‹ Nicolas et Napoléon IIIChapitre 11 sur 21 · AVANT-PROPOS. XIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XIII

ancien ministre auprès du czar Nicolas, de ce militaire diplomate que nous verrons si souvent prendre la plume dans le courant de cet ouvrage, pour notre plus grand intérêt comme pour notre plus grand charme.

Ce qui constitue à nos yeux le prix des lettres particulières est précisément, nous le savons, ce qui en diminue la valeur aux yeux des puritains de la carrière diplomatique, des amis exclusifs de la forme ^ dont nous avons déjà eu à subir les dures récriminations, et qui se voilent volontiers la face, en présence de ce qu'ils appellent une indiscrétion. Fort heureusement pour les hommes politiques dont nous nous sommes permis de nous occuper dans nos travaux, ici et ailleurs, nous estimons que le déshabillé ne leur sied pas plus mal que l'uniforme' chamarré de cordons qu'ils surent aussi dignement porter. Et d'ailleurs, peut-on bien être indisa^ety après les publications du prince de Bismarck, du général Le Flô, du duc de Gramont, de M. d'Arnim, du général Govone, du général de la Marmora, du comte de Beust, et de tant d'autres personnages qui, au lendemain des plus

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graves évéïiemenls, et non quarante ans après, n'hésitèrent pas à entr'ouvrir leurs portefeuilles, d'où s'envolèrent aux quatre coins du monde les affirmations les plus importantes? Avouons donc plutôt que certaines publications, par leur caractère irréfutable d'authenticité, gênent quelquefois des acteurs plus roués qu'habiles, qui avaient wsans doute déjà, dans le silence du cabinet, arrangé leur rôle pour la postérité. C'est là le secret de bien des mauvaises humeurs qui ne doivent, au demeurant, décourager ni les travailleurs, ni même les curieux.

Commençant avec le mois de janvier 1852, nous avons terminé le volume qu'on va lire au mois de juin 1834, c'est-à-dire trois mois avant la victoire de l'Aima. A cette date, les diplomates s'effacent devant les généraux alliés. Nous ne désespérons pas de pouvoir conipléler notre travail en retraçant, grâce à des documents absolument nouveaux, la période qui suivit de près la guerre de Crimée, lorsque les généraux, à leur tour, rendirent la parole aux diplomates. Sur ce majestueux fond de scène qu'on appelle le Bosphore, sillonné alors en tous sens par les navires aux

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