dernière pointe touche Vintimille, prend d'exquises colorations. Elle est, à la base, d'un bleu dur d'ardoise, et rose au sommet ; des taches blanches qui sont des villages la parsèment; elle a de larges mouvements accentués, puis elle amollit ses contours, se velouté, devient de brume violette, et les taches blancheslumineuses s'éteignent, puis elle s'enveloppe de vagues bleutées, vaporeuses et pâles, avant de se découper, telle une gigantesque muraille noire, en traits nets sur le ciel blanc des nuits claires.

De l'autre côté de la presqu'île, eu descendant de ia tour Saint-Hospice, on trouve une plage fu-ide et triste, semée de petites roches, qui fait songer k quelque plage bretonne.

Le chemin de fer ne pénètre pasà Saint-Jean, c'est peut-être une des raisons pour lesquelles ce petits pays, si proche des villes cosmopolites, a conservé l'intégralité de sa race.

One colonie de pêcheurs habile Saint-Jean. Dans ''Ces familles nombreuses, les enfants ont coutuine de se fiancer 1res jeunes. Des fillettes de treize ans sont accordées à des gamins 'qui en ont quinze. Le mariage a lieu quand le 'jeune homme revient du service militaire. Les jeunes filles ne voni point se placer à la ville. Elles raccommodent lés filets ou sont couturières, mais toutes restent à Saint-Jean.

Le caractère de cette population est la noncha-

D,ql,;.dbvG00glc

lance et la résigoalioD. Point tadustrieux, ne cherchant aucun moyen de gagner de l'argent, ils sont pécheurs de père en Tils dans un endroit où le poisson est rare. Aussi la pauvreté est-elle générale è, Saint-Jean, mais cette pauvreté-là n'est pas attristante, car, par l'étroite fenêtre du logis, apparaît un paysage merveilleux, les jardinets sont pleins de fleurs, et le soleil luit pour les pauvres comme pour les riches. Les enfants s'ébattent, demi-nus, et les femmes sont velues de couleurs vires qui seyent à leurs fins visages bruns. lis ont.de la beauté autour d'eus et eux-mêmes sont harmonieux.

Ceux qui ne sont pas pécheurs se font jardiniers, cultivent les roses, les œillets et les anémones qu'ils envoient chez les fleuristes de Beaulieuet de Nice.

Pendant l'été « la terre se repose », disent les paysans. Des récoltes importantes ont lieu, la récolte des ligues et la récolte des olives.

En août et en septembre, les arbres sont violets tantles figues sont nombreuses, et, devant chaque porte, posées sur des claies, des milliers de ligues sèchent au soleil- 11 y en a de toutes les espèces, des blanches fondantes, des vertes à chair saignante, des toutes petites, {violacées, la peau plissée, qui ne payent point de mine, mais ont une saveur sucrée exquise. Les femmes roulent les fruits séchés dans la farine et les empilent en de grandes corbeilles, sur des feuilles de pécher. On les vend à Nice, dans la vieille ville, mais ceux qui ont fait la cueiUetle s'en réservent

D,ql,;.dbvG00glc

bvGooglc

bvGoogIc

HICE ET dES ENVIRONS 109

une provision. Un morceau de pain et des ligues sèclies composent le déjeuner de bien des pauvres ramilles.

Les espèces de figues sont exlrëmement variées. Les unes, très sucrées, comme la bellone, la barnisotte blanche et la barnisotte noire, sont surtout bonnes à manger crues ; les autres sont préférables séchées, comme la roussana, la franciscana, la coucouzella, la verdale, la caravanquin, la mussega, dont les noms ont une jolie saveur méridionale.

Le figuier s'esl si bien acclimaté dans le Midi delà France qu'il semble indigène, et pourtant il a une origine lointaine. Né en Asie et en Aft-ique, il fut importé par les Phocéens.

A Saint-Jean, un pittoresque spectacle est la cueillette des olives.

On dispose autour de l'arbre de grands draps. Grimpés sur de hautes échelles, minces et nerveux, le teint brun et les yeux vifs, vêtus d'un pantalon de velours et d'une chemise serrée à la taille par une ceinture rouge, des hommes, armés de longues gaules, abattent les fruits, car les oliviers des environs de Nicene sont pas rabougris comme ceux de Marseille, mais ils s'épanouissent et leurs dernières branches sont très élevées.

Autour de l'arbre, toute une population féminine se groupe pour ramasser les fruits.

Les vieilles aux visages plissés, aux yeux usés, se penchent vers le sol, les gamines, aux lèvres fraîches, aux regards luisants, se bousculent, alertes, à qui aura le plus vite rempli sa corbeille.

■D,ql,;.dbvG00glc

«0 WCE

Les mères apportent leurs bambini qu'elles posent sur un lit de feuilles d'olivier, pendant qu'elles aident un peu et jacassent beaucoup. Et toute cette récolte est portée au moulin à huile.

La cueillette des olives est une bonne aubaine pour toutes ces femmes et fiUes de pécheurs, qui, d'ordinaire, se bornent à soigner la marmaille au iogis, à raccommoder les âlets et à préparer les maigres repas que permettent les gains si modestes des maris. Ceux-ci, avec leurs petites barques, ne peuvent s'éloigner assez de la côte pour faire de la grande pèche, ils ne prennent guère que ces minuscules poissons qui servent è. confectionner la bouillabaisse renommée de Saint-Jean et de Beaulieu.

Pour pénétrer le charme exquis de Saint-Jean, il faut y vivre quelques semaines d'été. Après la vie mondaine de Nice, on éprouve une impression de paix délicieuse, au milieu d'une population affable et honnête, qui, tout l'hiver, mène une existence laborieuse, et se divertit l'été. Presque chaque dimanche il y a un festin. Ne croyez pas qu'on y mange ni qu'on y boive. Bon pour ceux du Nord les joyeuses ripailles et les longues beuveriesl Sous une tente rayée de blanc et de rouge, enguirlandée de houx, chamarrée de flottantes banderoles tricolores, un orchestre fait entendre des polkas et des valses cadencées par le bruit rythmique des vagues. C'est une fête de famille. Les jeunes filles de SaintrJean, corsages clairs et coiffureg ondulées, s'y rendent, correctement escortées de leurs parents. Et toute la

D,ql,;.dbvG00glc

journée, elles dansent avec les garçons. Peu de paroles s'échangent. Les couples soot graves et guindés. 11 n'y a aucun laisser-aller, aucune gailé même. Pourtant il faut croire que cette jeunesse s'amuse, car elle court à tous les « festins » des villages environnants.

Devant la porte, une marchande vend des éckaudés, sorte de couronnes de pdte croquante semée de grains d'anis, et c'est là tout le festin.

Plus pittoresques sont les processions de la Péte-Dieu et de l'Assomption qui ont lieu le soir afin de ne pas déranger chacun de ion ouvrage. Je me souviens d'une procession au mois de juillet. Lalune s'étaitlevée.d'un rouge ardent, comme un énorme ballon embrasé planant sur la presqu'île de Saint-Jean qui semblait d'une noirceur profonde. Les arbreset les maisons apparaissaient d'un noir compact, ombre soliditiée. Un nuage lentement flottait dans le ciel. 11 se plaça comme un écran sur le globe lumineux de la lune, masse ronde allongeant vers les bords des sortes de tentacules d'une clarté étrange bordés d'une ligne de feu. On eût dit une béte fantastique. Soudain il craquela de toutes parts, et, la lumière rouge, fusant par ces déchirures, s'émietta en fragments légers qui prirent leur vol vers l'horizon.

La cloche de l'église vibra. Tin, tin, tin, un sou grêle, comme un chant de cigales. Tin, tin, tin, vite et vite qu'on s'apprête. Et dans les ténèbres du village surgirent des points lumineux. Chacun alluma des lampions. Ici, alignés, ils

D,ql,;.dbvG00glc

Ui MCE

formaient un rais lumineux; 1&, c'était un losange resplendissant.

Tin, tin, tin, la cloche vibra encore, les ombres s'agitèrent, se démenèrent, et finalement se massèrent au pied de la croix de mission ornée de Deurs de laurier-rose qui exhalaient un parfum de vanille.

La porte de l'église, pwchée au sommet du village, s'ouvrit toute grande et l'aulel apparut, gerbe lumineuse nimbant d'or M. le curé, vêtu de sa blanche étole des fêtes, portant le Saint- Sacrement. Derrière lui surgirent de petites formes indistinctes pw-écédées d'un point brillant, la flamme des cierges qu'elles portaient. Une seconde, tout disparut dans les ténèbres, puis on aperçut de nouveau les petites lumières mouvantes qui longeaient la mer. On eût dit d'un vol de lucioles. Les flammes se rapprochaient et l'on entendit les modulations plaintives d'un chant religieux. Les sons se firent plus distincts; brusquement, au tournant du chemin, apparut la croix rayonnante. Devant elle, l'enfant de chœur balançait l'ostensoir, les parfums de l'encens se mêlaient aux senteurs suaves des fleurs effeuillées sur le chemin.

Maintenant venaient les enfants de Marie, avec leur voile blanc posé comme un bandeau sur le front et retombant en plis souples autour du jeune visage. Gravement, elles portaient un cierge allumé et leurs voix claires de vierges chantaient ces naïves paroles :

D,ql,;.dbvG00glc

ET SES EKVIBOnS

' Esprit-Saint, descendez en □ oui » Embrasez notre coeur » De vos feus les plus doux. »

Puis ce furent les vieilles. De longs voiles de crêpe cachaient leurs traits, elles ressemblaient à des pleureuses antiques qui eussent porté le deuil de leur jeunesse.

Ou se groupa au pied de la croix. Les chants se turent. Ce fut un agenouillement de femmes. Voiles blancs et voiles noirs se frôlèrent, les flammes des cierges scintillèrent, et le prêtre bénit ce peuple prosterné.

Drelin, din, din, la petite sonnette tinta encore- On entendit UD bruissement d'étoifes, un brouhaha joyeux, des rires étouffés, des mots de rauque patois s'entrechoquant avec un bruit de noix cassées. A nouveau la procession se mit en route, les lointaines silhouettes s'effacèrent. Seul apparut un cordon lumineux qui se déroula le long des marches de Téglise. Le porche se re ferma, tout s'éteignit. Le village redevint ténèbres, tandis que la June versait un large rayon qui se refléta dans les vagues, et sembla un ruisselé! d'argent au milieu de la plaine bleutée de la mer.

Nous nous sommes étendus à dessein sur les beautés ignorées de ce coin qui, malgré sa proximité de Nice, a gardé son originalité inlacte.

D,ql,;.dbvG00glc

Pour aller de Saint-Jean à Beaulieu, il faut prendre un étroit seotier qui serpente au-dessus de la mer, le long de très jolies villas. Au-dessous de soi, on voit des cascades de fleurs qui dégringolent sur la roche jusqu'à la vague. Il y a des baies minuscules tapissées de fleurs de c&priers, blanches, à l'odeur insistante et douce* de jasmins de Virginie, de cornes du diable, et^ dans ces coins ravissants, l'eau est si limpide que les algues et les galets prennent <les teintes de turquoise, de saphir et d'émeraude. On dirait un fonds de pierres précieuses sans cesse changeant. Au tournant de la route, une fleur d'aloës dresse son gigantesque candélabre vert à branches jaunes. Les pins-parasols se penchent par-dessus les murs des jardins et donnent de Tombre. Le chemin est si joli que c'est à regret qu'on arrive à Beaulieu, petite ville neuve qui vit quelques mois, puis, la saison Qnîe, avec ses hdtels clos, ses boutiques fermées, semble une ville morte.

Beaulieu a été surnommé « la petite Afrique. » Serré entre la mer et la haute montagnequi l'abrite, en plein soleil, au milieu de sa luxuriante végétation de palmiers et de dattiers, c'est en effet un coin d'Algérie.

Dans le petit port mouillent quelques barques de plaisance.

D,ql,;.dbvG00glc

La Tille se compose d'une longue rue bordée de magasins. Il y a de très beaux hAtels, une élégante p&tisserîe où viennent luncher les étrangers en excursion, une réserve où l'on déguste de la bouillabaisse.

C'est une station tranquille et aristocratique.

La cnlture des fleiirs*

Daos tous les environs de Nice, Hont-Boron, VillefraDche, Beaulieu, la grande industrie est la culture des fleurs. Les jardiniers occupent avec leur famille quelqu'une de ces maisonnettes peintes en rose et environnées de jardins où les giroflées blanches se pressent comme des voiles de communiantes, où les anémones s'érigent coiffées de leurs fragiles capotes rouges et violettes, où les œillets chiffonnent leurs collerettes dentelées, où les roses s'épanouissent, multicolores et somptueuses.

Toutes ces fleurs sont délicates et demandent des soins incessants. Les plates-bandes d'œillets sont bordées de lignes de roseaux bien rapprochées de façon à soutenir les couvertures de Ane paille qu'on étend la nuit aUn de les protéger du froid. Chaque matin, on enlève les paillassons, et les minois des œillets apparaissent frais et reposés. Les roses craignent le vent et la poussière, aussi dès qu'un bouton montre son nez le couvre-t-on d'un abat-jour de papier.

Les jeunes filles vont et viennent sous le

D,ql,;.dbvG00glc

116 KIGE

soleil brùlaat qui étend une couche d'ocre sur leur visage et sur leurs bras, puis, à la fin de l'après-midi, eltes se mettent à cueillir les fleurs <|u'elles empilent dans de grandes corbeilles plaies, les « courfias », qu'elles posent adroitement sur leur lële et qu'elles soutiennent de leurs bras arrondis en amphore.

Maintenant elles rentrent dans la grande cuisine dallée et font de grosses bottes de fleurs communes, anthémis, giroRées, mimosas, puis elles as^mbleot les œillets et les roses par douzaines. C'est à peine si l'on interrompt cette besogne pour souper d'un morceau de pain et d'une tomate crue ou d'une orange. Ënfîn le labeur est terminé et chacun va biej) vite se coucher.

A quatre heures du matin, il faut se rendre au marché. Le père, muni d'une lanterne, précède la femme et les filles portant chacune leur grand couffin rempli d'une moisson parfumée.

Toutes pâlies par le froid, les petites fleuristes, entortillées dans leurs minces fichus, rient et gazouillent comme des Qtsieaux sortant du nid.

Un des aspects les plus 'curieux des villes de la Riviera, Nice, Cannes. Menton, ces marchés nocturnes. Sous la lueur indécise de l'aube, les flammes louches des lanternes semblent des feux-follets qui dansent près de fantômes d'êtres maniant des ombres parrumées. Et le rauque acceut du Midi résonne ; fleuristes et revendeuses discutent ardemment. Enfin les achats sont faits et les jardiniers vont reprendre leur sommeil interrompu.

D,ql,;.dbvG00glc

bvGooglc

bvGoogIc

IflCE ET SES ENVIRONS U9

Le prix des fleurs est fort variable; les giroflées et les anthémis valent deux à quatre francs le couffin ; les œillets qui, en janvier, coûtent deux & trois francs la douzaine, ne valent, en avril, que soixante centimes ; les roses se vendent l'hiver deux francs la botte, et, au printemps, se donnent pour trente centimes le paquet.

Tandis que la revendeuse réalise de gros bénéfices, la fleuriste a des gains fort modestes, i peine deux francs par jour, et la saison ne dure que cinq mois. L'été, la terre repose; il faut vivre sur le modeste pécule amassé durant l'hiver. Bah I on se nourrit de quatre sous de macaroni, et l'on flâne au beau soleil, en rêvant à son amoureux, son « càlineux », selon la jolie expression méridionale.

La fleuriste épouse généralement quelque jardinier voisin. Les accordailles se font aux u festins s du dimanche.

Ainsi se perpétuent les générations de fleuristes, humbles ouvrières qui se rapprochent des poètes. Ceux-ci mêlent un peu de rêve à la prose de la vie ; celles-là envoient dans les tristes hivers du nord un souffle de printemps joyeux.

Paysage de nej§*e.

Pour compléter les aspects de Nice, il nous faut noter ici un grand événement survenu en 1S98, la neige à Nice.

Un matin, les Niçois, en se réveillant virent

D,ql,;.dbvG00glc

ii) NICE ■■ '

■ voleter & leurs vitres de légers péttilés blaiics. Et ils se direct : « SoDt-ce déjà les cilronnliirs que ie vent secoue? » Et vite de se vêtir, d'aller au jardio. Pendant la nuit s'était abaissé un rideau blanc de choses légères, comme d'une multitude dé gazes superposées, d'un blanc tiarmonieu;!', et mainteuant, tel un vol de grosses mouches bihhches et silencieuses, des llocons de neige s'abattaieul sur ce paysage du Midi, qui prenait un aspect fantastique. '

Sur les orangers poudrés à blanc, les ' orangée faisaient des points d'or rouge ; surles citronniers, blancsaussi, on voyaitdes taches d'or pÂle. Et les larges feuilles des palmiers semblaient des éventails de plumas blanches.

Parmi les verdeurs des giroflées, des cinéraires, des héliotropes et deâ géraniums, on eût dit d'une floraison hâtive de grosses marguerites blanches, la terre pourpre étant couverte d'un tapis blanc avec, çà et' là, le rougeoiement d'une motte de terre.

Aussitôt, dans Nice el dans la banlieue, chaque peintre de se précipiter vers ses pinceaux, chaque photographe vers son appareil. Mais Soudain les pâleurs du ciel s'argentërent, un rayon de soleil déchira la nue, les blancheurs fragiles du paysage disparurent, les' plantes, ayant secoué leurs manteaux de duvet, reprirent leur livrée plus luisante, lavée par le dégel. '

D,ql,;.dbvG00glc

Page 1