NOTICE HISTORIQUE. ^XI
vilèges leur permettant d'entrer librement dans les pays mahométans et de s*y livrer paisiblement à leurs affaires. Mais CCS capitulations n'ont pas le caractère de trait- s, et sont essentiellement révocables. En lo6i, les clefs de la grande église de Bethléem, située au-dessus de la grotte de la nativité du Christ, sont officiellement reconnues comme appartenant aux latins. En 1395, TÉglise gréco-russe se détache de nouveau de l'Église d'Orient, pour se rattacher encore une fois à l'Église romaine. En l'année 1600, le patriarche gréco- russe de Kiew est déclaré indépendant par leczar Boris Godunoff, et l'Église gréco-russe ne relève plus que d'elle-même. En iCOi, les sultans reconnaissent que la possession du Saint Sépulcre appartient aux latins. En 1620, un hatti-chérif du sultan Osman II reconnaît aux latins la possession exclusive de la grande église de Bethléem et du tombeau de la Vierge à Gethsémani. Cet acte, d'une haute portée, reconnaît également que les religieux latins ont accordé <le leur plein gré, aux autres communions chrétiennes, certains emplacements dans la grande église de Bethléem ou église supérieure. Et il est bon de faire observer ici que les déplorables empiétements de l'Église grecque, qui aboutiront, en 1852, à la dépossessiou à peu près complète de l'Église latine, ont eu précisément pour origine la tolérance et la générosité de cette même Église latine qui n'eut, à aucune époque, la pensée d'interdire aux autres concessions l'accès des ^anctuai^es qui lui étaient reconnus en propre. De là des abus qui amenèrent peu à peu la ruine des droits séculaires des latins. En 1623, est publié un nouveau firman en faveur des laliiis. En 1632, l'Église grecque, profitant de la vénalité des dignitaires ottomans, paya vingt mille écus un firman qui lui reconnaissait la grande église de Bethléem, la grotte de la nativité du Christ située au-dessous, et la pierre de TOnclion à Jérusa
XXII NOTiriE HISTORIQUE.
lem. Ce finnan fut d*ailleurs révoqué peu après, et, en 1635, Tambassadeur français de Harlay-Gésy obtint un nouveau firman réintégrant les latins dans tous leurs droits. En iG37, toujours par corruption, rÉglise grecque obtient un firman en sa faveur. En 1639, encore par les mêmes moyens, les usurpations du clergé grec s'accentuent. Il met alors la main sur la grande église de Bethléem, la grotte de la nativité du Christ, et, à Jérusalem, il s'approprie la grande et la petite coupole du Saint Sépulcre, la pierre de rOnction et les sept arceaux de la Vierge. En 1666, Tambassadeur français, de la Haye, obtient, en revanche, un firman favorable à FÉglise latine. Enfin, en 1673 et en 1675, Tumbassadeur de France, marquisde Nointel, obtient du sultan un firman de la plus haute importance, qui assure aux reh'gieux latins a la libre possession des lieux qui sont entre leurs mains, en dedans et en dehors de Jérusalem ». Et pourtant, en 1676, la vénalité des pachas turcs accorde à rÉglise grecque un bérat favorable à leurs prétentions î En 1690, un jugement du Divan rend aux religieux latins « tout ce qui leur a été pris depuis 1635 ». Ce même jugement du Divan qualifie de « dénué de fondement, faux et controuvé » le prétendu firman d'Omar, que les Grecs invoquaient sans cesse & Tappui de leurs revendiciitions sur les sanctuaires de Terre Sainte. D'ailleurs, ici encore, un simple rapprochement de dates suffisait pour infirmer le dire du clergé grec. Le calife Omar mourut en 644, et le schisme consommé par Photius n'eut son effet qu'en 862, c'est-à-dire plus de deux cents ans aprè.^ la mort d'OmrîIlest vrai, ainsi que nous l'avons remarqué plus haut, que des querelles s'élevèrent, dès le vi® siècle, entre les Églises d'Occident et d'Orient; mais la séparation n'avait pas encore eu lieu du vivant d'Omar. En 1701, Pierre le Grand rattache purement el simplement