‹ Nicolas FoucquetChapitre 10 sur 183 · FR. FOUCQUET ET LES TI'.IBUNAUX D'EXCEPTION · texte numérisé non relu

FR. FOUCQUET ET LES TI'.IBUNAUX D'EXCEPTION

souscrivons, slipuiaient les intéressés, jusqu'à concurrence de quarante-cinq mille livres, sans que nous puissions estre tenus ny enga^jez d'y mettre plus grand fond et capital, si ce n'est de notre volonté et consentement. » On pratiqua aussi rapport en nature. Le Cardinal souscrivit dix parts, savoir « deux mille livres en argent et huict mille livres en un vaisseau » nommé la Victoire. Pendant un certain temps, il ne fut plus question en France que de commerce, de marine, de colonies'.

Sur la tin de février 1627, d'£snambuc partit du Morbihan avec une petite flotte de trois vaisseaux, la Victoire, armée au Havre, emportant les Normands; la Catholique et la Cardinale'^, armés à Nantes, montés par des Bretons.

François Foucquet,administrateurdes «choses de la mer» , était aussi « en grande créance » , en trop grande créance pour les affaires politiques. La flotte partie, le Cardinal appliqua son conseiller d'Élatà de moins agréables besognes.

Méditant son entreprise contre la Rochelle, Richelieu tenait à réduire toute opposition au silence. Un sieur Fancan, abbé de Beaulieu, naguère agent du ministre, s'étant avisé d'avoir des idées personnelles '^, fut aussitôt noté comme un homme que rien ne contentait, si ce n'est l'espérance d'une république formée selon le dérèglement de son imagination, comme auteur de libelles, espion au service des étrangers, fomentateur d' « aversions » dans la maison royale, où il voulait diviser « ce que la nature et le sacrement

' Le volume XLIX de la collection France, au ministère des affaires étrangères, contient beaucoup de pièces prouvant Tattention que Richelieu donna en 1626, 1627, 1628, au rétnMissement du commerce. M. Avbïif.l {Lettres du cardinal de Richelieu, t. IIJ, p. 171) a cité les principaux mémoires, qui mériteraient presque tous d'être publiés.

• Do Tertre, Etablissement des Français aux Antilles, i. I, p. 15; Belain d'Esnambuc, p. 28. M. Margry a rectiKé sur plusieurs points les erreurs du Père du Tertre.

• Le Journal fait pendant le grand orage^ p. 201, dit que Fancan avait cabale contre le dessein du siè;',e de la Rochelle. Cf. Richelieu, Lettres, t. IJI, p. 611,

avoient étroitement uni » . Le pauvre diable se vit arrêté, emprisonné à la Bastille. On chargea François Foucquet de Texamen de ses papiers. Le Roi, selon Richelieu, exigeait une condamnation sévère. Le Cardinal, plus clément, à ce qu'il dit, se fût contenté de Temprisonnement. Fancan, comme Ornano, mourut en prison'.

Foucquet suivit une autre instniction contre un libelliste nommé La Milletière, également prisonnier à la Bastille'. Ces accusés n'étaient relativement que de petites gens. Bientôt surgit une afFaire plus compromettante.

La duchesse de Chevreuse, réfugiée à Nancy, tenait de son mieux sa promesse de nuire à la France et surtout à ses gouvernants. Un sieur de Montaigu, agent de TAngleterre, la secondait dans ses intrigues. Richelieu envoya le duc chercher sa femme, puis fit enlever le Montaigu, malgré le droit des gens, malgré ses protestations et celles du prince lorrain. C'est encore François Foucquet qui fut chargé d'examiner les papiers du prisonnier, où Ton trouva, prétendit le Mercure, les preuves d'une horrible conspiration. Mais comme l'Angleterre pouvait mettre la main sur beaucoup d'otages, le soi-disant conspirateur fut reconduit à la frontière^. Plus tard, de diplomate devenu abbé, Montaigu rentrera en France, et comme rien ne se perd, le fils de François Foucquet éprouvera les effets de sa rancune.

Compromettantes pour l'avenir, les besognes policières constituaient dans le présent de grands titres à la faveur ministérielle. Foucquet fut nommé conseiller d'État en ser-

> RicuBLiBUy Mémoires, t. 1, p. 453; Mercure^ 1627, t. XIII, p. 374; VuLART« Histoire du ministère du cardinal de Richelieu^ t. I, p. 454. On cite dans ThUtoire de U Flèche un baron de Fancan. De Mortzky, Histoire de la Flèche, 1I« partie, p. 300.

* y. Mercure, année 1628, p. 142. On cite le discours de la Milletière sur le droit qu*ont les sujets de prendre les armes contre leur souverain. Empri- •onné de juillet 1627 à janvier 1628, il fut remis au Parlement de Toulouse. V. Bibl. nat., ms. fr. 18431, f> 89.

* RiCBBLiBu, Lettres, u II, p. 744; Mémoires, t. I, p. 487.

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