XXVI KOTICK HISTORIQUE
A Cana :
L'église du Premier Miracle.
Notons, CD outre, comme complément, les sanctudres reconnus aux autres confessions :
Les arméniens, dont TÉglise est née vers le milieu du ¥<" siècle du schisme d'Eutichès, mais dont la religion n*a jamais élé reconnue religion d'État, possédaient :
La chapelle de la Division des vêtements dans l'église du Saint-Sépulcre;
La chapelle de Sainte-Hélène;
Le lieu où se tenaient les amis du Christ pendant le crucifiement ;
Un autel à Gethsémani.
Aux abyssins, chrétiens de la secte d*£utichès, il était réservé :
La chapelle de Saint-Longin dans Téglise du Saint- Sépulcre ;
La chapelle de Tlmpropere;
I^ Heu où se tenaient les saintes femmes pendant Tensevelissement du Christ.
Aux syriens :
La chapello du Sépulcre de Joseph d*Arimalhie; Une chapelle de Tabside occidentale de Téglise du Saint- Sépulcre ; Un autel à Gethsémani.
Aux coptes, chrétiens de la secte d'Eutichès : Un autel adossé à l'église du Saint-Sépulcre.
NOTICE IIISTORIQUF,. XXVII
EnGn il faut signaler encore, pour mémoire, un certain nombre de sanctuaires en ruines, et plusieurs autres occupés par les Turcs, comme Téglisc de la Présentation, h Jérusalem, Mlle par Justinien dans Tenceinte même de Fancien Temple de Jérusalem.
Toute modiûcation apportée aux dispositions que nous venons de faire connaître constituait donc une dérogation formelle aux droits établis de TËglise latine. Malheureusement, la vénalité des dignitaires ottomans avait permis, ainsi qu*on Ta vu plus haut, à l'Église grecque, d'obtenir des firmans impériaux qui se trouvaient en contradiction avec les privilèges reconnus aux latins, et, dans le courant de cette même année 1757, où le comte de Vergennes avait obtenu du sultan Ténumération des sanctuaires de Terre Sainte reconnus aux latins, de graves scènes de désordre et de pillage, provoquées par le mécontentement des grecs contre les latins qui avaient obtenu le droit de réparer Téglise du Tombeau de la Vierge, eurent lieu à Gethsémani. L'attentat resta impuni, malgré les protestations présentées par M. de Vergennes aux ministres ottomans, et le prestige de rÉglise latine, à Jérusalem et dans les environs, subit une grave atteinte.
En 1774, le traité de Kainardji, imposé à la Turquie par les Russes victorieux, autorise les ministres du czar à Constantinople à faire des observations relatives « à la religion chrétienne dans l'Empire turcj» (art. 7), et l'article 8 permet aux sujets russes do visiter librement Jérusalem. Un autre article du même traité autorise la Russie ù édifier une église gréco-russe à Galata, l'un des quartiers de Constantinoplc.
La Révolution française agit, daas la question des Lieux Saints, comme avait agi la monarchie, comprenant TintiTét politique majeur qui se cachait derrière ces querelles de
XX Vm NOTICK HISTORIQIE.
moines, dans un pays où, de tout temps, et alors comme aujourd'hui, la politique et ses passions ambitieuses se dissimulent mal derrière un masque religieux. Par malheur, le drplorable système de bascule et de contradictions adopté par les Turcs dans les affaires relatives aux Lieux Saints, lavidité des hauts fonctionnaires musulmans, la fréquence de nos bouleversements intérieurs, si nuisible à l'action continue de notre politique traditionnelle dans le Levant, favorisèrent merveilleusement les prétentions rivales qui ne désarmèrent pas un instant. Enregistrons toutefois quelques succès partiels, comme celui que remi)orta, en 1804, le maréchal Brune pendant sa mission extraordinaire à Conslimtinople, lorsqu'il obtint du sultan un firman réintégrant les latins dans la possession de la grotte de Gellisémani.
L*aimée 1808 inaugure, pour les latins et par conséquent pour la France, une ère désiistreuse en Terre Sainte. Par suite de l'incendie qui, dans la nuit du il au 12 oc* tobre, détruisit l'église du Saint-Sépulcre, dont la grande <!Ouj)ole s'effondra, incendie dont les premiers vestiges furent constatés dans la chapelle occupée par les arméniens, mais qui fut ensuite attribué à la malveillance des grecs, ces derniers obtinrent de la Sublime Porte la permission de réparer la grande coupole, qui avait été construite, en 1558, aux frais de Charles-Quint et de Philippe 11, puis restaurée, en 16G9 et 1719, par les subsides de la France. De plus, prolltant du désordre jeté par le sinistre, les religieux grecs avaient pénétré dans le tombeau des rois latins, et avaient jeté au vent les restes des rois de Jérusalem Godefroy et Baudouin, ainsi que le cœur de Philippe de Bourgogne et les cendres de Philippe I" d'Espagne. Par suite des empiétements de l'Église grecrjuc, l'Église latine perdit, à cette époque :
La possession du Saint-Sépulcre;
NOTICE niSTORIQUK. XXIX
La grande coupole ;
La pierre de rOoction ;
Les sept arceaux de la Vierge;
Les tombes des rois latins.
Précédemment, par suite des usurpations non interrompues du clergé grec, et malgré les protestations de nos ambassadeurs et les ûrmans de la Porte, TÉglise latine avait déjà perdu :
La petite coupole du Saint Sépulcre ;
La grande église de Bethléem ou église Supérieure ;
Le droit de passer par la grande porte de ladite église Supérieure, pour descendre dans la grotte de la Nativité du Christ, située au-dessous;
La chapelle souterraine et le tombeau de la Vierge à Gethsémani.
Pour combattre ces usurpations, la Porte rendit, il est vrai, le firman de 1811, déclarant que les droits de TÉglisc grecque ne sauraient infirmer en rien les droits antérieure de rÉglisc latine. Mais ce firman ne reçut aucune application, et, en 1812, un autre firman arraché â la Porte à pnx d*or confirma TÉglisc grecque dans la possession des sanctuaires usurpés. En 1816, les grecs obtiennent un nouveau firman en leur faveur. En 1829, le clergé arménien paye quinze cent mille piastres un firman avantageux pour ses prétentions. Le 23 juillet 1833, le royaume de Grèce étant constitué, le ]*oi du nouvel État est placé à la tête de l'Église du royaume, avec Tassistance d'un synode. Cette scission dans TÉglise grecque fut regardée d*un mauvais œil par la Russie qui ne put cependant qu'enregistrer le fait accompli. Vers 183."), l'amiral baron Roussin, ambassadeur du roi Louis-Philippe à Constanlinople, obtint, en faveur des latins, le droit de célébrer le culte dans l'ancienne église de l'Ascension, usurpée par les Turcs, mais l'Église