‹ Nicolas et Napoléon IIIChapitre 9 sur 21 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

partisan de Talliance britannique, la déQnissait ainsi : « Talliancede Thomme et du cheval, » mais, ajoutait-il, « il ne faut pas être le cheval ». Cette restriction devrait s'appliquer à toute alliance, quelle qu'elle fût, et le rôle de « cheval », qui pourtant doit être rempli par Tun de deux amis, ne tente plus personne. Là est la difliculté. Reconnaissons-le, du reste, la grande puissance qui, sur la face du globe, renferme la somme d'intérêts la plus opposée aux intérêts français, c'est l'Angleterre. Il y avait donc bien dessous-entendus dans raccord anglo-français de 1854. C'est ce qui explique la réserve avec laquelle nous verrons certains diplomates de cette époque s'exprimer sur le compte de lalliance anglaise. Il perce çà et là, au milieu des colères officielles de la France de 1853 contre l'empereur Nicolas, comme un sentiment à peine dissimulé du regret de n'avoir pu amener le czar surun terrain d'entente réciproque. Ce but n'ayant pu être atteint, malgré nos efforts, force était bien de se retourner vers l'Angleterre. Toutefois, l'alliance franco-anglaise de 1854, contractée sans conviction, poursuivie par patience, semble avoir été rompue avec soulagement par

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les deux parties. Celle constalalion va sans doule nous faire trouver grâce devanl les partisans à outrance de Talliance russe I Nos prétentions, au reste, ne s'élèvent pas si haut. Ce n'est pas une œuvre de parti que nous faisons, en livrant aux amis de l'histoire les documents inédits que nous jx>ssédons. Notre seul but, aujourd'hui comme hier, comme demain peut-être, est d'éclairer d'une lumière nouvelle, si faire se peut, quelques-uns des grands événements contemporains. Il nous semble, d'ailleurs, que le plein jour ne sera pas une épreuve désobligeante pour la diplomatie française de la période qui nous occupe. Elle se montra, en effet, constamment à la hauteur de sa lourde tâche, et, si l'opinion publique, si mobile dans ses jugements, a pu se montrer sévère pour nos hommes d'État dans la suite, sans toujours cependant tenir un compte assez exact des énormes difTicultés auxquelles ils se heurtèrent plus tard en Europe, diflîcultés que n'avaient connues ni Talleyrand ni Metternich, pour ne citer que les illustres, il serait d'une injustice suprême de ne pas rendre hommage à la correction patriotique du rôle que

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